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Immigration et COVID-19 : le commissaire aux langues officielles inquiet

Des personnes dont on ne voit pas le visage sont assises et tiennent dans leurs mains un drapeau canadien.

Raymond Théberge craint un impact durable de la COVID-19 sur les communautés francophones en milieu minoritaire qui dépendent de l'immigration pour leur vitalité.

Photo : Reuters / Mark Blinch

La pandémie de COVID-19 a fortement ralenti l’immigration au Canada, au point que le commissaire aux langues officielles craint un impact à long terme sur les communautés francophones en milieu minoritaire.

Dans son rapport publié mardi, Raymond Théberge déplore le fait que le Canada ne parvient toujours pas à atteindre les cibles pour les immigrants francophones, fixées il y a près de 15 ans. Malgré le fait qu’on a pu observer certaines avancées, dit-il, les cibles [...] sont loin d’être atteintes.

L’immigration reste le facteur prépondérant du maintien du poids démographique des communautés francophones en situation minoritaire dans l’ensemble du pays et dans les différentes régions, précise le commissaire aux langues officielles.

En entrevue mardi matin depuis son domicile à Winnipeg, Raymond Théberge a dit craindre que l’impact de la pandémie sur les francophones vivant en milieu minoritaire ne dure longtemps.

Lorsqu’on manque une cohorte, on ressent les effets pendant plusieurs années, explique-t-il, sans pour autant donner une estimation en ce qui a trait à la durée. Je laisse ça aux démographes, dit-il, en riant.

Un exemple parfait, c’est l’impact sur les universités et collèges francophones en milieu minoritaire au niveau des étudiants internationaux, reprend-il. C’est un impact immédiat et, à mon avis, durable sur la vitalité de nos institutions postsecondaires, pour au moins 3, 4 ou 5 ans.

Pour remédier à cela, le Manitobain appelle, dans son rapport, à des initiatives concrètes [qui] doivent être mises en oeuvre et des mesures [qui] doivent être prises afin d’obtenir des résultats concrets relativement au nombre d’arrivants d’expression française et au taux de rétention de ces derniers dans nos communautés minoritaires francophones.

Encore du travail pour les tests linguistiques en français

Raymond Théberge note cependant une amélioration dans les tests de connaissances du français exigés auprès des immigrants économiques. Ceux-ci étaient régulièrement dénoncés comme étant trop chers et peu disponibles.

Lors d’une enquête en 2017, le commissariat avait constaté que les tests n’étaient ni fournis ni offerts de manière égale dans les deux langues officielles.

Le commissaire est satisfait de voir qu’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a mis plusieurs mesures en oeuvre depuis la réception du rapport final d’enquête, notamment en ce qui concerne l’épanouissement et le développement des communautés francophones en situation minoritaire, est-il écrit dans le rapport de 48 pages.

Raymond Théberge se dit cependant préoccupé parce que, deux ans après la production du rapport final,la qualité des services de test de langue française n’est toujours pas égale à celle des services de test de langue anglaise.

Les écarts de coûts, la disponibilité géographique et le temps d’attente global sont toujours monnaie courante, précise-t-il.

Il conclut en assurant qu’il continuera à surveiller ce dossier, estimant que la qualité, la disponibilité et le coût des tests de compétence linguistique doivent être égaux pour tous, tant au Canada qu’à l’étranger.

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