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Analyse

Les restaurateurs sont-ils sacrifiés pour servir d'exemple?

Deux serveurs portant des masques déposent des assiettes sur une table où sont attablés des clients sur une terrasse.

De nombreux restaurateurs et propriétaires d'établissements licenciés estiment avoir été sacrifiés pour servir d'exemple.

Photo : AFP / Saul Loeb / AFP via Getty Images

En affirmant que ses membres sont le « bouc émissaire » du gouvernement, le vice-président de l’Association Restauration Québec François Meunier illustre clairement ce qui semble être l’intention réelle du gouvernement : décourager tous les rassemblements.

Depuis des semaines, les autorités affirment que le principal facteur d’éclosion et de contagion de la COVID-19, ce sont les rassemblements privés.

Nous comprenons, après l’annonce d’hier soir, que pour bien faire passer le message d’interdiction sur les rassemblements privés, l’État va réduire au minimum toutes les situations de rassemblements publics, toutes ces fenêtres visibles du trottoir qui nous laissent voir des gens en train de boire, manger, discuter, aller voir un spectacle.

C’est ainsi qu’on en vient à fermer les salles de spectacle, de cinéma et de théâtre, les bibliothèques, les musées, les restaurants et les bars.

C’est ici que l’expression bouc émissaire prend tout son sens. Dans Le Robert, un bouc émissaire, au sens figuré, est une personne sur laquelle on fait retomber les torts des autres. C’est comme ça que les propriétaires de restaurants, de cinéma ou de théâtre se sentent à la suite de la décision du gouvernement Legault.

Alors qu’ils ont investi massivement pour réaménager leurs installations, repenser leurs salles, protéger leur public et leurs clients, des milliers d’entreprises, qui ont l’impression de n'avoir rien à voir avec la remontée récente des cas de contamination au Québec, devront fermer leurs portes pendant au moins 28 jours.

Une décision fatale pour plusieurs établissements

Un homme nettoie une table dans un restaurant.

Les bars et restaurants ont essuyé d'importantes pertes ces derniers mois sans compter les investissements nécessaires à l'implantation de mesures sanitaires strictes dans les établissements.

Photo : Radio-Canada

Chute des revenus, gaspillage alimentaire, d’autres mises à pied, quantité d’entrepreneurs ne pourront pas passer à travers cette nouvelle vague de restrictions et vont définitivement fermer leurs portes, comme beaucoup d’autres l’ont fait depuis six mois.

On est sous le choc, on est irrité, c’est tellement injuste, a déclaré François Meunier à Zone économie lundi soir. S’il y a un endroit où les mesures sanitaires ont été mises en place avec rigueur, c’est bien dans les restaurants. Ces commerces sont visibles, les policiers peuvent s’y rendre facilement, en tout temps, pour vérifier que les choses se passent bien.

Comme l’expliquait Christine Fréchette, PDG de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal, à Zone économie lundi soir, les foyers d’éclosions sont ailleurs. Elle se réfère aux propos de Mylène Drouin, la directrice de la santé publique de Montréal. Elle disait la semaine dernière que les 4 principales sources des nouvelles éclosions étaient les milieux de travail, les établissements scolaires, les centres de garde et le milieu de la santé.

Maintenant, en choisissant de frapper les secteurs des bars, des restaurants et de la culture, est-ce que le gouvernement prend les devants en imaginant que les prochaines contagions pourraient survenir dans ces secteurs d’activités ? Peut-être.

Mais il est possible aussi que cette décision ne vienne qu’empirer l’enjeu des rassemblements privés. En fermant des lieux où des mesures de sécurité sont en place pour accueillir des gens qui ont le goût de sortir, l’État pourrait amplifier, sans le vouloir, le phénomène des rassemblements privés, derrière les portes closes, derrière les rideaux, sans aucune capacité de vérification pour les autorités.

Le gouvernement promet de l’aide. Il doit aussi promettre de mieux préparer les entrepreneurs à ce type de décision.

Cette annonce est tombée comme une brique, inattendue, brutale, choquante. Il est clair que cette deuxième salve aura des répercussions majeures sur l’avenir de centaines, de milliers d’entreprises.

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