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Zone rouge : propriétaires de bars et restaurants retiennent leur souffle

Des gens boivent de la bière.

Le gouvernement du Québec pourrait exiger la fermeture des bars pour freiner la propagation du coronavirus dans la province.

Photo : iStock

Les propriétaires de bars et de restaurants craignent d'être parmi les principales victimes collatérales du passage des régions de Québec et Montréal en zone rouge.

Leur incertitude grandit au même rythme où les secondes s'égrainent avant que le ministre de la Santé, Christian Dubé, dévoile officiellement lundi, en fin d’après-midi, les nouvelles mesures qui découleront du basculement de l'orange au rouge des deux régions les plus peuplées du Québec.

Fermetures temporaires des salles à manger et de tous les bars, casinos, tavernes et brasseries? Livraisons et commandes à emporter uniquement? Les restrictions qui vont accompagner cet état d'alerte maximum ne sont pas encore connues et restent floues.

Manque de communication

Le PDG de la Corporation des propriétaires de bars du Québec, Renaud Poulin, retient son souffle. Il apprendra les nouvelles mesures qui s'appliqueront à son industrie en même temps que tout le monde.

M. Poulin ne souhaite pas que le gouvernement procède à la fermeture des bars, mais la santé publique ne semble pas ouverte à discuter avec lui de solutions potentielles pour éviter d’en arriver là.

Dans l’industrie, avec tous les autres départements, que ce soit Loto-Québec, la Régie des alcools, des courses et des jeux, tout le monde collabore pour trouver des solutions. Mais avec le ministère de la Santé, il n’y a absolument rien qui se passe et c’est malheureux, car on aurait pu peut-être trouver des solutions il y a deux, trois ou quatre semaines, mais il n’y a aucune communication, dénonce Renaud Poulin.

Est-ce la faute des bars?

Renaud Poulin ne comprend pas non plus pourquoi les bars devraient écoper alors que la deuxième vague ne semble pas provenir de ces établissements, selon ses dires.

Les risques sont peut-être moins grands dans nos commerces. Si jamais [nos clients] sortent dans des maisons privées, ça pourrait être pire. Au moins, nous, on a des gens qui font de la surveillance, ajoute-t-il.

Si on ferme nos commerces, ces gens-là vont aller où maintenant? Il n’y aura plus aucune discipline qui va se faire. Le risque est beaucoup plus grand.

Renaud Poulin, PDG de la Corporation des propriétaires de bars du Québec

Le propriétaire du bar L'Inox sur la Grande-Allée, Philippe Desrosiers, abonde dans le même sens. Il estime que le gouvernement se trombe de cible s'il décide de forcer la fermeture des bars et des restaurants.

Pas plus tard que la semaine passée, le gouvernement Legault disait que le problème n'était pas dans les bars, rappelle le restaurateur en soulignant que quelques jours plus tard, le ministre de Santé demandait au Québécois de limiter leurs visites dans ces établissements.

J'ose espérer qu'il va se passer quelque chose et si on ferme, qu'on ait de l'aide parce que ça va être difficile.

Une décision fatale pour certains restaurants?

Camil Lacroix, président de la Société de développement commercial (SDC) Maguire et propriétaire du restaurant Chaz, à Québec, abonde dans le même sens. Il estime qu’une fermeture des restaurants, aussi temporaire soit-elle, pourrait être fatale pour de nombreux propriétaires.

On est en attente, sur le qui-vive. S’ils ferment les commerces, ce n’est pas tout le monde qui va pouvoir survivre, pense-t-il.

Ou bien, on va garder les restaurants ouverts, mais restez chez vous. C’est une contradiction.

Camil Lacroix, président de la SDC Maguire

Nageant dans l’inconnu, M. Lacroix se prépare tout de même depuis quelques semaines déjà. On a élaboré un menu différent et on est prêt si on doit passer en mode "prêt à manger". On sera capable de le faire rapidement, mais je ne pourrai pas garder tous mes employés ».

L’annonce du premier ministre François Legault et du ministre de la Santé Christian Dubé est prévue à 17 h 30.

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