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Cinq leçons à tirer de la gestion de la pandémie dans le nord de la Saskatchewan

Des gens, assis, attendent que les voitures passent pour interroger les conducteurs.

Parmi les mesures mises en place au printemps par les autorités locales figurent des points de contrôle installés pendant plusieurs mois pour limiter les déplacements dans le nord de la Saskatchewan.

Photo : Don Somers

Les autorités sanitaires et des leaders régionaux de la Saskatchewan tirent des leçons de la gestion de la pandémie lors des éclosions survenues à compter du mois d’avril dans le nord de la province.

À partir de ces connaissances, ils veulent planifier leur réponse à la seconde vague de la COVID-19, notamment en milieu rural et éloigné.

Quand l’épidémie nous a frappés, on ne savait pas comment gérer ça, se souvient le chef de la Première Nation dénée de Clearwater River, Teddy Clark, située à plus de 600 km au nord de Saskatoon, près de La Loche.

Au printemps, le nord-ouest de la Saskatchewan a connu la plus importante éclosion de cas de COVID-19 parmi les communautés autochtones du Canada. Au cours des trois mois qui ont suivi le premier cas, 282 personnes ont été contaminées par le coronavirus dans le village de La Loche et dans la Première Nation de Clearwater River.

La directrice de l’Institut de la santé des Autochtones, Carrie Bourassa, affirme que la gestion de ce foyer d’éclosion entre dans les annales. Nous avons ici un excellent exemple qui peut être reproduit dans d’autres communautés rurales et éloignées du nord.

Visage souriant de la Dre Bourassa qui porte de longs cheveux.

La gestion de la crise sanitaire dans le nord de la province est un franc succès, selon la Dre Carrie Bourassa.

Photo : Fournie par Carrie Bourassa

Communication et collaboration

Le maire adjoint de La Loche, Randy Herman, affirme que les différents ordres de gouvernement ont travaillé main dans la main.

Devant la méfiance que peuvent inspirer les autorités provinciales, il estime que son rôle a été de renforcer la communication de la province. Il a traduit en déné les ordres de santé publique. Il savait également que les aînés autochtones accepteraient plus volontiers les conseils des leaders locaux que ceux des étrangers.

Au début des éclosions, chaque communauté avait son propre plan de réponse. Le chef de la Première Nation Clearwater River, Teddy Clark, a donc décidé de joindre ses efforts à ceux de la municipalité de La Loche et des autres communautés métisses du nord.

Restrictions de voyage

Les responsables locaux ont pris l'initiative de mettre en place des points de contrôle sur les routes.

Cette mesure a permis de distribuer de l’information, mais aussi de surveiller les allées et venues des habitants.

À La Loche, le village a imposé un couvre-feu et embauché des gardes pour assurer la sécurité dans les rues.

La rue principale d'un village, avec plusieurs camions en circulation et à proximité d'un magasin général en hiver.

Le village de La Loche, en Saskatchewan, était l'épicentre de l'épidémie dans le nord.

Photo : Radio-Canada

Ces mesures ont été soutenues par la décision du gouvernement d’imposer des restrictions de déplacements entre le nord et le reste de la province.

Des tests en milieu éloigné

L’Autorité de la santé de la Saskatchewan a déployé plus de 50 travailleurs de la santé dans les communautés du nord.

Ces derniers ont participé à une vaste opération de tests dans la population. Ils ont fait du porte-à-porte auprès des habitants de 813 foyers.

Pour accélérer le processus, la province a fourni une machine GeneXpert sur place. Ainsi, les résultats des tests étaient disponibles en moins d’une heure.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure.

Logement temporaire

L’isolement temporaire des personnes infectées n’était pas chose aisée dans la région de La Loche en raison du manque d'hôtels et des problèmes récurrents de logement.

Pour y remédier, les autorités locales ont réquisitionné des autocaravanes. Elles y ont logé les malades qui ne pouvaient pas s’isoler à la maison.

Un représentant de la nation Métis-Saskatchewan, Léonard Montgrand, affirme que cela a représenté un défi logistique. On ne peut pas installer des personnes dans des caravanes et les laisser à eux-mêmes pendant 14 jours, explique M. Montgrand. Nous devons surveiller leur état de santé et subvenir à leurs besoins.

Un homme avec un chandail vert qui écrit à son bureau.

Leonard Montgrand affirme que les communautés du nord de la Saskatchewan ont tiré des leçons de la situation.

Photo : Leonard Montgrand

Par ailleurs, le Centre de l’Amicale de La Loche a cuisiné et livré des repas aux personnes en isolement.

De l’aide pour les malades de longue durée

Des inquiétudes sont apparues au sujet des personnes ayant des maladies chroniques ou de longue durée, telles que le diabète, les problèmes respiratoires et les problèmes de santé mentale.

Pour éviter des contaminations inutiles, les autorités ont organisé la livraison de paniers-repas, de produits de nettoyage et de masques aux familles.

À la demande du maire de La Loche, la province a également restreint l'accès à l’alcool pour éviter des rassemblements.

Selon les responsables locaux, ils ont appris à s'en sortir à la dure. Teddy Clark résume son conseil par ces deux mots : Soyez prêts!

Avec les informations de Bonnie Allen

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