•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Marmen Énergie de Matane licencie 55 travailleurs

L'usine de Matane emploie 140 personnes.

L'usine Marmen Énergie de Matane. Le siège social est situé à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Mauvaise nouvelle pour 55 travailleurs de l'usine Marmen Énergie de Matane qui perdront leur emploi dès le 22 novembre.

L’entreprise a annoncé, par voie de communiqué lundi, une vague de mise à pieds temporaires au sein de ses usines en raison d’un manque de travail.

La majorité des 85 travailleurs qui restent seront tout de même envoyé en chômage forcé du 30 novembre jusqu’au mois de janvier. À ce moment, l’employeur prévoit les rappeler graduellement au travail selon les besoins de la production.

Durant cette pause de quelques semaines, l’entreprise de fabrication de pylônes d’éoliennes restera ouverte avec un personnel restreint.

Les employés ont appris la nouvelle lundi après-midi alors que le président, Patrick Pellerin, est venu leur annoncer la décision. D'autres rencontres, notamment avec des élus locaux, sont prévues mardi.

La direction explique que, le contexte actuel, notamment avec la pandémie de coronavirus, a eu des répercussions importantes sur le volume d’affaires.

Les fermetures entraînées par le virus ont également limité la capacité de l'entreprise à amortir l'arrivée d'une nouvelle taxes imposée par les États-Unis et le déplacement des projets de parc éoliens américains vers le sud du pays, loin des usines québécoises.

Patrick Pellerin croit que les impacts se feront sentir même en 2021.

L’idée de fonctionner à pleine capacité pendant l’année 2021, il faut mettre une croix dessus. On a confiance que ça va revenir, mais il faut trouver des projets pour la deuxième partie de 2021.

Patrick Pellerin, président de Marmen

M. Pellerin précise qu'il y a du travail pour 60 % des employés au début de la prochaine année, mais que le carnet de commandes est vide pour la seconde partie de l'année.

L’usine Marmen de Trois-Rivières n’est pas en reste, car 30 personnes perdent leur emploi pour les mêmes raisons.

Patrick Pellerin devant des morceaux d'éoliennes.

Le président de Marmen, Patrick Pellerin

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Le projet Apuiat en renfort?

Une solution pourrait sauver l’année 2021 chez Marmen, selon Patrick Pellerin : le projet de parc éolien Apuiat. Le président affirme que devancer le projet, mis sur la glace depuis quelques années, assurerait du travail aux employés de Matane.

On demande juste au gouvernement de regarder ce projet-là dans l’optique de tous les autres projets mis en marche pendant la COVID: donc juste de le devancer. Juste de devancer le projet et de devancer l’achat des tours, ça nous permettrait de combler la fin de 2021 et une partie de 2022 , soutient-il.

Le député de Matane-Matapédia et chef intérimaire du Parti Québécois, Pascal Bérubé, a appuyé le raisonnement de M. Pellerin à l’Assemblée nationale mardi.

Si [le gouvernement] accélère le projet Apuiat, on sauve des emplois à Matane. S’il ne le fait pas, cette usine va fermer. 150 emplois à Matane, c’est une catastrophe! , a-t-il martelé lors d'un point de presse.Patrick Pellerin nuance tout de même qu’il ne croit pas que l’usine de Matane ait à fermer de façon permanente, même sans le devancement du projet Apuiat, puisqu’il y a des projets de prévus pour 2022.

Le président de Marmen croit cependant qu’il sera très difficile de rouvrir l’usine de Matane si elle arrête ses activités pendant plusieurs mois.

Le cabinet du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, se dit très préoccupé par la situation à l’usine Marmen de Matane dans un courriel envoyé mardi.

Il soutient que le prochain projet de développement électrique sera celui d’Apuiat, mais rappelle que à l’heure actuelle, Hydro-Québec se retrouve en situation de surplus, autant pour l’énergie que pour la puissance, et ce, au moins jusqu’en 2025.

Tours d'éoliennes dans la cour arrière de l'usine.

L'usine de Matane fabrique des pylônes d'éoliennes. Depuis 2018, la totalité de la production est vendue à l'extérieur de la province.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

L’usine de Matane a été fondée en 2005 alors qu’il y avait de nombreux parcs éoliens en chantier commandés par Hydro-Québec.

Par la suite, l’entreprise a développé le marché américain. Cependant, le contexte est difficile, expliquent ses dirigeants.

Actuellement, il n’y a plus d’appels d’offres du gouvernement provincial et les clients américains développent de nouveaux parcs au sud du pays, ce qui rend l’industriel québécois moins compétitif.

Avec les informations de Jean-François Deschênes

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !