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Avortement : les recommandations sur l'accès doivent venir des régies, selon Higgs

La clinique 554 au centre-ville de Fredericton.

La clinique 554 à Fredericton est le seul fournisseur privé de services d’avortement au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick estime qu’il revient aux réseaux de santé de formuler une recommandation en matière d'accès à l'avortement, si, précise-t-il, l’accès constitue bel et bien un problème à l’intérieur du système public de santé.

Le débat sur l’accès à l’avortement gronde dans la province dans le contexte de la fermeture de la clinique 554 à Fredericton.

Vendredi, des manifestants devant l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick reprochaient à la province de violer la Loi canadienne sur la santé.

Le premier ministre Blaine Higgs a toutefois rétorqué lundi ne pas être en accord avec cette accusation.

S’il y a un problème d’accès, il devrait être reconnu par nos autorités de santé et c’est ce que je souhaiterais [voir] comme recommandation.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick

Ce dernier a fait valoir que le financement d’une clinique d’avortement privée serait une pente glissante.

Allons-nous offrir de plus en plus de services dans des cliniques privées parce que c’est plus économique? Car ce n’est pas ce que nous valorisons comme société, a dit le premier ministre à Fredericton lundi. Nous valorisons le fait d’offrir des services publics dans des institutions publiques.

Le premier ministre Blaine Higgs répond aux questions des médias le 28 septembre 2020.

Le premier ministre Blaine Higgs répond aux questions des médias le 28 septembre 2020.

Photo : Radio-Canada

Je suis très préoccupé par l’idée d’aller dans une clinique privée pour obtenir ce genre de soutien, a-t-il ajouté.

Le Réseau de santé Vitalité ne semble pas, pour le moment, identifier un problème.

Les services d’avortement couvrent actuellement le nord (Hôpital Régional Chaleur) et le sud (CHU Dr Georges-L.-Dumont) de la province, a déclaré le porte-parole de Vitalité, Thomas Lizotte, par courriel lundi.

Cette décision, qui avait découlé de discussions entre le Réseau et le ministère à l’époque, a été rendue en fonction des besoins de la population et du nombre de demandeurs pour ce service.

Radio-Canada n'a pas obtenu de réponse à savoir si ces besoins viendront à changer avec la fermeture de la clinique privée à Fredericton.

Droit à l'avortement : la notion du public et du privé

Le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick (RFNB) estime que les services d'avortement doivent être financés à l’extérieur des hôpitaux pour être considérés comme accessibles.

La réponse de Blaine Higgs lundi constitue, selon la présidente de l'organisme, Monique Boudreau, un désengagement de l’État.

Monique Brideau.

Monique Brideau, présidente du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

J’ai de la difficulté à voir comment on va avoir une meilleure accessibilité, si l’on perd la clinique 554, a indiqué Monique Brideau. C’est inquiétant pour nous, a-t-elle dit.

C’est un recul de nos acquis.

Monique Brideau, présidente du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick

Le RFNB souhaite que le gouvernement permette le remboursement des avortements effectués dans des cliniques comme la clinique 554 de Fredericton.

Des experts de la santé s'expriment

Le Nouveau-Brunswick est la seule province du Canada qui ne finance pas les avortements à l’extérieur des hôpitaux.

Les médecins, les patientes et le Réseau de santé Horizon ont tous reconnu la nécessité de rendre ce service plus accessible aux patientes.

Cela oblige de nombreuses femmes à payer de leur poche pour ce service ou à parcourir de longues distances pour recevoir des soins, a affirmé le Dr Chris Goodyear, président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick.

Chris Goodyear.

Le Dr Chris Goodyear est le président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick.

Photo : CBC/Rachel Cave

Le Dr Goodyear a indiqué soutenir pleinement les efforts du personnel d’obstétrique et de gynécologie de Fredericton, qui presse le gouvernement provincial de financer les avortements chirurgicaux à l’extérieur des hôpitaux.

Il a ajouté que la clinique 554 était un atout précieux du système de santé néo-brunswickois et devait être maintenu.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a déjà mentionné dans le passé qu'il forcerait le Nouveau-Brunswick à respecter la loi fédérale sur la santé, et que la province devait financer les avortements dans les cliniques privées.

Avec les informations de Sophie Desautels

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