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Reconfinement partiel : le milieu culturel sous le choc et dans l’incompréhension

Des sièges de cinéma vides.

Les cinémas du Grand Montréal, de Québec et d'autres régions du Québec garderont leurs portes closes du 1er au 28 octobre afin de casser la 2e vague de COVID-19.

Photo : Unsplash / Mesh

Radio-Canada

Le passage en zone rouge de plusieurs régions, annoncé par le premier ministre François Legault lundi, entraîne la fermeture des salles de spectacle, des cinémas, des théâtres, des musées et des bibliothèques dans plusieurs régions, dont le Grand Montréal, du 1er au 28 octobre. Cette décision est un coup dur pour le milieu culturel, qui commençait à peine à se relever du confinement provoqué par la première vague de COVID-19.

Ce que je redoutais le plus vient d’arriver, a dit en entrevue avec Radio-Canada Lorraine Pintal, directrice générale et artistique du Théâtre du Nouveau Monde (TNM).

Le vide s’ouvre sous nos pieds, a ajouté Anne Trudel, la présidente du Conseil québécois du théâtre. C’est une catastrophe pour un milieu qui se remettait à peine au travail et qui a pris un risque financier en allant à la rencontre du public cet automne.

Les spectateurs et spectatrices avaient envie de retourner au théâtre cet automne; les billets s’étaient envolés au point que certains théâtres montréalais avaient annoncé des représentations supplémentaires.

Le théâtre Duceppe, qui devait présenter, à guichets fermés, une nouvelle version de la pièce King Dave à partir de mardi, a annoncé le report de toutes ses représentations prévues au mois d’octobre. Ce théâtre montréalais doit désormais rembourser des milliers de personnes.

C’est difficile. On a travaillé vraiment fort pour relancer le théâtre il y a quelques semaines à peine; les ventes étaient très bonnes.

David Laurin, codirecteur artistique de Duceppe

Difficile pour les cinémas

Les cinémas, qui avaient ouvert leurs portes au début de juillet, mais qui étaient confrontés à une lente reprise de leurs activités, sont également sous le choc. Ils s’apprêtent à affronter leur cinquième mois de fermeture depuis le début de l’année, et l’été ne leur a pas permis de dépasser le cap des 50 % de la fréquentation moyenne de l’an dernier.

On ne s’attendait pas à ça, j’ai mal, a expliqué Éric Bouchard, président de la Corporation des salles de cinéma (CSCQ).

Il ne comprend pas pourquoi les gyms et les salons de coiffure restent ouverts, mais pas les cinémas.

Les cinémas sont des lieux très sécuritaires. Aucun cas de COVID-19 n’y a été recensé.

Même incompréhension pour Julie-Anne Richard, directrice générale de RIDEAU, l’association professionnelle des diffuseurs de spectacles.

On est consternés. Il n’y a pas eu de foyer de contagion dans les salles de spectacles, a-t-elle déclaré, soulignant que le milieu culturel a appliqué avec rigueur les consignes sanitaires cet été.

Quant à Lorraine Pintal, elle s’interroge sur un possible laxisme des autorités vis-à-vis des manifestations et des rassemblements qui se sont déroulés.

On parle depuis longtemps de pénalités, de sévir. Est-ce qu’on n’aurait pas dû se rendre là avant de penser à pénaliser des lieux où les mesures [sanitaires] ont été respectées?

Lorraine Pintal, directrice générale et artistique du TNM

Malgré cette nouvelle épreuve, le milieu culturel va bien sûr participer à l’effort collectif réclamé par François Legault. On est bien déçus, mais on est absolument solidaires. L’art doit servir à nous rendre meilleurs, et pas à contribuer à faire circuler le pire, a souligné Anne-Marie Olivier, directrice artistique du théâtre Le Trident, à Québec.

S’ajuster

Les tournages de séries et de films, ainsi que les captations de spectacles, restent autorisés.

Désormais, l’heure est à l’adaptation. Le Festival Juste pour rire a annoncé lundi soir le maintien de son événement qui commence mardi. Les spectacles prévus mardi et mercredi soir au Théâtre St-Denis, à Montréal, seront présentés. À partir de jeudi, les Soirées Carte Blanche auront lieu sans public au Théâtre St-Denis afin d’être captées en vue d’une diffusion cet hiver sur Noovo. Les spectacles offerts à L'Espace Yoop pourront être regardés en ligne.

Du côté des sorties de film, celle de Mon année Salinger (My Salinger Year), du réalisateur Philippe Falardeau, qui était planifiée pour le 23 octobre, est repoussée.

Vers un retour sur le numérique

Comme au printemps dernier, les organisations culturelles devraient se tourner vers le numérique pour faire vivre l’art. Ça remporte un assez bon succès, a dit Lorraine Pintal.

On va continuer à faire des concerts virtuels pour le public et pour faire travailler les artistes, a ajouté Karl-Emmanuel Picard, qui tient la salle de concert L'Anti Bar & Spectacles, à Québec. Il s’attend à ce que la fermeture des lieux culturels se prolonge après le 28 octobre.

L’aide financière du gouvernement attendue de pied ferme

Lors de sa conférence de presse, François Legault a promis que le milieu culturel bénéficiera d’une aide gouvernementale.

J’ai bien hâte d’avoir les détails de ce soutien financier, a souligné Éric Bouchard.

C’est évident que l’on va avoir besoin d’un soutien important. Des mesures étaient déjà sur la table, on espère que ce sera rapide.

Julie-Anne Richard, directrice générale de RIDEAU

Cet argent est d’autant plus nécessaire que les arts de la scène attendent toujours l’aide à la diffusion de spectacle qu’ils réclament depuis des mois. On a repris les représentations ces dernières semaines, car il y avait une volonté gouvernementale de soutenir notre relance. On s’attendait à recevoir de l’aide, mais elle n’est pas venue, a expliqué Anne Trudel.

Non seulement les théâtres n’ont pas reçu d’argent pour compenser le nombre restreint de billets pouvant être vendus afin de respecter une certaine distanciation physique entre les membres du public, mais ils doivent désormais honorer les contrats signés avec les artistes pour cet automne.

Avec les informations de Fanny Bourel, Louis-Philippe Ouimet, Nabi-Alexandre Chartier et Christiane Latortue

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