•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le temps des bulles sociales est révolu, selon certains experts

Un homme boit dans une canette, assis seul dans un cercle de distanciation peint dans l'herbe.

Le concept de bulle sociale n'est plus adapté à la situation présente, selon des experts.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Thalia D’Aragon-Giguère

L’autorisation de former des bulles sociales en juin dernier avait permis à plusieurs de briser l’isolement et de donner un ton plus chaleureux à la saison estivale en Ontario. L'augmentation du nombre de nouveaux cas de coronavirus dans la province exige toutefois un retour en arrière, selon certains spécialistes.

Le concept de bulle ou de cercle social ne reflète plus les circonstances dans lesquelles nous vivons, a fait valoir la médecin hygiéniste en chef de Toronto, la Dre Eileen de Villa, en conférence de presse lundi.

C'était un modèle efficace pour rétablir en toute sécurité les contacts entre les gens – à l'époque. Mais avec la réouverture [des commerces] et le retour à l'école, les temps ont changé.

La Dre Eileen de Villa, médecin hygiéniste en chef de Toronto

Selon la Dre de Villa, la bulle sociale ne répond plus aux exigences de santé actuelles, alors qu’une deuxième vague de COVID-19 déferle sur la province.

La Dre Eileen de Villa s'adresse aux médias en conférence de presse.

La médecin hygiéniste en chef de Toronto, la Dre Eileen de Villa

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Elle demande ainsi aux Torontois de limiter les interactions sociales qui se situent à l’extérieur de leur résidence.

Les résultats que nous espérons ne viendront pas si les règles ne sont pas suivies à la lettre, a-t-elle exprimé. Ce n'est pas le moment de céder à la panique, c'est le moment d'agir.

Une approche désormais obsolète

Le Dr Hugues Loemba, virologue et chercheur clinicien à l'Hôpital Montfort, à Ottawa, considère que les bulles sociales ont éclaté depuis un moment déjà avec la rentrée scolaire et les nombreux rassemblements sociaux de l’été.

Avec le début de la deuxième vague, on assiste à une augmentation significative et quasi exponentielle des cas de COVID-19 de jour en jour, souligne-t-il. Il y a tellement de transmission communautaire que les bulles n’ont plus de sens.

[Le principe de la bulle sociale] a probablement fonctionné un bout de temps, mais les gens ne l’ont pas appliqué à la lettre ou de manière scrupuleuse.

Le Dr Hugues Loemba, virologue et chercheur clinicien à l'Hôpital Montfort, à Ottawa

Le Dr Loemba suggère lui aussi la fin des bulles sociales et reconnaît que les interactions doivent être réduites à l'échelle de la maisonnée.

On doit éviter les attroupements et les visites en personne le plus possible, mais garder le contact avec les amis par téléphone et se revoir virtuellement, ajoute-t-il.

Aux grands maux, les grands remèdes

La spécialiste des maladies infectieuses à l'Hôpital de Markham-Stouffville, la Dre Valérie Sales, croit que la province doit adopter un message plus simple pour faire face à la deuxième vague de COVID-19.

Voyez sans masque [seulement] les gens qui habitent dans le même espace, formule-t-elle explicitement. Restez avec [les membres d'un seul ménage].

La Dre Sales convient que la bulle sociale est un bon concept en principe, mais que sa mise en œuvre peut rapidement porter à confusion.

C’est compliqué pour des familles recomposées où les enfants se déplacent d’une famille à l’autre, donne-t-elle en exemple.

Si les enfants vont à l’école, ça ne fonctionne plus du tout. Les familles devraient porter des masques et assurer une distance physique pour se voir.

La Dre Valérie Sales, spécialiste des maladies infectieuses à l'Hôpital de Markham-Stouffville

Elle considère que les autorités sanitaires gagneraient à revenir aux notions de base.

Santé publique Ontario maintient le cap

Le cercle social est un concept toujours valorisé par la santé publique de l’Ontario.

C’est ce qu’a confirmé le médecin hygiéniste en chef de la province, le Dr David Williams, en conférence de presse mardi.

Le Dr David Williams en conférence de presse.

Le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario, le Dr David Williams

Photo : Evan Mitsui/CBC

Il se dit toutefois préoccupé par le manque de vigilance de certains Ontariens.

Il faut maintenir l’intégrité de sa bulle sociale, a rappelé le Dr Williams en soulignant que le concept repose essentiellement sur une notion de confiance.

Il se dit cependant prêt à envisager de nouvelles recommandations visant les bulles sociales de certaines régions les plus touchées par la COVID-19, notamment à Toronto.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !