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COVID-19 : l'Outaouais demeure dans l'orange, mais des commerçants redoutent le rouge

Des verres sont suspendus au-dessus d'un bar dans une salle de spectacle.

Des commerçants de l'Outaouais appréhendent un changement de niveau d'alerte (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Radio-Canada

Des commerçants et restaurateurs de l'Outaouais craignent un resserrement des mesures à leur tour, alors que Montréal, Québec et la région de Chaudière-Appalaches viennent de passer dans la zone rouge.

Plusieurs propriétaires de la région redoutent devoir encore une fois fermer leurs portes. L’Outaouais demeure, lundi, en alerte modérée orange, alors que les nouveaux cas continuent de s’accumuler.

Des commerçants disent avoir déjà encaissé un coup dur lorsque la région de l’Outaouais a basculé dans la zone d’alerte orange, la semaine dernière. C’est le cas, notamment d’Alexandre Leblanc, directeur général du café Aux 4 jeudis et du restaurant Piz'za-za.

Les gens ont évidemment moins affaire au centre-ville, étant donné qu’ils travaillent en majorité en télétravail. On a eu un été particulièrement difficile. On s’y attendait. Mais depuis que nous sommes en code orange, la semaine dernière, c’est en dessous de ce qu’on espérait. On parle d’entre 20 à 25 % de baisse d'achalandage. Pour nous, c’est majeur, a-t-il indiqué.  

Le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Pierre Samson, fait le même constat. 

Le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Pierre Samson, accorde une entrevue en vidéoconférence.

Le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Pierre Samson, espère une aide directe du gouvernement du Québec si les commerces sont contraints de fermer pour une seconde fois.

Photo : Radio-Canada

Encore hier, je suis allé dans les restos, dans les magasins, et il n’y avait personne. On dirait que les gens sont déjà sur la défensive et restent à la maison, a constaté Pierre Samson.

En ce moment, les bars et restaurants de l’Outaouais doivent arrêter de servir de l’alcool à 23 h et fermer leurs portes à minuit en vertu des mesures encadrant les régions en zone orange imposée par le gouvernement Legault.

Commerces déjà lourdement endettés

La Chambre de commerce de Gatineau entend se ranger derrière les décisions du gouvernement, mais espère une aide en retour advenant une deuxième fermeture des commerces de la région.

Si le gouvernement décide qu’on devra tout arrêter pour 28 jours, si c’est ça que ça prend pour passer au travers de la crise, on va le faire. On n'a pas le choix et je pense que la communauté d’affaires le reconnaît, indique M. Samson. Sauf que le gouvernement doit s’engager à garder l’aide aux subventions salariales jusqu’au moins au 31 décembre.

Les gens sont endettés à 100 %. Je ne pense pas qu’il y a beaucoup de commerçants qui ont besoin d’un prêt. Ils ont besoin plutôt de subventions pour passer au travers. L’endettement est déjà au maximum pour la majorité des entreprises.

Pierre Samson, président de la Chambre de commerce de Gatineau

Maryse Gaudreault, députée libérale de Hull, est du même avis et dit avoir entendu le cri du cœur des commerçants de la région.

Maryse Gaudreault accorde une entrevue de sa voiture.

La députée libérale de Hull, Maryse Gaudreault, demande une aide directe de Québec pour les commerces, afin de les aider à traverser la crise.

Photo : Radio-Canada

Je pense qu’on devra convaincre ce gouvernement de leur consentir non pas des prêts, mais de l’aide directe. Parce qu’il y aura un après-pandémie. Et si tous les commerces ont disparu, ce ne sera pas mieux pour notre économie. Alors on doit les soutenir, a déclaré Maryse Gaudreault.

Inévitable

La situation n’a cependant rien de surprenant, estime Patrick Fillion, microbiologiste au Cégep de l’Outaouais.

C’est malheureux à dire, mais c’était presque prévisible. Avec les relâchements au niveau des comportements, on pouvait le voir venir, a-t-il commenté au micro de l'émission Les matins d’ici lundi. 

Ce dernier anticipe que l’Outaouais bascule à son tour dans la zone rouge.

« Pour une contamination, ça prend des contacts entre personnes. Donc, si on évite ces contacts-là, on peut éviter [de balancer vers la zone rouge]. Mais avec les comportements que les gens démontrent, c’est triste à dire, mais je pense que ça devient inévitable », estime le microbiologiste.

Avec les informations de Nathalie Tremblay et de Josée Guérin

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