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Le chef du Bloc, Yves-François Blanchet, lors d'un point de presse à Ottawa.

Yves-François Blanchet, le chef du Bloc québécois, croit que le discours du Trône manque de substance.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le Bloc québécois demande au gouvernement Trudeau de déposer un budget le plus rapidement possible, a indiqué lundi son chef, Yves-François Blanchet, en présentant le plan de relance de son parti pour redémarrer une économie plombée par l’épidémie de COVID-19.

Anticipant vraisemblablement sa réponse au discours du Trône qu’il doit prononcer à la Chambre des communes cette semaine, M. Blanchet a assimilé l’exercice de mercredi dernier à une manœuvre politique dont la substance se fait encore attendre.

Je ne comprends pas – oui, je comprends, c’est de la politique, ce n’est pas de la saine gestion – que le gouvernement ait prorogé le Parlement pour arriver six semaines plus tard avec rien, a-t-il déploré en conférence de presse à Gatineau.

Je ne comprends pas qu’avec des moyens infinitésimaux à côté de ceux de l’énorme gouvernement du Canada qui est un pays du G7, le Bloc arrive avec un plan aussi complet, élaboré, et que le gouvernement arrive avec 55 minutes de vœux pieux, de réchauffé et de centralisation.

Alors, il faut au moins, oui, que très très très rapidement, on comprenne s’il y a de la substance là-dedans, et la substance, c’est un budget. Il faut que le gouvernement se sorte les calculs à caractère électoral de la tête et se mette aux calculs à caractère financier.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Selon le plan de relance du parti souverainiste, le budget devrait être assorti de projections des finances publiques pour les trois prochaines années, d’estimations sur les gains ou les pertes des sociétés d’État. Il devrait aussi contenir un plan pour réduire le ratio dette-PIB du gouvernement fédéral.

M. Blanchet demande en outre au gouvernement Trudeau de renoncer à la tentation d’éponger sa dette et ses déficits en coupant dans les transferts au Québec et aux provinces, en réitérant la demande des premiers ministres de rehausser à 35 % sa part de financements des systèmes de santé.

Dans son discours, le gouvernement s'est engagé à rendre publique cet automne une mise à jour du Plan d’intervention économique du Canada pour répondre à la COVID-19, qui détaille ses mesures de soutien aux particuliers et aux entreprises.

Le gouvernement exposera la situation économique et financière du gouvernement, fournira des projections financières et présentera de nouvelles mesures visant à mettre en œuvre le présent discours du Trône, a-t-il aussi indiqué sans plus de détails.

Les libéraux veulent écourter les débats, l'opposition divisée

Le leader du gouvernement en Chambre, Pablo Rodriguez, a demandé aux partis d'opposition d'accélérer l'étude et l'adoption de son plus récent programme de relance économique et de soutien aux travailleurs touchés par la pandémie.

Il a proposé de limiter les débats sur le projet de loi qui établirait plus de souplesse pour l'admissibilité à l'assurance-emploi et créerait trois nouveaux programmes de soutien.

Il n’en est pas question, a laissé entendre le leader conservateur en Chambre, Gérard Deltell, qualifiant de farce la volonté du gouvernement Trudeau d'écourter les débats sur un programme de 50 milliards de dollars.

M. Deltell tient à une audience devant un comité des Communes, où les ministres des Finances, de l'Emploi et de la Famille viendront répondre aux questions des députés.

Le leader néo-démocrate en Chambre, Peter Julian, a déclaré que son parti appuierait la motion - à contrecœur -, car les Canadiens ont besoin d'aide.

Affichant plus d'ouverture, le chef du Bloc québécois a déjà indiqué qu’il n’excluait pas du tout d'appuyer le projet de loi C-2.

Selon lui, ce volet du plan d'urgence mis en oeuvre par le gouvernement fédéral le printemps dernier a été la cible de nombreuses critiques d'employeurs lors de la tournée effectuée par des députés bloquistes afin de concocter son plan de relance.

Il a dit être prêt à ce que l'étude du projet de loi, déposé la semaine dernière aux Communes, se fasse de façon accélérée afin que l’incitatif au travail que le Bloc réclame depuis des mois y apparaisse le plus rapidement possible.

Ça aura pris six mois [...] pour inciter les prestataires de la PCU à retourner au travail, six mois durant lesquels les employeurs qui cherchaient des travailleurs n’en trouvaient pas, six mois pendant lesquels on a continué à nous dire qu’on avait d’abord un problème de chômage pendant que les employeurs vivaient une crise de main-d’oeuvre, a-t-il déploré.

Le Bloc québécois réclame par ailleurs que les prestataires de la PCU qui seront appelés à en rembourser une partie bénéficient d'une amnistie de huit mois sur les pénalités et les intérêts des impôts à payer.

Pour des millions de personnes, ça va être parfois des milliers de dollars. Ça va être beaucoup au Québec aussi. Ces gens-là ne l'ont pas vu venir. Ces gens-là vont arrêter de consommer, ralentir l'élan d'une reprise économique déjà fragile, a-t-il fait valoir.

Distillé sur un peu plus d'une vingtaine de pages, le plan de relance du Bloc québécois reprend certaines des revendications portées par le parti bien avant la pandémie : soutien accru aux aînés, versements de compensations aux agriculteurs sous gestion de l'offre en raison des brèches dans des traités de libre-échange, etc.

Il propose aussi la mise en place de fonds régionaux de développement, de relance et de diversification économiques orientés vers la transformation des richesses naturelles, des investissements plus importants en électrification des transports et d'accélérer les projets d'infrastructure, de transport en commun et de logement social.

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