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Taux de mortalité selon les revenus : les écarts se creusent

Des piétons déambulent sur la rue Sainte-Catherine à Montréal.

Des piétons au centre-ville de Montréal

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

La Presse canadienne

On savait déjà que les Canadiens démunis avaient plus de risques de mourir prématurément que les mieux nantis; une nouvelle étude semble démontrer que cet écart ne fait que se creuser depuis 25 ans.

L’étude, publiée lundi dans le Journal de l’Association médicale canadienne (Nouvelle fenêtre) (en anglais), rappelle que les risques de mourir avant l’âge de 75 ans ou de causes évitables diminuent pour presque tout le monde dans la société. Mais ces risques diminuent beaucoup plus rapidement pour les riches que pour les pauvres, et ce, depuis une génération.

L’écart se creuse tant pour les femmes que pour les hommes, selon l’étude. Par ailleurs, les risques d’un décès précoce et évitable augmentent, en fait, chez les femmes les moins instruites.

Dans l’ensemble, nous n’avons fait aucun progrès pour la réduction des inégalités en matière de santé, conclut le coauteur de l’étude, Faraz Shahidi, de l’Institut pour le travail et la santé à Toronto.

L’ampleur de ces inégalités de mortalité est encore plus grande qu’on ne le pensait auparavant.

Faraz Shahidi

M. Shahidi et le coauteur Abtin Parnia ont analysé plus de 16 millions de fiches provenant de cinq recensements différents et ont divisé les revenus en cinq groupes. L’étude a révélé que pour les hommes du groupe à revenu élevé, le taux de mortalité avant l’âge de 75 ans avait diminué de près de 50 % entre 1991 et 2016. Pour ceux du groupe aux revenus les plus faibles, ce taux n’avait diminué que de 34 % pendant ces 25 ans.

Les niveaux d’éducation ont révélé le même schéma d’écarts. Les décès prématurés chez les hommes qui avaient un diplôme d’études postsecondaires ont diminué de 47 %, comparativement à 21 % pour les hommes sans diplôme d’études secondaires.

Mêmes constats chez les femmes : les décès prématurés chez celles à revenu élevé ont diminué de plus de 40 %, mais de 19 % chez les moins riches. Et les taux de mortalité des femmes qui avaient un diplôme universitaire ont baissé de plus d’un tiers, mais de moins de 2 % pour celles qui n’avaient pas de diplôme d’études secondaires.

Des solutions politiques concrètes

M. Shahidi a trouvé des résultats similaires lorsqu’il a examiné les décès évitables causés par des comportements ou des conditions traitables. Les taux de mortalité ont augmenté pour les femmes peu scolarisées – jusqu’à 12 % pour celles qui n’ont pas terminé leurs études secondaires.

Les liens entre le revenu, l’éducation et la santé ont été bien établis par des recherches antérieures, a rappelé M. Shahidi. L’élimination des écarts dans les taux de mortalité précoce est pratiquement impossible sans réduire les écarts de revenu et d’éducation qui contribuent à les créer, estime le chercheur.

En l’absence d’action politique, nous avons tendance à voir ces inégalités se creuser.

Faraz Shahidi

Il existe des solutions politiques très concrètes que [les gouvernements] peuvent mettre en place pour aborder et renverser cette tendance, explique M. Shahidi.

Ces mesures comprennent une hausse des salaires, une fiscalité plus progressive, une aide sociale généreuse, une assurance-emploi plus facile d’accès et la protection de la sécurité de l’emploi.

Faraz Shahidi

C’est en grande partie par manque d’action politique que nous avons permis, en tant que société, que ces inégalités se creusent au fil du temps, a déclaré M. Shahidi.

Ces inégalités en matière de santé sont fondamentalement enracinées dans les conditions quotidiennes. Et les conditions sociales et économiques quotidiennes sont ce qu’elles sont, pour les gens, en raison de décisions politiques.

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