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Des Manitobains craintifs de prendre l'avion, malgré des incitatifs

Une fillette, sa mère et son père sont en voyage au Mexique.

Emilie Lemay, au centre, pose avec son mari et sa fille à Tulum, au Mexique, en 2019.

Photo : gracieuseté : Emilie Lemay

Radio-Canada

Certains voyageurs manitobains affirment que l’offre d’une assurance COVID-19 gratuite de la part de compagnies aériennes ne les incite pas à prendre l’avion.

Certains parlent carrément de messages contradictoires : des compagnies aériennes offrent une assurance COVID-19 gratuite pour attirer des voyageurs alors que le gouvernement fédéral déconseille les voyages non essentiels à l'extérieur du Canada.

Emilie Lemay, une artiste et conservatrice de Winnipeg, avait planifié trois voyages qui n’auront pas lieu : une réunion de famille en Italie, un séjour en Arizona et un programme de résidence d'artiste au Yukon. Le voyage au Yukon a déjà été reporté une première fois au mois de novembre et vient d’être reporté une seconde fois jusqu'à nouvel ordre.

Elle soutient que l'attrait de l'assurance COVID-19 offerte par des compagnies aériennes ne suffit pas à la convaincre de monter à bord d'un avion.

Les vols ne me font pas me sentir en sécurité, pas une seule minute, même s'ils proposent un retour à la maison. Les risques sont trop élevés.

Emilie Lemay, artiste de Winnipeg

Son plus grand regret est de rater la réunion de famille en Italie, précise-t-elle. Emilie Lemay prévoyait voyager avec sa mère, son mari et sa fille pour rencontrer des membres de sa famille pour la première fois. Elle a même passé la dernière année à apprendre l'italien.

Ses plans d’escapade vers une destination chaude cet hiver ne verront pas le jour, admet-elle.

Comme de nombreux Canadiens, Emilie Lemay et son mari se battent pour récupérer des milliers de dollars pour des vols annulés. Ils ne veulent pas le crédit de voyage, valide pour deux ans, offert par la compagnie aérienne.

Emilie Lemay doute qu’elle soit en mesure d'utiliser son crédit aérien avant la date limite.

L’histoire est semblable pour Pauline St. Jean, une retraitée qui habite à St. Andrews. Elle aussi a annulé trois voyages qu'elle avait planifiés avec son conjoint au cours des six prochains mois. L'augmentation des cas de COVID-19 lui fait craindre le pire.

Elle trouve étrange le fait que les compagnies aériennes offrent une assurance gratuite, alors que le gouvernement fédéral déconseille les voyages non essentiels à l'extérieur du Canada.

Cette couverture ne fait aucune différence. Si nous tombons malades, nous tombons malades. Dans ce cas, je préférerais être à la maison, je préférerais être chez moi, pas dans un autre pays, lance celle qui a reçu un diagnostic de cancer métastatique du sein l'année dernière. 

Je voulais rendre mes dernières années agréables.

Pauline St. Jean, retraitée

Les voyages non essentiels ne sont pas encouragés

Dans une déclaration écrite, un porte-parole de l'Association canadienne des automobilistes (CAA) précise que l’agence n'encourage pas les snowbirds à voyager dans le sud des États-Unis ou à l'étranger. Avec un avis de voyage en place, la CAA continue de suivre les directives d’Affaires mondiales.

Walter Rodrigues est propriétaire de l'agence de voyages Bestway à Winnipeg. Il se dit occupé, mais différemment. En plus des remboursements de voyage, il se tient au courant des développements en ce qui concerne les restrictions liées à la pandémie, et ce, à l'échelle internationale.

Seuls ceux qui ont vraiment besoin de voyager voyagent, dit Walter Rodrigues. Il constate que ses clients sont désormais ceux qui doivent rentrer chez eux pour voir de la famille en Europe, en Afrique et en Amérique du Sud, plutôt que ceux qui souhaitent voyager simplement pour le plaisir.

Même si les compagnies aériennes offrent des incitations, le consommateur doit se sentir en sécurité à 100 %, et ce n'est pas le cas pour le moment, conclut-il.

Avec les informations de Marianne Klowak

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