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Quelle voie les travailleurs de l’automobile emprunteront-ils en novembre?

En 2016, Donald Trump a gagné le Michigan, cœur de l’industrie automobile, par une marge serrée d’un peu plus de 10 000 voix. Les travailleurs accorderont-ils leur confiance au candidat républicain cette année?

Des travailleurs traversent la rue.

Des travailleurs de l'industrie automobile dans la région de Détroit, au Michigan.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

L’usine de transmission de GM à Warren, en banlieue de Détroit, a fermé ses portes il y a plus d’un an, et pourtant encore aujourd’hui on constate un va-et-vient de travailleurs dans ce secteur.

En ce moment, nous faisons des masques ici, déclare Chris Viola pour expliquer la nouvelle mission que GM a donnée à l'établissement où il travaille, en réponse à la pandémie de COVID-19.

Selon ce travailleur de l’automobile, dont le père a aussi œuvré dans ce secteur, la fermeture l’an dernier de l’usine de GM illustre bien les hauts et les bas qui marquent depuis des décennies le rythme auquel évolue l’industrie.

Des masques produits par GM.

Le fabricant automobile GM produit désormais des masques.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

En 2016, Chris n’a pas appuyé Donald Trump, mais il reconnaît qu’au moins, celui qui est devenu président a donné une voix aux ouvriers du secteur manufacturier.

Nous voulons être entendus et savoir que nous sommes importants, explique-t-il.

Mais près de quatre ans après la victoire de Donald Trump, Chris Viola se dit déçu par le bilan du président, qui avait promis de redonner de la vigueur à son secteur.

Trump a fait beaucoup de promesses qu’il n’a pas toutes tenues.

Chris Viola, travailleur du secteur immobilier
Chris Viola, un travailleur de l'industrie automobile.

Chris Viola, travailleur de l'automobile, est déçu du mandat de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

En fait, le nombre d’emplois liés au secteur automobile dans l’État clé du Michigan a diminué au cours des quatre dernières années.

En février, avant que la pandémie de COVID-19 ne frappe les États-Unis, le secteur comptait 40 300 postes, soit 2000 de moins qu’en janvier 2017, quand Donald Trump est officiellement entré à la Maison-Blanche.

À l’échelle nationale, avant le début de la pandémie, le nombre d’emplois liés à l'industrie automobile avait augmenté sous l’administration de Donald Trump. Cela avait également été le cas pendant le dernier mandat de son prédécesseur, Barack Obama.

N'empêche, la quantité de postes demeure bien moins importante qu'à la fin des années 1990.

Selon Art Reyes, un électricien qui travaille pour le constructeur GM à Flint, au nord de Détroit, ce déclin s'explique par plusieurs raisons.

Il y a d’abord les délocalisations d’emplois, notamment vers le Mexique, qui ont marqué les dernières décennies. Mais Art affirme qu’il ne faut pas non plus sous-estimer le poids de la technologie.

L’automatisation et les robots ont pris le relais de bien des postes, explique-t-il.

L'usine de transmission de GM à Warren, au Michigan.

L'usine de transmission de GM à Warren, près de Détroit, a fermé ses portes en 2019 avant de rouvrir plus tôt cette année.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Tant Chris Viola qu’Art Reyes reconnaissent que, malgré ce bilan, le président Trump a toujours un bon appui parmi les travailleurs de l'automobile.

Des travailleurs toujours fidèles

Donald Trump avait promis qu’il remplacerait l’ALENA par quelque chose de mieux. Et bien, vous savez quoi? Il a tenu ses promesses et l’a fait, affirme Brian Pannebecker, employé de Ford qui arbore fièrement la fameuse casquette Make America Great Again.

Fondateur du groupe Auto workers for Trump 2020, il organise des manifestations près de son usine pour montrer son appui au président.

Brian Pannebecker une affiche en appui au président Trump.

Brian Pannebecker a créé un groupe d'appui au président Trump en vue des élections.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Brian Pannebecker est conscient que le portrait des emplois dans l’industrie automobile n’est pas nécessairement reluisant, mais il est convaincu que sous l’égide de Donald Trump, qui a adopté une stratégie protectionniste, l’industrie manufacturière se dirige dans la bonne direction.

Vous ne pouvez pas claquer des doigts et voir des usines qui ont fermé il y a dix ou vingt ans réapparaître. C’est un processus qu'il a entamé.

Brian Pannebecker

Le partisan du président est d’ailleurs convaincu que la réforme fiscale de l'administration Trump encourage les entreprises à demeurer aux États-Unis.

Chris Viola, lui, votera pour Joe Biden, qu’il juge plus favorable aux droits des travailleurs. Mais il reconnaît que les positions passées du candidat démocrate en faveur des accords de libre-échange pourraient lui coûter des appuis au Michigan, un État qui est important pour lui.

Peu importe qui se retrouvera à la Maison-Blanche en janvier, le travailleur de GM est convaincu que, pour assurer sa pérennité, son industrie est appelée à se réinventer, notamment grâce au développement de véhicules électriques, qui seront de plus en plus produits dans des usines du Midwest américain.

Pour Chris, le fait que son usine, pourtant fermée, ait pu être rapidement transformée en centre de production de masques est une preuve que l’adaptation est possible.

Ça montre que nous pouvons faire plus avec nos vieilles usines, lance-t-il.

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