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La censure perturbe les universités, s'inquiète un groupe de travail

Le groupe de travail invite les universités à viser la parité hommes-femmes dans le corps professoral.

Un amphithéâtre vide.

Un amphithéâtre vide à l'Université Laval

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

La Presse canadienne

La censure perturbe « la fonction capitale d'espace de libre débat » des universités, conclut un groupe de travail présidé par le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion.

Le volumineux rapport de ce groupe, intitulé L'Université québécoise du futur, a été rendu public lundi et remis à la ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann.

On assiste à un accroissement de la ''rectitude politique'' influençant les discours publics et les débats de société, et imposant des formes de censure, peut-on lire. Ces phénomènes atteignent les universités, dont elles (sic) commencent même à perturber la fonction capitale d'espace de libre débat.

Plus loin, on peut aussi lire que la liberté académique peut aussi être menacée dans l'institution même par des groupes internes qui bloquent les échanges d'idées pleinement ouverts en raison de convictions préalables, récusant a priori certaines idées, conceptions ou théories.

Les auteurs du rapport réclament un énoncé du gouvernement du Québec qui reconnaîtrait la liberté académique comme condition nécessaire d'accomplissement (...) de la mission universitaire dans les activités de formation, de recherche et de création (...) et la protection appropriée des membres de la communauté universitaire.

Parité hommes-femmes

Le document recommande aussi aux universités de viser la parité hommes-femmes du corps professoral d'ici à 2030. Actuellement, un peu plus du tiers des corps professoraux des universités est féminin.

La proportion de femmes dans les corps professoraux à plein temps a progressé de 23,6 % à 37,4 %, mais la zone de parité globale n'est pas encore atteinte, constate-t-on.

À l'opposé, on remarque que la parité est pratiquement atteinte dans les effectifs étudiants, à raison de 1,07 étudiant pour chaque étudiante. Cependant, ce résultat positif est obtenu, écrit-on, en raison des inscriptions au premier cycle. Aux deuxième et troisième cycles, les hommes sont encore largement majoritaires dans l'ensemble.

Questions d'argent

Étonnamment, autant l'accessibilité aux études universitaires a fait l'objet de débats animés au cours de la crise étudiante de 2012 , autant cette question est assez peu présente dans le rapport de plus de 100 pages.

On note seulement quelques lignes, parmi les actions recommandées, soit celle de viser à abaisser les obstacles financiers limitant l'accès à l'université.

Toutefois, le rapport réclame un financement accru pour que les établissements d'ici puissent concurrencer ceux d'ailleurs. Il note d'ailleurs que le financement des chercheurs provient de plus en plus en majorité du fédéral et non du Québec.

Le pourcentage de financement obtenu du gouvernement fédéral augmente constamment depuis 2002, tandis que ceux obtenus du gouvernement du Québec et du secteur privé canadien sont à la baisse.

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