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Le suicide chez les jeunes inquiète la communauté bengalie du Grand Toronto

Quatre hommes dans une cour arrière.

Golam Mostafa, Mahatab Uddin, Imam Uddin et Nesar Ahamed, ont été impliqués dans la rédaction de l'étude.

Photo :  CBC / Paul Borkwood

Radio-Canada

Après avoir vu 13 jeunes hommes de leur communauté s’enlever la vie en deux ans, des membres de la communauté bengalie du Grand Toronto ont réalisé une étude pour tenter de trouver les causes de la situation.

Trois chercheurs se sont portés volontaires pour réaliser cette étude qui a été menée pendant deux ans.

L'étude, qui a été révélée en juin, affirme que les lacunes de communication entre les parents et les enfants ainsi que la pression académique étaient parmi les principaux facteurs ayant un impact sur la santé mentale des jeunes hommes dans la communauté.

Un homme tient un petit garçon dans ses bras devant une voiture.

Fahmi Rahman s'est enlevé la vie en 2017 à l'âge de 21 ans. Il est un des nombreux jeunes hommes bengalis victimes de la vague de suicides.

Photo :  CBC

L’étude rapporte aussi une stigmatisation à l'égard des problèmes de santé mentale et un manque de ressources pour ceux qui vont chercher de l’aide.

Nesar Ahamed, travailleur social et l'un des principaux auteurs du rapport, affirme que la communauté bengalie a commencé à remarquer une tendance inquiétante à la hausse du nombre de suicides dès 2016.

Selon lui, il a vu une recrudescence des suicides auprès de jeunes de 23 ans ou moins, et souvent étudiants à l'université ou dans un collège.

Si 13 jeunes hommes se sont suicidés, nous ne savons pas combien d’autres personnes souffrent vraiment. C'est pourquoi nous souhaitions prendre conscience des défis auxquels sont confrontés nos jeunes.

Nesar Ahamed, travailleur social et co-auteur de l'étude

Il a fait équipe avec Golam Mostafa, un professionnel de la santé mentale, Mahatab Uddin, un juriste qui travaille dans la résolution des conflits et la médiation, et Imam Uddin, directeur général de Bengali Information and Employment Services (BIES), un organisme à but non lucratif.

Le BIES a accepté de soutenir les efforts de recherche si l'équipe travaillait bénévolement.

Difficile de parler de santé mentale

Le groupe a organisé des groupes de discussion avec des parents bengalis et de jeunes hommes de la communauté, en leur posant des questions sur leur vie, leurs relations et leur santé mentale.

M. Ahamed affirme que lors de ces discussions de groupe, certains jeunes hommes ont déclaré qu'ils se sentaient incapables de parler de leurs pensées et de leurs sentiments avec leurs parents.

La principale conclusion est le manque de communication entre les parents et les enfants, explique M. Ahamed.

Comme le constatent de nombreux immigrants, certains Bengalis qui s'installent au Canada sont incapables de pratiquer leur ancienne profession. Ils font donc pression sur leurs enfants pour qu'ils réussissent sur le plan scolaire et financier, explique-t-il.

Quatre hommes sont assis sur des sofas dans un salon.

Le groupe de chercheurs a obtenu ses résultats après des discussions avec des membres de la communauté.

Photo :  CBC

Le groupe a constaté qu'en plus de la stigmatisation, de nombreux membres de la communauté ne sont pas en mesure d'exploiter les ressources existantes.

Les communautés marginalisées souffrent le plus parce qu'elles n'ont pas accès à ces ressources, elles ne savent pas comment naviguer dans ces ressources, croit M. Ahamed

Où obtenir de l'aide?

Comment faire une différence dans la communauté?

Le rapport fait plusieurs recommandations à la communauté sur la manière de combler le fossé entre les parents et les enfants, de trouver de meilleurs moyens d'équilibrer les identités canadienne et bengali et de permettre aux parents de s'engager auprès de leurs enfants de manière constructive.

Il recommande également de créer un espace communautaire sûr où les enfants et les parents peuvent partager leurs sentiments et organiser des événements ensemble.

Un homme avec un rapport dans les mains.

Le rapport contient des recommandation qui vont permettre de réduire la stigmatisation des enjeux de santé mentale dans la communauté bengalie.

Photo :  CBC

En tant que parent lui-même, l'imam Uddin a déclaré que les groupes de discussion et les conclusions ont eu un profond impact sur lui personnellement et ont changé sa relation avec ses enfants.

Chaque fois qu'un jeune s'enlève la vie, c'est au-delà des mots. Cela nous horrifie, affirme M. Uddin.

Le groupe reconnaît que le problème ne se limite pas à la communauté bengalie, mais espère que ses conclusions pourront susciter davantage de discussions sur la santé mentale.

Ceux-ci prévoient traduire le rapport en bengali et ont organisé deux événements sur Facebook pendant la pandémie pour discuter des thématiques du suicide et de la santé mentale.

Si notre recherche peut sauver une vie, a déclaré M. Ahamed, nous pourrons dire que celle-ci a été fructueuse.

Avec les informations de CBC

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