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Archives

Crise d’Octobre 1970 : témoignages des principaux acteurs

Des soldats montent la garde.

Il y a 50 ans éclatait la crise d'Octobre.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Comment les principaux acteurs dans les événements justifient ou expliquent leurs actions pendant la crise d’Octobre 1970? Voici quelques extraits de nos archives qui peuvent nous éclairer sur cette question.

Robert Bourassa

Le gouvernement n’avait pas le choix […] ou nous adoptions les mesures de guerre ou nous nous retrouvions face à des moyens totalement inefficaces.

Robert Bourassa, premier ministre du Québec, 1970

Le  30 octobre 1970, le journaliste Louis Martin interviewe le premier ministre du Québec Robert Bourassa sur sa gestion de la crise d’Octobre dans le cadre de l’émission Format 60 qu’anime Michel Pelland.

Voici l’intégrale de cette entrevue.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Format 60, 30 octobre 1970

Robert Bourassa justifie la Loi sur les mesures de guerre parce que les enlèvements spectaculaires du diplomate britannique James Cross et du ministre Pierre Laporte demandaient des moyens tout à fait inédits.

Le premier ministre du Québec explique par ailleurs pourquoi les élections municipales du 25 octobre 1970 ont été maintenues à Montréal. Cette décision avait été très débattue à l'époque.

Les électeurs montréalais sont allés voter en grand nombre lors de ce scrutin. Cela semble prouver leur appui aux institutions en place à Montréal et, par extension, à celles du Québec.

Robert Bourassa défend aussi les réformes de son gouvernement qui répondent à la crise dans le domaine social et économique.

Cette crise sociale et politique, concède le premier ministre, a peut-être alimenté les actions du FLQ.


Pierre Elliott Trudeau

Il a fallu quand on a dû faire face à ce problème-là — celui du FLQ, du terrorisme, de deux hommes enlevés, dont un assassiné — il fallait prendre des mesures d’urgence.

Pierre Elliott Trudeau, premier ministre du Canada, 1970

Quelques jours après l’entrevue avec le premier ministre du Québec, le journaliste Louis Martin interviewe, dans le cadre de l’émission Format 60, le premier ministre du Canada Pierre Elliott Trudeau.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Format 60, 3 novembre 1970

Voici l’intégrale de cet entretien.

Celle-ci se concentre presque exclusivement sur la décision par le premier ministre fédéral d’imposer la Loi sur les mesures de guerre le 16 octobre 1970.

Si Pierre Elliott Trudeau concède d’emblée que la Loi sur les mesures de guerre est éloignée de la pratique canadienne sur le plan juridique, il justifie pleinement son adoption et sa mise en application.

Voici quelques arguments invoqués par Pierre Elliott Trudeau :

  • Le Québec était au bord d’une insurrection.
  • Il ne fallait pas céder aux terroristes, car cela légitimerait, aux yeux de certains sympathisants séparatistes, d’autres actions violentes.
  • Ce sont les gouvernements du Québec et de la ville de Montréal qui ont demandé l’application de la Loi sur les mesures de guerre.

Le journaliste Louis Martin demande aussi si la Loi sur les mesures de guerre n’est pas une façon de discréditer le mouvement souverainiste.

Le premier ministre Trudeau rejette cette hypothèse.


Louise Lanctôt et Jacques Cossette-Trudel

On avait beaucoup plus de volonté de faire des choses que l’on comprenait la réalité politique.

Louise Lanctôt et Jacques Cossette-Trudel, membres de la cellule Libération du FLQ, 1978

Le 4 avril 1978, la journaliste Denise Bombardier propose à l’émission Télémag une interview avec Louise Lanctôt et Jacques Cossette-Trudel durant leur exil parisien. Pierre Nadeau anime l'émission.

C’est la première fois que des membres de cellules felquistes parlent des événements de la crise d’Octobre.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Télémag, 4 avril 1978

En voici l’intégrale.

Ce qui surprend dans cette entrevue, c’est l’aveu par Louise Lanctôt et son conjoint de l’improvisation de l’enlèvement du diplomate James Cross et de leur naïveté quant aux conséquences de leur geste.

On constate également qu’il y avait des dissensions tactiques et idéologiques parmi les membres de la cellule Libération.


Paul Rose

Pour nous, c’était simplement de sensibiliser l’opinion publique à la question de la libération politique du Québec qui était bloquée à ce moment-là.

Paul Rose, membre de la cellule Chénier du FLQ, 1980

Le journaliste Marc Laurendeau présente pour sa part, le 30 septembre 1980 à l’émission Télémag, une entrevue avec le felquiste Paul Rose dans laquelle il explique sa vision de la crise d’Octobre.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Télémag, 30 septembre 1980

En voici l’intégrale.

Paul Rose défait certains mythes, notamment que le but ultime du FLQ était de « prendre le pouvoir. » 

Il révèle aussi pourquoi la cellule Chénier a ciblé le ministre Pierre Laporte.

Par contre, il est peu loquace sur ce qui s’est passé pendant que Pierre Laporte était l’otage de la cellule Chénier.

Il refuse également de parler des parts de responsabilité dans l’enlèvement ou la mort de Pierre, invoquant la notion d'action collective.

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