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L’Alberta doit instaurer un système d’évaluation des risques de sinistres

Un énorme feu de forêt.

Le feu de forêt de Fort McMurray a ravagé plusieurs quartiers de la ville du nord de l’Alberta en 2016.

Photo : Reuters / Mark Blinch

Audrey Neveu

Le vérificateur général de l’Alberta, Doug Wylie, estime que la province n’a pas les outils pour se préparer convenablement aux sinistres, comme les feux de forêt, les inondations et même une pandémie mondiale. Il recommande la mise sur pied d'un véritable système provincial d'évaluation des risques pour la gestion des urgences.

Cela permettra à la province de prendre de bonnes décisions, affirme Michelle Fleming, l’enquêteuse qui a contribué au rapport du vérificateur général. Elle a besoin de savoir quels sont les risques les plus élevés pour connaître ses priorités de financement.

Le rapport ne prend pas en compte la réponse de la province à la COVID-19, puisque l’enquête a été terminée avant que la pandémie ne soit déclarée.

Le rapport note que l'Agence de gestion des urgences de l’Alberta n'a pas de procédés clairs ni même la responsabilité définie d'évaluer les risques auxquels la province fait face. Elle ne peut pas non plus obliger les ministères et les municipalités à le faire. Jusqu'à 23 % des municipalités albertaines n’ont pas de plan d'évaluation des risques, dont la Ville d’Edmonton.

En 2014, le gouvernement albertain a commencé à établir un plan détaillé pour créer un système provincial d'évaluation des risques, mais celui-ci a été interrompu entre 2016 et 2019. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a été au pouvoir durant une majeure partie de cette période.

Le député néo-démocrate Lorne Dach affirme que son parti, maintenant dans l’opposition, accepte le rapport du vérificateur général.

Ce n’était pas de la négligence de notre part [de ne pas avoir mis sur pied un système provincial d’évaluation des risques]. Le travail a toujours continué en arrière-plan.

Lorne Dach, critique du NPD en matière d'Agriculture et de Forêts

Il dit toutefois que son gouvernement s’est buté à une culture de travail en silo des ministères et des municipalités, et a été occupé à lutter contre certains sinistres comme les feux de Fort McMurray.

Le ministère des Affaires municipales de l’Alberta affirme par courriel qu’il prend déjà des mesures inspirées par les recommandations du rapport. Nous allons implanter, cet automne, des améliorations dans la rédaction des rapports post-incidents, ainsi qu’un nouveau cadre de détermination et d’évaluation des risques au début de 2021, écrit l’attaché de presse Justin Marshall.

Une augmentation des coûts de plus de 2500 %

Doug Wylie mentionne que le réchauffement climatique a augmenté de manière importante la probabilité des désastres naturels en Alberta. Durant la dernière décennie seulement, l’Alberta a connu le feu de forêt de Slave Lake en 2011, les inondations du sud de l’Alberta en 2013 et les feux de Fort McMurray en 2016.

Le centre-ville de Calgary inondé, le 22 juin 2013

Les inondations de juin 2013 à Calgary ont coûté plus de 5 milliards de dollars à eux seuls.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Le gouvernement fédéral estime que les coûts des désastres naturels en Alberta sont passés de 329 millions de dollars entre 2003 et 2009 à 9 milliards de dollars entre 2010 et 2016, une augmentation de plus de 2500 %.

Comme le gouvernement albertain n'assume pas les coûts de dédommagement de concert avec les municipalités et le secteur privé, il est plus à risque financièrement que d’autres provinces qui le font. En cas de désastre naturel, il doit éponger jusqu’à 14 milliards de dollars avant que le gouvernement fédéral ne soit obligé de puiser dans son portefeuille.

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