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La passion du métier d'infirmière retrouvée grâce au système de santé québécois

Charlène Portal devant l'Hôtel-Dieu de Sorel.

Charlène Portal était infirmière en France, mais elle a choisi le Québec pour poursuivre sa carrière.

Photo : Radio-Canada / Luc Lavigne

Maude Montembeault

À respectivement 25 et 26 ans, Charlène Portal et Manon Goury étaient sur le point d’abandonner leurs carrières d’infirmières en Bourgogne, en France. Trop de compressions de postes, rythme de travail effréné et manque de temps avec les patients : elles décident de soumettre leur candidature pour travailler au Québec. Un changement d’air salvateur. Une formation et une première vague de la COVID-19 plus tard, elles ont retrouvé la piqûre du métier.

5 septembre 2020. Les couleurs de l’automne n’ont pas encore fait leur apparition lorsqu’une amie et moi foulons le sentier des Deux-Criques dans le parc national de la Mauricie. Rendues au belvédère Rosoy, qui offre une vue imprenable sur la rivière Saint-Maurice, nous demandons à deux jeunes femmes sur place d’immortaliser le moment. On comprend rapidement, avec leur accent, qu’elles ne sont pas du coin.

- D’où venez-vous ?

- De Bourgogne.

- Vous êtes venues au Québec malgré la pandémie ?

- Nous travaillons comme infirmières.

Photo de Manon Goury et Charlène Portal lors d'une randonnée pédestre.

Manon Goury et Charlène Portal, toutes deux infirmières de profession, ont quitté la France pour s'établir au Québec.

Photo : Courtoisie

Les randonneuses racontent qu’elles en avaient marre d’être infirmières chez elles. Deux voyages au Québec où elles découvrent les grands espaces les convainquent de participer au programme Recrutement Santé-Québec.

Le recruteur officiel du ministère de la Santé et des Services sociaux, mis en place en 2003, a attiré 3000 professionnels de la santé de l’étranger. Depuis 2010, une entente de réciprocité avec la France reconnaît leur diplôme et facilite l’arrivée d’infirmières françaises. Seulement en 2020-2021, le ministère vise à attirer 1135 infirmières.

En février, Charlène Portal et Manon Goury amorcent donc une formation théorique de dix jours. Lorsque les premiers cas de COVID-19 apparaissent au Québec, elles suivent un stage de 75 jours qui leur sert de mise à niveau.

Des infirmières au poste de garde de l'urgence de l'Hôtel-Dieu de Sorel.

Charlène Portal travaille à l’urgence de l’Hôtel-Dieu de Sorel.

Photo : Radio-Canada / Luc Lavigne

Grâce au coup de pouce du CISSS de la Montérégie-Est, nous avons retrouvé Charlène et Manon sur leur lieu de travail : l’hôpital Hôtel-Dieu de Sorel. Charlène est affectée à l’urgence, Manon travaille aux soins intensifs.

Au CISSS de la Montérégie-Est, on compte un total de 54 infirmières françaises comme elles, mais il en faudrait au moins le double.

Si les deux femmes se disent soulagées de traverser la deuxième vague de la pandémie au Québec plutôt qu’en France, c’est surtout parce qu’elles sentent qu’elles ont plus de temps pour être à l’écoute de leurs patients ici. Selon elles, les patients québécois sont beaucoup plus reconnaissants.

On n’a pas la même façon de voir les choses. Ici, j’ai l’impression que les choses sont vues d’une façon beaucoup plus positive que nous pouvions les voir en France. Déjà, un état d’esprit qui change comme ça, ça peut jouer beaucoup sur la façon de vivre les choses au travail.

Plus de soutien de ce côté de l’Atlantique

La crise de la quarantaine a aussi poussé Christelle Raynaud à quitter la France pour travailler au Québec. Elle vit à Trois-Rivières depuis deux mois. La mère monoparentale confie que le CIUSSS MCQ a facilité l'intégration de sa famille.

Ils m’ont aidé à faire ma première épicerie, à m’acheminer des meubles qui me manquaient puisque l’appartement était vide, je n’ai pas pu faire tout ça de la France. Ils m’ont aussi aidée et soutenue dans tout le processus administratif.

Au cours des derniers mois, 10 infirmières françaises ont été accueillies au CIUSSS MCQ. L’objectif est d’en trouver 50 de plus pour la prochaine année.

Une infirmière près d'un appareil médical dans un hôpital.

Plusieurs infirmières québécoises ont quitté la profession dans les derniers mois.

Photo : Radio-Canada

La Mauricie est l'une des régions où l'on compte le plus d'infirmières ayant délaissé la profession depuis la mi-mars. Une hausse de 72 % par rapport à la même période l’année dernière (Nouvelle fenêtre), selon des données obtenues par Radio-Canada.

La problématique touche beaucoup le temps supplémentaire, le temps supplémentaire obligatoire, les absences non comblées, explique Nathalie Perron, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) en Mauricie et Centre-du-Québec. Présentement, c'est ce qui fait mal sur le plancher et fait que la profession est difficile, ajoute-t-elle.

Elle croit que c'est la qualité des soins offerts ici qui enchantent les infirmières étrangères.

Je pense que comme société québécoise, on a de bons soins. Et si ça peut faire un écart par rapport à une autre province, on est fier de l'entendre.

Selon une étude de l'OCDE, les infirmières françaises peuvent gagner environ 23 % de plus (Nouvelle fenêtre) de ce côté-ci de l’Atlantique. Meilleur salaire, coût de la vie moins élevé et plus de temps avec leurs patients, les trois infirmières sont unanimes : venir au Québec a été leur planche de salut professionnelle.

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