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Archives

Lumineuse Marcelle Ferron

Plan buste de Marcelle Ferron et toile en arrière plan.

La peintre Marcelle Ferron, co-signataire du manifeste du « Refus global », devant un de ses tableaux.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La peintre québécoise Marcelle Ferron a connu une brillante carrière internationale. Ses idéaux de justice sociale et sa soif de liberté ont façonné son œuvre. L’artiste s’est livrée à nos journalistes sur sa façon de travailler ses tableaux et ses verrières qui enjolivent nos lieux publics.

Vitrail, ça fait un peu église, il faut employer le mot verrière.

Marcelle Ferron

Marcelle Ferron naît à Louiseville en 1924. Sa mère décède alors qu’elle n’a que sept ans. Lorsque la jeune fille trouve les tableaux de sa mère dans le grenier de la maison, elle décide qu'elle suivra ses pas. Elle se dit en elle-même qu’elle sera peintre, et pas seulement peintre du dimanche. Elle en fera sa vie.

Son père élèvera ses enfants dans un esprit libertaire. La famille lit les livres à l’index et participe aux manifestations d’ouvriers qui réclament plus de justice.

Marcelle Ferron étudiera à l’École des Beaux-Arts de Québec qu’elle juge trop académique et trop éloignée de ses propres idées.

Grande admiratrice des tableaux de Paul-Émile Borduas, elle fera la connaissance de ce dernier par amis interposés. Elle deviendra son élève et joindra le groupe des peintres Automatistes au milieu des années 1940.

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Le Point, 9 août 1988

En 1948, elle signe le Manifeste du Refus global qui dénonce l’immobilisme et le conservatisme qui dominent la société québécoise de l’époque.

Lors du 40e anniversaire de la publication de cet ouvrage marquant, le journaliste Claude Sauvé s’entretient au Point avec l’artiste Marcelle Ferron. Elle explique pourquoi elle a appuyé le manifeste.

Je crois que le monde est comme une rivière. Certains ont parfois tendance à mettre des digues, alors les artistes font sauter les digues. Parce qu’il faut que l’eau circule. C’est une question de mouvement, et tous les artistes ont un sens du mouvement.

Marcelle Ferron
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Carrefour, 11 avril 1957

Marcelle Ferron s’exile en France en 1953 accompagnée de ses trois enfants. Elle explique dans cet extrait de l’émission Carrefour du 11 avril 1957 comment elle et d’autres peintres canadiens, dont Paul-Émile Borduas et Jean-Paul Riopelle, s’intègrent à la vie parisienne.

C’est à Paris, dans l’atelier de Michel Blum en 1964, qu’elle s'initie à l’art du vitrail. Une de ses œuvres les plus connues, Verre-écran (1968), que l’on peut voir au métro Champ-de-Mars, sera la première œuvre abstraite du métro de Montréal.

Elle demeurera 13 ans à Paris avant de revenir s’établir au Québec. À son retour, en plus de poursuivre sa carrière artistique, elle enseignera les beaux-arts et l’architecture à l’Université Laval. Elle donnera également des formations dans les prisons et les instituts psychiatriques.

Quelques verrières publiques de Marcelle Ferron

  • Verre-écran, 1968, Station de métro Champ-de-Mars.
  • Verrière, Place du Portage, 1972, Hull.
  • Totem, 1977, siège social de l'Organisation de l'Aviation civile internationale, Montréal.
  • Sans titre, 1979, Palais de Justice de Granby, édifice Roger-Paré.
  • Verrière et sculpture, 1981, Station de métro Vendôme.
  • Verrière à la mémoire des 6 millions de victimes juives de l’Holocauste, Université Concordia Pavillon Samuel-Bronfman.
  • Verrière commémorant les victimes de la tuerie de l'École polytechnique en 1989, inaugurée le 6 décembre 1991, Université Bishop’s à Lennoxville,.
  • Grandir en santé, entre 1992 et 1993, Hôpital Sainte-Justine de Montréal.

Dans cet extrait de Gros plan du 9 juillet 1970, Marcelle Ferron explique sa définition de l’artiste. Pour elle, la sensibilité n’est pas réservée qu’aux riches collectionneurs et aux experts, l’art doit profiter à tous.

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Si je travaillais par exemple dans les usines tous les matins et que je passe dans un endroit qui est sinistre, qui est tout le temps gris (…) Je me mets à la place de cet homme qui prend le métro, si moi je peux lui apporter un peu de gaieté, un peu de joie de vivre et même de confiance en lui. Je crois en des influences comme ça.

Marcelle Ferron

Dans son atelier, Marcelle Ferron a toujours plusieurs tableaux en chantier. Elle travaille les couleurs et les pigments. Elle est fascinée par la lumière et la transparence.

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Les Coqueluches, 18 décembre 1974

Dans cette entrevue qu’elle donne à Gaston L’heureux pour l’émission Les Coqueluches du 18 décembre 1974, elle explique comment se crée une verrière.

Personne ne dirige. Moi je fais mon travail, le coupeur de verre a sa liberté totale. Il coupe comme il l’entend, il fait les joints. Après, ça passe sur la chaîne de production, c’est eux qui connaissent leur produit, donc ils font toujours quelque chose d’absolument impeccable. C’est un véritable travail d’équipe.

Marcelle Ferron

Marcelle Ferron est faite chevalière de l’Ordre national du Québec en 1985 et grande officière de l’Ordre national du Québec en 2000.

Elle meurt à 77 ans le 19 novembre 2001. La journaliste Sonia Duguay relate la carrière de l’artiste au Téléjournal cette journée-là.

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Téléjournal, 19 novembre 2001

Ce que je veux exprimer c’est la beauté du verre, la beauté des couleurs, la résonance lumineuse. Alors moi, c’est ça.

Marcelle Ferron
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