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Sortir du désert alimentaire avec une coopérative

Un homme poussant des chariots d'épicerie à l'intérieur d'une épicerie.

La seule épicerie du quartier South Porcupine de Timmins a fermé ses portes en 2019 (archives).

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Ezra Belotte-Cousineau

Le 31 août 2019, la seule épicerie de South Porcupine – un quartier éloigné de la Ville de Timmins – fermait ses portes. Plusieurs citoyens se sont retrouvés pris au dépourvu dans un nouveau désert alimentaire.

C’est suite au dépôt d’une pétition de près de 3200 signatures réclamant le retour d’une épicerie dans la région, qu’Annie Joyal, agente principale au bureau de Temiskaming Shores du Conseil de la coopération de l'Ontario a communiqué avec le Maire de Timmins afin de discuter de l’établissement d’une coopérative.

South Porcupine, un désert alimentaire

Depuis septembre 2019, les 4000 citoyens du quartier South Porcupine de Timmins doivent parcourir au moins 10 kilomètres pour faire leur épicerie.

Une carte routière de Timmins.

Le quartier South Porcupine est séparé du reste de la Ville de Timmins.

Photo : Google Maps

Face à la grogne et les demandes populaires, Annie Joyal a contacté le maire de Timmins, George Pirie, avec une solution.

Une coopérative alimentaire pour le quartier

Selon Mme Joyal, le maire de Timmins s’est montré ouvert à l’idée d’une coopérative alimentaire dans le Porcupine Mall ou ailleurs, et une rencontre est prévue pour discuter du projet.

On a déjà confirmé l’intérêt dans la communauté, mais il y en a beaucoup qui ne savent pas encore comment fonctionne une coopérative alimentaire.

Annie Joyal, agente principale au bureau de Temiskaming Shores du Conseil de la coopération de l'Ontario
Annie Joyal se tient debout devant des arbres.

Annie Joyal, agente principale au bureau de Temiskaming Shores du Conseil de la coopération de l'Ontario, a contacté directement la ville de Timmins pour aborder l'idée d'une coopérative alimentaire à South Porcupine.

Photo : avec l'autorisation d'Anie Joyal

Les prochaines étapes

Pour l’intervenante en coopération, la première étape est d’organiser des rencontres communautaires afin d’expliquer le concept d’une coopérative alimentaire.

Par la suite, il faudra former un comité provisoire qui aura la tâche de faire une étude de faisabilité ainsi qu’une étude de marché.

Il faut recruter les bonnes personnes. (...) Il faut des gens qui sont prêts à donner leur temps, puis après, on pourra développer un beau projet coopératif.

Annie Joyal, agente principale au bureau de Temiskaming Shores du Conseil de la coopération de l'Ontario

Mme Joyal espère que ces étapes se dérouleront dans les trois ou quatre prochains mois.

Des raisons économiques

Selon Pierre Filion, professeur en urbanisme à l'Université de Waterloo, les déserts alimentaires sont des conséquences de phénomènes économiques.

Il explique qu’il est plus facile de faire de grandes économies d’échelle avec de très grands supermarchés qu’avec des plus petits.

Un agent de sécurité près de la porte du magasin bloquée par une clôture.

Un magasin Walmart de très grande taille (archives).

Photo : Radio-Canada / Louka Jacques

Les clients y vont parce que c’est moins cher et parce qu’il y a beaucoup plus de choix. 

Pierre Filion, professeur en urbanisme à l'Université de Waterloo

L’enjeu de l’accessibilité

L’urbaniste rappelle que ces grandes surfaces visent principalement une clientèle qui a accès à un véhicule pour s'y rendre, mais aussi pour transporter leurs emplettes souvent importantes.

Or, M. Filion souligne que les marchés intermédiaires qu’on retrouvait sur les rues principales des plus petites communautés tendent à disparaître au profit des très grandes surfaces.

Ce phénomène affecte particulièrement ceux qui ne peuvent pas se déplacer aussi facilement et qui se retrouvent devant la seule solution de faire l'épicerie au dépanneur.

Un camion est stationné devant un dépanneur situé le coin d'une rue.

Les denrées alimentaires sont généralement plus chères dans les dépanneurs.

Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau

Le problème avec les dépanneurs, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de choix pour l’alimentation, et que ça coûte plus cher.

Pierre Filion, professeur en urbanisme à l'Université de Waterloo

Vivre dans un désert alimentaire

Un désert alimentaire est un secteur qui procure un faible accès à des commerces pouvant favoriser une saine alimentation et qui est défavorisé sur le plan socioéconomique, selon l’Institut national de santé publique du Québec (Nouvelle fenêtre) (INSPQ).

Concrètement, cela veut dire un endroit, en milieu urbain, où il n’y a pas de commerces alimentaires dans un rayon de 1 km et qui est défavorisé. En secteur rural, où la voiture est davantage utilisée, le seuil est établi à 16 km. La défavorisation est mesurée en tenant compte du taux d’emploi, du niveau de scolarité et du revenu moyen.

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