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Non, on ne peut pas recevoir un diagnostic de COVID-19 en quittant une file de dépistage

Une publication Facebook raconte que la belle-fille d'une collègue de travail de l'auteure de la publication a obtenu un diagnostic positif à la COVID-19 après avoir quitté la file de dépistage.

Ce message a été partagé plus de 3300 fois depuis le 16 septembre.

Photo :  Capture d’écran Facebook

Des rumeurs voulant qu’une personne ait reçu un diagnostic positif à la COVID-19 après avoir quitté la file d’attente d’un centre de dépistage reviennent de temps en temps sur les réseaux sociaux. Or il serait pratiquement impossible que cela se produise, parce que les patients fournissent leurs coordonnées au personnel clinique juste avant de subir le test et non à leur arrivée dans la file d'attente.

Une publication Facebook rapportant une telle histoire, qui serait survenue dans la ville de Québec, est devenue virale à la mi-septembre, cumulant plus de 3300 partages.

Fait réel : la belle-fille d'une collègue de travail a ma mère [sic] va pour se faire tester pour la COVID à Québec, la file est longue... elle fait toute son inscription sur la feuille. Elle attend et attend, finalement elle décide que c'est trop long l'attente, elle décide de rebrousser chemin sans passer le test, peut-on lire dans la publication Facebook d’une internaute québécoise datée du 16 septembre 2020.

Et pouff quelques jours plus tard, elle reçoit un appel de la santé publique lui disant que son test est positif!! Ichhhh... voilà comment ils font pour se gonfler leur chiffres et ainsi nous maintenir dans leur "urgences" sanitaires [sic], raconte ensuite l’internaute, avant d’implorer les gens de ne pas se faire tester.

Un scénario invraisemblable

Cette histoire ne tient pas la route. Le porte-parole du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale, Mathieu Boivin, explique que l’inscription sur la feuille ne se fait pas en arrivant aux centres de dépistage de Québec.

Le moment de fournir des informations nominatives au personnel ne survient qu’à la toute dernière minute, et non en début de file. Il serait donc surprenant qu’un impatient veuille quitter après avoir fourni ces renseignements, puisque cela se produit quelques instants avant le prélèvement qu’il est venu obtenir, explique-t-il dans une déclaration transmise par courriel.

Pour les gens qui se présentent en voiture, il est d’ailleurs impossible de quitter les lieux après avoir fourni ces renseignements, parce que leur véhicule se trouve déjà dans le bâtiment, ajoute M. Boivin.

Nous avons tenté de joindre l’auteure de ce message afin d’obtenir davantage de détails sur son histoire et de parler avec la femme dont il est question dans la publication. Nos messages sont demeurés sans réponse.

Vous avez vu une publication circuler et vous voulez que les Décrypteurs la vérifient?

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Ce n’est pas la première fois qu’une rumeur relayant un témoignage d’une source de seconde, troisième ou même quatrième main (« le beau-frère de mon ami », et non l’auteur du message) se propage rapidement sur les réseaux sociaux depuis le début de la pandémie.

Les Décrypteurs ont démenti des rumeursdu genre à plusieursreprises, mais elles ne sont pas toujours contre-vérifiables, parce qu’elles manquent souvent de détails. Le nom de la personne qui aurait quitté la file n’est par exemple jamais mentionné dans le cas présenté dans cet article.

Comme l’ont déjà mentionné les Décrypteurs, les témoignages sur les réseaux sociaux peuvent aider des victimes d’injustice ou des lanceurs d’alerte à atteindre un large auditoire. Ces personnes témoignent souvent en leur propre nom et fournissent des informations précises quant à l'événement qu'ils déplorent pour attirer l'attention vers celui-ci.

Généralement, il vaut mieux se méfier de messages anonymes, mais qui donnent peu d'indices qui pourraient permettre à la population d'identifier l'auteur et de demander des correctifs.

Mise à jour 30/09/20 : Le titre original de cet article, « non, on ne peut pas recevoir un diagnostic de COVID-19 sans avoir été testé », a été modifié par souci d’exactitude.

Il est possible d’être déclaré positif à la COVID-19 sans test si l’on est un contact à risque élevé d’un cas confirmé par laboratoire et qu'on développe des symptômes de la maladie, selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) (Nouvelle fenêtre). Il s'agit là d'un cas confirmé par lien épidémiologique, qui peut par exemple survenir si l'on vit sous le même toit qu'une personne ayant testé positif.

Ce n'est pas le type de cas qui est décrit dans cet article.

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