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COVID-19 : le pic de la 2e vague prévu pour octobre en Ontario

Des travailleurs de la santé effectuent des tests de dépistage de la COVID-19 sur les passagers de voitures dans un service au volant.

Le nombre de personnes atteintes de la COVID-19 a quadruplé au cours des six dernières semaines.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

CBC News

De nouvelles projections suggèrent que la deuxième vague de COVID-19 en Ontario culminera à la mi-octobre et enverra probablement suffisamment de patients en soins intensifs pour allonger l’arriéré des opérations chirurgicales non urgentes.

Les prévisions proviennent du COVID-19 Modeling Collaborative, une étude de scientifiques et de médecins de l'Université de Toronto, de l'University Health Network (UHN) et de l'Hôpital Sunnybrook.

Compte tenu de la rapidité avec laquelle le taux d'infection de l'Ontario a augmenté au cours des dernières semaines, le modèle prévoit que la province dépassera la barre des 1000 nouveaux cas quotidiens d'ici la mi-octobre, à moins que des mesures de santé publique plus strictes ralentissent la progression actuelle.

Le nombre moyen de nouveaux cas signalés chaque jour en Ontario est désormais quatre fois plus élevé qu'il ne l'était à la fin du mois d'août. Le gouvernement du premier ministre Doug Ford a depuis réduit les limites de la taille des rassemblements privés ainsi que les heures d'ouverture des bars et a ordonné la fermeture des clubs de danseuses nues.

Dimanche, le ministère de la Santé de l'Ontario a signalé 112 patients hospitalisés avec un cas confirmé de COVID-19, soit près du triple du nombre d'il y a deux semaines.

L’âge des patients déterminera le niveau de saturation des hôpitaux

Les chercheurs affirment que l'impact de la deuxième vague sur les hôpitaux de l'Ontario dépendra de la démographie des personnes infectées dans les semaines à venir.

Nous sommes à ce moment critique où le nombre de cas augmente et nous ne savons pas encore très bien où cela va, a déclaré Beate Sander, scientifique au UHN et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les aspects économiques des maladies infectieuses.

À l'heure actuelle, nous avons principalement des personnes plus jeunes et en bonne santé [qui ont contracté la COVID-19 en Ontario], a-t-elle déclaré dans une entrevue avec CBC News. Mais ce que nous avons vu à d'autres endroits, c'est que cela se répercute vraiment sur d'autres groupes de population.

Quatre scénarios pour le deuxième pic

L'équipe de chercheurs a élaboré quatre scénarios sur la façon dont la deuxième vague de l'Ontario pourrait se dérouler.

La ligne qui montre les prévisions pour l'Ontario surpasse tous les scénarios, sauf celui de l'Italie en date du 19e jour des projections, qui correspond au 6 octobre 2020.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La ligne pointillée montre la prévision actuelle du début de la deuxième vague de COVID-19 en Ontario, selon les travaux d'une équipe de chercheurs. Les lignes pleines modélisent l'évolution du nombre de cas si la deuxième vague suit les modèles observés en Ontario au printemps (orange), au Michigan cet été (gris clair), dans l'État australien de Victoria (gris foncé) ou en Italie pendant la première vague de la pandémie (noire).

Photo : COVID-19 ModCollab

Le plus optimiste des cas imiterait la première vague de l'Ontario en mars et avril, lorsque le nombre de contaminations a augmenté rapidement, mais a ensuite été freiné par un confinement.

Deux scénarios modérés ressembleraient à la façon dont une deuxième vague a frappé des territoires comparables à l'Ontario : l'État australien de Victoria (qui abrite Melbourne, une ville de 5 millions d'habitants) et l'État américain du Michigan.

Aucun de ces trois scénarios ne montre que les patients atteints de la COVID-19 submergent les services hospitaliers ou les unités de soins intensifs de l'Ontario au-delà de leur capacité.

Cela ne se produit que dans le pire des cas publiés par les modélisateurs, qui présente une deuxième vague aussi grave que la première qui a frappé l'Italie lorsque la pandémie a commencé.

Cependant, tous les scénarios, sauf le plus optimiste, prévoient une pression sur les services de soins intensifs supérieure à la capacité requise pour les patients subissant des interventions chirurgicales programmées.

Des gens attendent en file à un centre de dépistage à Toronto.

Face aux longues files d'attente devant les centres de dépistage, l'Ontario a resserré les critères d'admissibilité pour les personnes asymptomatiques.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Les interventions chirurgicales à très haut risque du cancer, par exemple, ne pourront pas se dérouler si les unités de soins intensifs sont submergées par des personnes qui se présentent aux urgences en train de mourir d'une pneumonie et d'une insuffisance respiratoire associées à la COVID-19, a souligné la Dre Kali Barrett, médecin en soins intensifs au UHN et membre de l'équipe responsable de la modélisation.

Les chercheurs soulignent que leurs scénarios de modélisation ne sont que des prévisions. Ils utilisent des données sur la proportion de personnes qui se sont retrouvées à l'hôpital et aux unités de soins intensifs alors qu'elles étaient infectées par le coronavirus, et les projettent sur la tendance actuelle de l'Ontario en matière de nouveaux cas.

L'évolution démographique des personnes atteintes par la COVID-19 à mesure que la deuxième vague se développe rend difficile pour les chercheurs de prévoir le nombre de personnes qui auront besoin d'un traitement hospitalier.

La deuxième vague en Espagne et en France a commencé dans les populations plus jeunes, mais elle se propage aux personnes âgées et aux personnes plus à risque de se retrouver en unité de soins intensifs ou dans les hôpitaux, a déclaré la Dre Barrett dans une interview à CBC.

Ce n'est qu'une question de temps avant que ce virus, s'il affecte les jeunes populations, se propage dans la population âgée. Nous commençons déjà à voir cela se produire en Ontario.

La Dre Kali Barrett, médecin et chercheuse à l’Hôpital Toronto Western

Les derniers chiffres du ministère de la Santé de la province montrent que 227 personnes âgées de 70 ans sont atteintes par la COVID-19. Ce nombre a augmenté de 34 % en l'espace d'une semaine.

Les changements dans les critères d'admissibilité pour les tests peuvent également brouiller les prévisions. Lorsque le dépistage est répandu et capte un plus grand nombre de cas bénins, le pourcentage de ceux qui se retrouvent à l'hôpital sera plus petit que lorsque le dépistage est limité aux groupes prioritaires les plus susceptibles d'être infectés par le virus, comme c'était le cas en Ontario au printemps.

L'Ontario a modifié sa politique de dépistage vendredi, de sorte que beaucoup moins de personnes sans symptômes sont désormais admissibles au test.

La demande en soins intensifs pourrait allonger l'arriéré chirurgical

L'Ontario compte environ 2000 lits de soins intensifs et la province prévoit en ajouter 139 en octobre. Ces lits sont généralement occupés aux deux tiers par des patients dont les cas n'ont rien à voir avec la COVID-19, qu'il s'agisse d'une crise cardiaque, d'un accident de voiture ou d'une autre maladie grave.

Puisque les unités de soins intensifs ne peuvent pas fonctionner à 100 % à temps plein, les chercheurs calculent que l'Ontario dispose d'environ 475 lits disponibles pour les patients nécessitant des opérations chirurgicales non urgentes et les patients COVID.

Lorsque les interventions chirurgicales programmées se déroulent à plein rythme, seuls 100 lits restent disponibles.

Donc, si plus de 100 personnes atteintes de COVID-19 ont besoin de soins intensifs, elles seraient en concurrence avec des cas d’interventions chirurgicales programmées.

Ensuite, nous devrons prendre des décisions concernant les personnes à traiter, a résumé Beate Sander. Admettons-nous des patients COVID ou faisons-nous une opération chirurgicale [non urgente]?

De 200 à 400 patients en soins intensifs, selon les scénarios modérés

Les projections suggèrent que si la deuxième vague de l'Ontario suit ce qui s'est passé dans l'État australien de Victoria - une forte augmentation des nouvelles infections qui diminue rapidement après un confinement strict - quelque 350 à 400 personnes auront besoin d'un lit aux soins intensifs lors d’un pic de la demande à la fin octobre.

Si la deuxième vague dans cette province se déroule comme celle observée au Michigan - une augmentation des nouvelles infections qui se stabilise, mais ne ralentit pas pendant longtemps - les prévisions indiquent que plus de 200 patients atteints de COVID-19 nécessiteront des soins intensifs à partir de la fin octobre.

Dimanche, le ministère de la Santé de l’Ontario indiquait que 28 patients atteints par la COVID-19 étaient aux soins intensifs.

Lors de la première vague, ce nombre a culminé à 264, tandis que celui des personnes hospitalisées a atteint un maximum de 1043. L’ensemble des interventions chirurgicales non urgentes avait été reporté dans toute la province.

Si la majorité des infections de la deuxième vague de l'Ontario touchent des personnes plus jeunes et en meilleure santé, comme cela s'est produit au mois de septembre, les taux d'hospitalisation devraient être inférieurs à ceux du printemps.

Les modélisateurs affirment que l’achalandage des unités de soins intensifs sera plus préoccupant que le total d'hospitalisations, car le système hospitalier de l'Ontario peut beaucoup plus facilement libérer des lits en salle générale qu'il ne peut faire de la place en soins intensifs.

Pas assez de personnel pour assurer les soins intensifs?

Le problème réside moins dans les lits et les respirateurs disponibles que dans le fait d'avoir suffisamment de médecins et d'infirmières capables de fournir les soins spécialisés dont les patients en soins intensifs ont besoin.

Vous ne pouvez simplement pas former les gens du jour au lendemain à faire ce genre de choses, a expliqué Beate Sander. Vous pouvez acheter beaucoup de lits et beaucoup de ventilateurs, mais vous ne pouvez pas obtenir ce personnel hautement qualifié sur le terrain dans un laps de temps très court.

La Dre Barrett reconnaît que les ressources humaines sont le principal facteur limitant et s'inquiète de la façon dont la deuxième vague pourrait toucher les membres du personnel hospitalier et leurs familles.

La majorité des personnes travaillant dans les hôpitaux ont 30, 40 et 50 ans, donc beaucoup d'entre elles ont des enfants qui vont à l'école, dit-elle. S'il y a une épidémie massive parmi la population plus jeune et les écoliers, c'est tout un secteur de notre personnel de santé qui ne pourra pas venir travailler.

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