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Des habitants de Strathmore apprennent l’histoire autochtone avec des couvertures

Une femme se tient devant la caméra pendant que des couvertures se chevauchent au sol.

Charlotte Yellow Horn McLeod était l'animatrice de l'Exercice des couvertures, grâce auquel elle a raconté l'histoire des Autochtones du Canada.

Photo : Radio-Canada / Hala Ghonaim

Radio-Canada

Un groupe de Strathmore, en Alberta, a eu l’occasion d’en apprendre un peu plus sur ce qu’ont vécu leurs voisins de la nation autochtone de Siksika en participant à l’Exercice des couvertures de Kairos.

Dans cette activité, les participants se tiennent debout sur des couvertures qui représentent le territoire occupé par les Autochtones jusqu’à la colonisation par les Européens de ce qui allait devenir le Canada.

C’est génial, en 2020, de pouvoir enseigner notre histoire à des non-Autochtones en leur expliquant les circonstances pas toujours roses qui ont conduit à ce qui se passe aujourd’hui, explique Charlotte Yellow Horn McLeod, l’animatrice de la soirée et coordonnatrice à la culture autochtone du réseau de ressources familiales d’Aspen.

Selon elle, il s’agit d’une belle occasion de réunir des Autochtones et des non-Autochtones afin de soutenir le processus de réconciliation et de guérison.

À l’école, les gens apprennent ce que le Canada a fait de bien sans considérer la partie plus sombre de l’histoire. L’exercice des couvertures montre notre perception de cette histoire.

Quand les colons tirent sur la couverture

Mme Yellow Horn McLeod a guidé les participants dans un parcours jalonné d’événements historiques illustrés par des artefacts symboliques, comme des mocassins, des châles et des oeuvres de perlage, posés sur les couvertures.

La leçon ainsi donnée dépeint la vision qu’ont les Autochtones du traitement que leur ont réservé les colons européens et leur descendance depuis leur arrivée.

Pour les non-Autochtones présents à la soirée, l’activit.é est marquante.

Je suis devenue tout émotive, raconte Marcie Burtniak, une habitante de Strathmore.

Quand on m’a fait jouer le rôle d’un enfant sorti de force de sa communauté pour être envoyé au pensionnat, c’était déjà quelque chose, mais quand on m’a dit : "Retourne-toi, parce que ta communauté ne te reconnaît plus", j'ai eu le coeur brisé.

L’enseignante retraitée dit espérer que le Canada tirera les leçons de ses erreurs. Qu’un gouvernement ait pu faire ce genre de choses aux premiers habitants de notre pays, c’était très mal!

Pour Roseanne de Beaudrap, l’important était de mieux comprendre l’histoire de son pays.

J’ai grandi en Saskatchewan, dans un secteur où habitent de nombreux Autochtones, raconte-t-elle. Ça m’a donné une bonne base, mais il y a encore beaucoup de choses que je ne sais pas.

Il y a tant de cultures qui se côtoient au Canada… il me semble que de savoir d’où chacun de nous vient et comprendre l’autre nous aide à mieux vivre ensemble.

L’exercice l’a, elle aussi, rendue très émotive. Je suis dépassée et, en même temps, j’ai bon espoir que [cet exercice] se répande et soutienne le processus de guérison tout en favorisant l’éducation et la compréhension, précise-t-elle.

J’ai tellement appris et j’espère que d’autres pourront vivre cette aventure.

Une couverture à la fois

Mildred Broad Scalplock, de la nation autochtone de Siksika, dit espérer que les différentes communautés continueront de travailler ensemble à la réconciliation en s’aidant de cet exercice des couvertures, qu’elle décrit comme étant à la fois simple et puissant.

Ça me fait chaud au coeur de voir que les gens ont écouté mon histoire. Je me suis sentie acceptée et en entendant les autres parler de l’effet que l’exercice a eu sur eux, j’ai éprouvé de vives émotions, explique-t-elle.

On a bâti des ponts pour surmonter ce qui sépare Siksika de Strathmore. Je me sens renforcée et j’ai l’impression que c’est quelque chose qu’on aurait dû faire il y a longtemps.

Avec les informations de Hala Ghonaim

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