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Zones rouges : l'opposition à l'Assemblée nationale réclame plus de transparence

Les adversaires de la CAQ aimeraient pouvoir consulter les recommandations originales de la santé publique.

Les députés Dominique Anglade et Marwah Rizqy en point de presse.

Le Parti libéral du Québec plaide pour une plus grande distance entre le gouvernement Legault et la santé publique.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le Parti libéral du Québec (PLQ), Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ) veulent en savoir davantage sur les raisons qui poussent le gouvernement Legault à imposer des mesures plus restrictives dans plusieurs régions du Québec.

Dans trois points de presse distincts, les adversaires de la Coalition avenir Québec (CAQ) à l'Assemblée nationale ont demandé mardi matin de pouvoir consulter les recommandations originales de la santé publique, sans intermédiaire.

On a passé la semaine dernière à nous dire que les éclosions venaient des rassemblements [et] qu'il fallait même penser à envoyer la police chez les gens, [alors qu'aujourd'hui], on nous nous dit : "On ferme les salles de cinéma, on ferme les salles de spectacle, on ferme les restaurants, a relevé la chef libérale Dominique Anglade.

Selon elle, les Québécois ont besoin de cohérence, car la population a de la difficulté à suivre.

On a besoin de séparer les propos de la santé publique et les propos du politique, a insisté Mme Anglade. Il devrait à ce moment-là y avoir des points de presse différents, où la santé publique présente ses perspectives et où le politique explique à la population la raison pour laquelle il choisit de nous amener dans une direction.

La chef de l'opposition officielle estime que la santé publique devrait émettre ses avis indépendamment des décisions gouvernementales afin que tout le monde puisse y avoir accès, y compris les parlementaires – une opinion que partage le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé.

Pascal Bérubé en point de presse.

Le PQ ne souhaite plus participer à la transmission des consignes gouvernementales sans questionner celles-ci. Sur la photo: le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Les partis d'opposition n'ont plus à accepter sans questionner les décisions gouvernementales relatives à la pandémie de COVID-19, a déclaré le député de Matane.

C'est terminé le temps où on demande aux oppositions de partager le message [du gouvernement] sans avoir aucune indication sur comment les décisions ont été prises.

Pascal Bérubé, chef par intérim du Parti québécois

J'aimerais savoir comment [le gouvernement] a pris la décision de fermer les salles à manger des restaurants, de fermer le monde culturel, a-t-il notamment déclaré.

M. Bérubé a également pressé la CAQ de dévoiler le plus rapidement possible la formule qu'il évoquait lundi pour venir en aide aux restaurateurs touchés par le reconfinement – d'autant plus que ceux-ci n'ont pu bénéficier d'aucune aide spécifique pour leurs pertes financières du printemps dernier.

De son côté, la co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé a pris la défense des travailleurs des arts et de la culture en appelant le gouvernement Legault à ne pas les oublier, eux qui ont déjà mangé leur claque pendant la première vague de COVID-19.

Manon Massé en point de presse.

La fermeture des salles de spectacle, des cinémas, des théâtres, des bibliothèques et des musées inquiète Québec solidaire. Sur la photo: la co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Elle réclame en outre des informations détaillées sur les motivations du premier ministre à reconfiner ce secteur, qui contribue pour 11 milliards de dollars au PIB du Québec.

M. Legault doit nous expliquer pourquoi il ferme les centres-villes à travers le Québec plutôt que les centres d'achat.

Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

On veut savoir sur quelle base on confine la culture, alors qu'on a aucune indication qu'il y a des éclosions dans nos salles de spectacles, nos musées, nos cinémas, nos bibliothèques, a-t-elle déclaré. À ce que je sache, il n’y a pas beaucoup de partys dans les bibliothèques. Mais pour du monde, c’est la seule place où ils peuvent aller se connecter à Internet.

Aucun problème, dit Arruda

En conférence de presse, mardi après-midi, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, s'est engagé à publier certaines données supplémentaires concernant la ventilation des éclosions en milieu de travail en fonction du type d'établissement (restaurants, bars, cinémas, etc.) – des données qu'il a qualifiées de semi-qualitatives.

Quant à la divulgation de ses recommandations, le Dr Arruda a déclaré qu'il n'avait aucun problème à rendre ses avis publics, mais il a précisé que, contrairement à ce que certains pourraient penser, ceux-ci ne sont pas transmis de manière formelle au gouvernement.

Le Dr Arruda en conférence de presse.

Le Dr Arruda dit n’avoir « aucun problème » à rendre publics les avis qu’il donne au gouvernement et au premier ministre.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

En effet, certaines recommandations sont faites à l'oral, d'autres par courriel. Elles font ensuite l'objet de rétroaction. On revalide, on rediscute, on fait certains ajustements, a-t-il précisé.

Si les gens [pensent] qu'on écrit une lettre, avec correspondance, sur papier à lettres, signée, au premier ministre, ce n'est pas ça qui se passe, a expliqué le Dr Arruda. On n'a pas le temps de faire ça.

Ça se passe très rapidement, a confirmé le premier ministre à ses côtés. Cela étant dit, ce n'est jamais arrivé qu'on refuse une recommandation du Dr Arruda, a-t-il assuré. C'est déjà arrivé qu'on en fasse plus ou plus rapidement, mais ce n'est jamais arrivé qu'on refuse une recommandation ferme.

M. Legault n'a pas répondu favorablement à la demande des groupes d'opposition, mardi, ni lors de la conférence de presse ni la période des questions qui a suivi à l'Assemblée nationale.

Avec les informations de La Presse canadienne

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