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Les combats entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie s'intensifient au Nagorny-Karabakh

Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU aura lieu dans quelques heures.

Des femmes et des adolescentes portant des sacs et des valises attendent à l'extérieur.

À Stepanakaert, capitale et principale ville du Nagorny-Karabakh, des femmes et des enfants sont rassemblés dans l'espoir de trouver un moyen de s'enfuir vers Erevan, en Arménie.

Photo : Getty Images / Brendan Hoffman

Agence France-Presse

L'Azerbaïdjan et les séparatistes arméniens du Nagorny-Karabakh affirment mardi s'être infligé de lourdes pertes, au troisième jour de combats meurtriers les opposant dans cette enclave, malgré des efforts internationaux pour y mettre fin.

Plusieurs dirigeants étrangers ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence mardi soir, pour tenter d'éviter une guerre ouverte entre Erevan et Bakou qui risquerait de déstabiliser la région et d'y entraîner les puissances régionales, la Turquie et la Russie.

Les deux camps affirment avoir infligé de lourdes pertes à l'ennemi, soulignant l'ampleur prise par les combats, qui ont fait près de 100 morts.

Le ministre de la Défense arménien a ainsi déclaré mardi que les séparatistes avaient détruit 49 drones, 4 hélicoptères, 80 tanks, un avion militaire et 82 véhicules militaires azerbaïdjanais depuis dimanche, et assure avoir infligé d'importantes pertes humaines.

Les autorités du Nagorny-Karabakh, aussi appelé Haut-Karabakh, disent avoir regagné des positions perdues la veille, ce que l'Azerbaïdjan dément, affirmant avoir encore progressé et détruit une colonne motorisée arménienne et une unité d'artillerie.

De son côté, le ministère de la Défense azerbaïdjanais a assuré que des combats féroces s'étaient poursuivis jusqu'à mardi matin et que ses forces avaient détruit quatre chars ennemis et un véhicule blindé et tué dix militaires.

Depuis dimanche, les forces de l'enclave séparatiste du Nagorny-Karabakh, soutenue politiquement, militairement et économiquement par l'Arménie, et celles de l'Azerbaïdjan s'affrontent dans les combats les plus meurtriers depuis 2016.

Un soldat arménien près d'une pièce d'artillerie.

Un soldat arménien opère une pièce d'artillerie.

Photo : Reuters / Ministère arménien de la Défense

Le bilan officiel s'établissait à 96 morts mardi, dont 80 soldats séparatistes et 16 civils : 11 en Azerbaïdjan et 5 côté arménien. Mais les deux camps affirment chacun avoir tué des centaines de militaires ennemis.

L'Azerbaïdjan, pays turcophone à majorité chiite, réclame le retour sous son contrôle du Nagorny-Karabakh, province montagneuse peuplée majoritairement d'Arméniens, chrétiens, dont la sécession en 1991 n'a pas été reconnue par la communauté internationale.

Après des semaines de rhétorique guerrière, l'Azerbaïdjan a annoncé avoir lancé dimanche une contre-offensive majeure en réponse à une agression arménienne, usant de son artillerie, de blindés et de bombardements aériens sur la province qui lui échappe depuis la chute de l'URSS et une guerre qui a fait 30 000 morts.

Les appels au cessez-le-feu se multiplient

La Russie, la France et les États-Unis – les trois médiateurs du conflit au sein du Groupe de Minsk – ont appelé sans succès à un cessez-le-feu et à des négociations.

De passage en Grèce, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a appelé mardi les deux parties en conflit à mettre fin aux violences et travailler avec le groupe de Minsk [...] pour reprendre des négociations substantielles aussi vite que possible.

Nous appelons tous les pays, surtout nos pays partenaires comme la Turquie, à faire tout leur possible pour [atteindre] un cessez-le-feu et revenir à un règlement pacifique de ce conflit, a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Trois enfants et deux femmes, dont une très âgée, sont assis sur des lits ou sont debout dans un sous-sol.

À Stepanakert, capitale du Nagorny-Karabakh, des femmes et des enfants ont trouvé refuge dans le sous-sol de leur immeuble à logements, après que ce dernier a été touché par des tirs d'un drone.

Photo : Getty Images / Brendan Hoffman

La chancelière allemande Angela Merkel a fait savoir qu'un cessez-le-feu immédiat et un retour à la table des négociations étaient urgents, lors de deux entretiens téléphoniques séparés avec les dirigeants d'Azerbaïdjan et d'Arménie.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé lundi l'Arménie à mettre fin à « l'occupation du Nagorny-Karabakh » et a promis qu'Ankara resterait aux côtés de Bakou par tous les moyens.

L'Arménie et le Nagorny-Karabakh accusent Ankara de fournir armes, spécialistes militaires, pilotes de drones et avions à Bakou, ce que l'Azerbaïdjan dément.

La Russie entretient de bonnes relations avec les deux belligérants et se veut le grand arbitre régional. Elle reste cependant plus proche de l'Arménie, qui appartient à une alliance militaire dominée par Moscou.

Tous les efforts de médiation depuis près de 30 ans ont échoué à régler ce conflit et le Nagorny-Karabakh est régulièrement secoué par des flambées de violence.

Les deux États ont décrété la loi martiale dimanche et l'Arménie a décrété la mobilisation générale. L'Azerbaïdjan impose un couvre-feu dans une partie du pays, notamment sa capitale.

Une réunion d'urgence à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU portant sur le conflit se tiendra mardi à 17 h (HAE).

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