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COVID-19 : Legault relève le niveau d'alerte partout sur le territoire québécois

Plusieurs régions, dont le Grand Montréal, passent en zone rouge, mais les écoles restent ouvertes.

François Legault en conférence de presse. On peut lire derrière lui : « On continue de se protéger ».

« Les chiffres sont sans appel : on doit prendre nos responsabilités, on doit prendre des décisions difficiles », a prévenu le premier ministre François Legault lors d'une conférence de presse en annonçant, « le cœur gros », la fermeture de plusieurs secteurs de l'économie durant le mois d'octobre.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Québec annonce de nouvelles restrictions liées à la pandémie de coronavirus, une deuxième vague ayant commencé à déferler sur la province.

Le gouvernement Legault relève le niveau d'alerte partout sur le territoire. Plusieurs régions, dont le Grand Montréal, passent en zone rouge, mais les écoles restent ouvertes.

La nouvelle, qui avait déjà commencé à circuler dans les médias, a été confirmée par le premier ministre en personne lors d'une conférence de presse tenue en fin de journée lundi. François Legault était pour l'occasion accompagné de son ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et du directeur national de santé publique, Horacio Arruda.

L'état d'alerte maximale est déclenché pour les 82 municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), la MRC de la Rivière-du-Nord, dans les Laurentides, Chaudière-Appalaches et la Capitale-Nationale, exception faite de Portneuf et de Charlevoix.

Les chiffres sont sans appel, a déclaré le premier ministre, en évoquant la possibilité que d'autres régions passent bientôt au rouge si la propagation de la COVID-19 n'est pas enrayée.

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Québec et Montréal passent en zone rouge

Ainsi donc, en zone rouge...

  • Il sera désormais interdit aux particuliers de recevoir des convives chez eux, à la maison comme au chalet. Des exceptions sont toutefois prévues pour les proches aidants; pour les personnes offrant du soutien ou un service à domicile; et pour la main-d'œuvre effectuant des travaux prévus. Cela signifie donc, par exemple, qu'une infirmière à domicile ou un plombier devant faire une réparation pourront continuer à faire leur travail. De plus, les personnes vivant seules pourront recevoir la visite d'une autre personne;
  • Dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), les résidences pour aînés (RPA) et les ressources intermédiaires (RI), les visites à des fins humanitaires et celles des proches aidants seront permises, une personne à la fois, pour un maximum de deux personnes par jour;
  • Les rassemblements dans les lieux privés et publics seront interdits, sauf pour les lieux de culte et les funérailles, où un maximum de 25 personnes sera toléré, à condition de tenir un registre. Les manifestations citoyennes seront également permises, à condition que la règle des deux mètres ou le port du masque soit respecté;
  • Les salles à manger et les terrasses des restaurants seront fermées, mais ces derniers pourront se rabattre sur les commandes à emporter et les livraisons. Les bars, brasseries et tavernes seront quant à eux complètement fermés;
  • Les salles de spectacle, les casinos, les cinémas, les théâtres, les bibliothèques et les musées seront fermés, mais les tournages et les enregistrements seront autorisés;
  • Les entreprises, commerces et boutiques pourront demeurer ouverts, tout comme les entreprises offrant des soins personnels et esthétiques ainsi que les organismes communautaires. Cela inclut les salles d'entraînement, les salons de coiffure, les centres commerciaux, les boutiques de vêtements, etc.;
  • Les services de santé en cabinet privé pourront poursuivre leurs activités, à condition que les soins prodigués nécessitent la présence d’une seule personne;
  • Les déplacements non essentiels vers d'autres régions (peu importe leur couleur) et à l’extérieur du Québec ne seront pas recommandés, mais pas expressément interdits.

Ces nouvelles mesures entreront en vigueur dans la nuit de mercredi à jeudi. Elles dureront au moins 28 jours, soit du 1er au 28 octobre, a annoncé François Legault, qui a aussi promis une formule pour aider financièrement les entrepreneurs touchés, comme les propriétaires des restaurants [et] des salles de spectacle.

Interrogé à savoir pourquoi les règles n'entraient pas en vigueur immédiatement, le premier ministre a expliqué que le délai visait à laisser un peu de temps à tous pour s'ajuster. Mais rien n'empêche les résidents et les commerçants des zones rouges de se conformer aux mesures immédiatement, a-t-il lancé.

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Comment freiner la deuxième vague ?

Du vert au jaune, du jaune à l'orange

Le niveau d'alerte est également relevé dans toutes les autres régions du Québec.

L'Estrie, la Mauricie et le Centre-du-Québec, le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, Portneuf et Charlevoix ainsi que le reste des Laurentides, de Lanaudière et de la Montérégie passent en zone orange, à l'instar de l'Outaouais, qui s'y trouvait déjà.

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean, l'Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord, le Nord-du-Québec, le Nunavik et les Terres-Cries-de-la-Baie-James passent pour leur part du vert au jaune.

On ne fait pas ça pour le plaisir, a assuré le premier ministre Legault pendant la conférence de presse de lundi. S’il vous plaît, respectez les consignes, pas pour moi, pas pour vous, pour les autres, a-t-il ajouté, inquiet des images de gens qui ne suivent pas les recommandations sanitaires.

M. Legault dit avoir pour objectif de protéger les écoles, alors que la grande majorité des enfants, 99 % des enfants, peuvent continuer à suivre leurs cours. Il faut que ça reste comme ça, a-t-il insisté. On pense que c’est possible en 28 jours de renverser la tendance, mais il n’y a rien de garanti. Ça va dépendre des Québécois.

J’aimerais ça être rendu dans 28 jours pour vous dire "Wo! Ça a marché!", mais pour que ça marche, il faut que chacun d’entre vous mettiez du sien, a déclaré pour sa part le Dr Arruda.

Celui-ci s'est dit très, très, très inquiet de la situation.

On est tellement plus capable actuellement d’être en contrôle de la situation qu’on change l’environnement social pour éviter le maximum d’éléments de socialisation. Et ça nous fait très mal au cœur, parce qu’on n’aurait pas voulu en arriver à ça.

Horacio Arruda, directeur national de santé publique

Il faut malheureusement se redonner ce coup de barre là pour nous motiver tous à revenir vers une norme sociale, pour nous permettre de garder certains secteurs ouverts, a-t-il expliqué.

Le Dr Arruda en conférence de presse.

Se disant « très, très, très inquiet », le Dr Arruda demande aux Québécois qui résident dans les zones rouges de faire un « sacrifice » afin de donner « un gros coup de barre » pour redresser la situation.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Il s'agissait de la première sortie publique de François Legault depuis la fin de sa quarantaine. Le premier ministre avait dû se soumettre à un test de dépistage il y a deux semaines, après que le chef conservateur Erin O'Toole, qu'il avait rencontré, eut été déclaré positif. Malgré un test négatif, M. Legault avait tout de même choisi de se confiner par précaution.

Un bilan toujours élevé

Pas moins de 750 nouveaux cas ont été annoncés lundi, soit 146 de moins que dimanche, selon le bilan quotidien du ministère de la Santé. Ce total demeure toutefois de loin supérieur à ceux du début du mois de septembre. Le nombre de cas rapportés quotidiennement variait alors entre 100 et 200.

En outre, un nouveau décès, survenu à une date inconnue, s'est ajouté lundi au bilan des victimes de la COVID-19.

Ce qu'on voit pour l'instant, c'est une augmentation importante des cas et on peut penser que dans plusieurs semaines, ça va vouloir dire des augmentations importantes des hospitalisations et des décès, a expliqué M. Legault lundi, ajoutant que la situation était critique.

Depuis le début de la pandémie, la Belle Province a enregistré 72 651 cas confirmés de COVID-19 et 5826 décès liés à la maladie. À l'heure actuelle, 212 Québécois sont hospitalisés, dont 37 aux soins intensifs.

Par ailleurs, Québec a indiqué lundi que l'accès au dépistage pourrait dorénavant être refusé à certaines personnes.

Ainsi, les personnes symptomatiques et celles ayant été en contact avec une personne infectée seront priorisées pour le dépistage, tandis que celles qui auraient souhaité passer un test, mais qui ne font pas partie de ces catégories, pourraient devoir rebrousser chemin.

Le ministre Dubé en conférence de presse.

La situation dans certaines régions est très préoccupante, estime le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

En ce qui a trait au traçage, par contre, le gouvernement Legault pourrait permettre prochainement le déploiement au Québec de l'application « Alerte COVID » – un outil développé par Santé Canada qui, pour l'instant, ne fonctionne que dans quatre provinces : l'Ontario, la Saskatchewan, le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador.

Le projet avait été mis en veilleuse le mois dernier, au moment où la pandémie semblait sous contrôle. Mais comme le nombre de cas a explosé dans les dernières semaines, Québec pourrait le ranimer sous peu, a fait savoir lundi le ministre Dubé, qui évoqué une question de jours, le temps de consulter les autres formations à l'Assemblée nationale.

L'opposition demande aux Québécois de suivre les consignes

Le Parti libéral et Québec solidaire ont réagi en soirée pour inviter la population québécoise à se conformer aux plus récentes décisions du gouvernement et de la santé publique.

Dans son infolettre, la chef libérale Dominique Anglade a fait savoir qu'elle s'était entretenue avec le premier ministre Legault et qu'elle l'avait assuré de son entière collaboration. Mais elle continuera à poser des questions, dit-elle.

Le Québec a le droit de savoir ce qui s’est passé et qui nous a menés à la situation actuelle. Il a aussi le droit de connaître le plan des prochains jours, des prochaines semaines et des prochains mois.

Dominique Anglade, chef du PLQ

Par communiqué, Québec solidaire a estimé de son côté que les mesures de soutien aux secteurs touchés auraient dû être prêtes et annoncées dès ce soir.

Les travailleuses et les artisans de la restauration, des bars et du milieu culturel vont passer une nuit blanche à se demander ce qui les attend demain, a déploré Manon Massé, co-porte-parole de QS.

Le Parti québécois, pour sa part, a convoqué les médias mardi matin pour faire part de sa réaction.

Avec la collaboration de Joëlle Girard

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