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Incursion au coeur du traitement des eaux usées de Rouyn-Noranda

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un bassin d'épuration d'eau.

Trois bassins d'épuration se trouvent sur le territoire de la Ville.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Luneau

Annie-Claude Luneau

Vous êtes-vous déjà demandé où allait l’eau lorsque vous tirez la chasse d’eau, lorsque vous prenez une douche ou lorsque vous finissez la vaisselle? La gestion des eaux usées est un processus complexe qui nécessite de nombreuses étapes. Radio-Canada a eu un rare accès aux installations de traitement des eaux usées de Rouyn-Noranda.

Des milliers de kilomètres de tuyaux se trouvent sous nos pieds pour transporter toute l’eau usée de Rouyn-Noranda vers deux stations de pompage; celle de Rouyn accueille les deux tiers de l’eau de la zone urbaine et celle de Noranda le tiers restant.

L’eau passe d’abord à travers un dégrilleur manuel qui permet de retirer les plus gros objets.

On a déjà retrouvé un pied-de-biche en métal, un morceau de tuyau probablement venant d’un chantier construction, on peut retrouver des casques de travailleurs, il y a des affaires vraiment surprenantes, comme des pneus de vélo, raconte Stéphane Lacombe, directeur de la gestion des eaux à la Ville de Rouyn-Noranda.

On peut retrouver aussi des déchets d’origine domestique comme des serviettes sanitaires, des couches pour bébé. Des lingettes, pendant le temps de la COVID, on a eu une recrudescence de petites lingettes, les gens plutôt que de jeter ça dans la poubelle, jetaient ça dans la toilette.

L’eau poursuit son chemin jusqu’aux bassins d’épuration. C’est là que le véritable traitement des eaux usées commence.

Le temps de rétention va nous permettre de faire le traitement. On va laisser les bactéries agir sur la matière organique, elles sont là de façon naturelle dans les eaux usées. On va venir injecter de l’air à l’intérieur des bassins pour les multiplier et leur donner plus de courage à travailler fort pour digérer toute la matière organique qui est à l’intérieur de nos eaux usées. Le temps de séjour moyen ici à Rouyn-Noranda, c’est environ 40 jours, explique M. Lacombe.

La plus importante partie du travail d’épuration se fait dans le premier bassin, dans lequel 474 diffuseurs d’air sont installés. C’est aussi à cet endroit que la majorité des matières solides vont se déposer au fond.

Stéphane Lacombe, directeur de la gestion des eaux à la Ville de Rouyn-Noranda.

Stéphane Lacombe, directeur de la gestion des eaux à la Ville de Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Luneau

Une certaine quantité va se précipiter au fond du bassin. Au bout de sept à huit ans, il va falloir venir draguer ces boues-là. C'est le gros défi de trouver l’endroit pour la valorisation, soit en milieu agricole, soit en compostage.

Lors de la dernière opération de dragage des boues en 2015, la Ville a dû débourser 1,5 million de dollars. La prochaine opération du genre est prévue en 2023 ou 2024.

Le traitement d’épuration se poursuit dans les bassins deux et trois. La dernière partie du traitement, ce qu’on souhaite faire, c’est de laisser les eaux plus calmes pour être capables de précipiter le phosphore. Pour le faire, en début de bassin #3, on injecte un sulfate ferrique, qui est un coagulant. 50 % du phosphore va être traité avec les bactéries, il va se précipiter de façon naturelle dans les premiers bassins. Lorsqu’on arrive au dernier bassin, ce qu’on cherche à faire c’est d’aller chercher la balance du phosphore qui se retrouve dans l’eau, ajoute M.Lacombe.

Des déchets séchés dans un bac de poubelle.

Des centaines de tonnes de déchets se retrouvent chaque année dans les eaux usées.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Luneau

Une fois cette dernière étape d’épuration complétée, il ne reste plus qu’à rejeter l’eau dans le ruisseau Osisko, qui est tributaire de la rivière Kinojévis.

Lorsqu’on la rejette ici, elle n’est pas potable. Elle respecte une exigence en lien avec l’assainissement des eaux usées. On a une norme à respecter et cette norme-là est fixée en fonction du milieu récepteur, alors si on a un milieu récepteur, exemple la rivière Kinojévis, qui est une rivière très large avec un fort débit, on n’aura pas la même exigence que si on déverse dans un petit ruisseau ou un petit lac.

Je ne me baignerais pas dedans, les normes ne sont pas des eaux de baignade, ce sont des normes des eaux usées, précise Stéphane Lacombe.

L’usine de traitement des eaux usées de Rouyn-Noranda reçoit 15 000 mètres cubes d’eau par jour, soit l’équivalent de 6 piscines olympiques.

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