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Le Musée canadien de l’histoire en pleine tourmente

Le plus important musée du Canada est au cœur d’allégations faisant état d’un climat de travail toxique – une situation qui aurait perduré des années dans les hautes sphères de l’institution.

Façade du Musée canadien de l'histoire.

Une crise sévit au Musée canadien de l'histoire, en raison d'allégations faisant état d'un climat de travail toxique (archives).

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Le Musée canadien de l’histoire est frappé par une crise interne sans précédent.

Non seulement l’institution a embauché une enquêtrice spécialisée en harcèlement en milieu de travail pour étudier des plaintes visant son président, mais elle fait aussi face à des allégations d’avoir mal géré des préoccupations avancées par d’autres employés dans le passé.

Selon les sources de Radio-Canada, il aura fallu qu’un employé du Musée communique directement avec le cabinet du ministre du Patrimoine Steven Guilbeault cet été pour enclencher un processus d’enquête visant Mark O’Neill. Ce dernier est à la tête de l’institution depuis 2011. 

Mark O’Neill en entrevue à Radio-Canada

Mark O’Neill, président-directeur général du Musée canadien de l'histoire (archives)

Photo : Radio-Canada

Ces sources ont affirmé que d’autres employés avaient déjà soulevé des préoccupations à l’égard du comportement de M. O’Neill auprès du conseil d’administration et de la direction des ressources humaines du Musée. Ces employés auraient communiqué leur insatisfaction à l’égard du traitement de leurs doléances à d’autres collègues, selon nos sources.

M. O’Neill, dont le mandat arrive à échéance l’an prochain, est absent jusqu’au 2 novembre. Joint par Radio-Canada lundi matin, il a dit qu’il était soumis, comme tous les employés du Musée, à une interdiction de parler aux médias.

Un milieu de travail difficile

Façade du musée

Le Musée canadien de l'histoire de Gatineau

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Radio-Canada a parlé à plusieurs ex-employés, ainsi qu’à un employé actuel, afin de dresser un portrait de la situation au sein du plus important musée au Canada. Ces sources affirment souhaiter qu’un ménage complet y soit entrepris afin d’éliminer un climat de travail toxique et donner une nouvelle direction à un établissement qui aurait été paralysé par la pandémie actuelle.

Selon nos sources, les plaintes reçues par le Musée visent entre autres le comportement de M. O’Neill à l’égard de certains employés, de même que son tempérament et son style de gestion.

Des anciens employés qui ont interagi directement avec M. O’Neill au fil des ans allèguent que ce dernier pouvait être colérique, intempestif et imprévisible, tel un volcan qui pouvait faire éruption à tout moment. Alors qu’il était reconnu pour de grandes qualités qui l’ont mené à la tête de l’institution, il pouvait aussi être déroutant de par ses réactions à des problèmes de gestion, selon eux.

Ces ex-employés parlent tous d’un haut taux de roulement parmi la haute direction causé entre autres par les actions de M. O’Neill, ainsi que d’un stress constant lié à leurs anciens emplois. Plusieurs sources se rappellent de quelqu’un qui pouvait les contacter à tout moment du jour ou de la semaine.

Il est brillant, il a fait des choses exceptionnelles, affirme un ex-employé. Mais tu te demandais toujours qui allait être au bout du fil : le pragmatique, le stratège, l’intelligent, ou l’autre qui est complètement en perte de contrôle.

Un autre ex-employé a ajouté : L’accumulation de ces incidents est épuisante.

Une enquête indépendante

Steven Guilbault devant une rangée de drapeaux canadiens.

Le ministre Steven Guilbeault

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Selon le cabinet de M. Guilbeault, l’enquête menée par l’avocate Michelle Flaherty aura toute la latitude nécessaire pour aller au fond du dossier. Selon son mandat, elle sera appelée à analyser la réponse du Musée aux différentes plaintes reçues au fil des ans.

La situation au Musée canadien de l'histoire est très préoccupante et nous sommes en contact avec son conseil d'administration, a affirmé son attachée de presse, Camille Gagné-Raynauld. Celui-ci a établi des mécanismes clairs afin de garantir l’impartialité et l’équité des processus liés à l’enquête subséquente aux plaintes reçues.

Selon nos sources, le gouvernement fédéral annoncera prochainement le remplacement du président du conseil d’administration du Musée, Jim Fleck, dont le mandat était expiré. Celui-ci sera remplacé de façon intérimaire par une autre membre du conseil nommée Jean Giguère.

Bien que les plaintes aient été déposées en juillet, l’existence d’une enquête au Musée a seulement été dévoilée par le journal Le Droit le 17 septembre.

Comme d’autres grandes institutions muséales et culturelles au pays, le Musée canadien de l’histoire fait face à un des plus grands défis depuis sa fondation. Des crises liées à la gestion des ressources humaines ont récemment frappé le Musée canadien pour les droits de la personne à Winnipeg et le Musée des beaux-arts à Montréal.

Des sources à l’interne et à l’externe disent que le Musée canadien de l’histoire a été grandement affecté par la crise liée à la COVID-19. Plusieurs projets ont été mis sur pause et l’absence de direction claire depuis le départ en congé maladie de M. O’Neill cet été se ferait sentir.

M. Fleck a refusé de commenter l’enquête en cours lorsque joint au téléphone. Dans une déclaration officielle, le Musée soutient offrir aux employés un environnement de travail sain et positif et avoir une politique de tolérance zéro concernant le harcèlement en milieu de travail.

Avec des informations de Kevin Sweet

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