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Analyse

Rencontrer ou non les électeurs? Démocrates et républicains s’adaptent à la pandémie

Aux États-Unis, la COVID-19 s’impose non seulement comme thème électoral, mais influence aussi les stratégies de campagne des partis.

Des partisans républicains à une intersection

Des partisans du président Trump organisent une manifestation spontanée en banlieue de Détroit.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Défilés en voiture ou en bateau, rassemblements, porte-à-porte : les partisans du président Trump ne manquent pas d’idées pour afficher leur appui à leur candidat.

Jeudi dernier en banlieue de Détroit, dans l’État-clé du Michigan, quelques dizaines d’entre eux se sont rassemblés, drapeaux à la main, aux quatre coins d’une intersection achalandée pour tenir un rassemblement spontané.

Sur les haut-parleurs qui ont été installés pour l'occasion, on pouvait entendre des chansons qui sont diffusées dans les événements du président, ou encore l’hymne national des États-Unis.

Je n’ai jamais vu un mouvement comme celui en faveur du président, lance Pam, qui assure participer à toutes les initiatives locales en appui à Donald Trump.

Sur la route, des automobilistes répondaient par des coups de klaxon approbateurs, alors que certains sortaient leur bras de la fenêtre de leur véhicule pour présenter un doigt d’honneur aux partisans du président.

Des militants avec des drapeaux sur le coin d'une rue

Les partisans du président trouvent différentes manières de montrer leur appui à leur candidat.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Qu’à cela ne tienne, les militants républicains sont convaincus que leur présence sur le terrain pourra influencer certains électeurs dans un État que Donald Trump n’a remporté que par environ 10 000 voix en 2016.

Il faut parler à la communauté et il n’y a rien de mieux que de s’installer à un coin de rue très fréquenté, m’expliquait Marine.

Malgré la pandémie, dans le camp républicain, les efforts électoraux ont encore des airs de campagne traditionnelle.

À l’échelle nationale, le président Trump a repris ses rassemblements devant des milliers de partisans. Si ces événements sont souvent à l’extérieur, certains se sont déroulés à l’intérieur.

Pour entrer en contact avec partisans et électeurs, les républicains misent aussi sur le porte-à-porte. Le parti assure que des bénévoles, encouragés à se couvrir le visage, frappent à un million de portes chaque semaine.

La campagne démocrate dictée par la pandémie

Après avoir passé un peu de temps avec les militants républicains, assister à un événement partisan démocrate donne l’impression d’entrer dans une tout autre élection.

Dans le stationnement d’un café en banlieue de Détroit, la pandémie dicte le fonctionnement de l'activité de distribution de matériel de campagne.

Des militants démocrates

Contrairement aux républicains, les démocrates ne misent pas sur la visibilité de leur candidat dans leur campagne électorale.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

D’abord, on demande à tous les militants de porter un masque, ce qui était loin d’être le cas au rassemblement républicain.

Puis, au cours de cette journée, on ne prévoit aucun contact direct avec les électeurs.

Les bénévoles se font remettre du matériel publicitaire qu’ils devront accrocher à la porte des résidences du quartier, sans frapper.

Cette campagne discrète se constate aussi sur la scène nationale. Les démocrates misent entre autres sur des appels et l’envoi de messages textes aux électeurs, puis sur l’organisation de rassemblements virtuels.

Des dépliants que les démocrates vont accrocher aux portes des électeurs.

Des dépliants que les démocrates vont accrocher aux portes des électeurs.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Les déplacements du candidat Joe Biden sont limités et ses apparitions se font devant un public restreint.

Je suis contente que mon candidat ne mette pas la vie des gens en danger, m’expliquait Sonia Patel, une militante de Canton, en banlieue de Détroit.

En fait, cette approche est au coeur de la stratégie du parti. Un organisateur démocrate du comté de Macomb, qui a appuyé Donald Trump en 2016, me confiait que les sondages internes du parti révélaient que la COVID-19 était un enjeu prioritaire des électeurs de sa région et que l’approche choisie par les démocrates avait pour but de les rassurer et non de les repousser.

N’empêche, certains démocrates, bien qu’ils comprennent les enjeux sanitaires, se posent des questions à propos de cette stratégie, notamment quant à la présence physique du candidat Biden sur le terrain.

Un homme devant une porte.

Le démocrate Steven Snyderman accroche un dépliant à la poignée d'une porte.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Il ne doit pas ignorer notre État, il doit venir aussi souvent qu’il le peut, dit Steven, un bénévole qui reconnaît les bienfaits des conversations directes avec les électeurs.

Pour l’instant, le candidat démocrate a fait un arrêt de campagne au Michigan, où le président Trump n’a également tenu qu’un seul rassemblement.

Au fil des rencontres avec les militants démocrates et républicains, un point commun émerge : après l’expérience de 2016, ils ne font pas confiance aux sondages qui placent Joe Biden entre 5 % à 8 % devant Donald Trump dans leur État.

Dans ce contexte, la présence active sur le terrain pourrait-elle influer sur le résultat de l’élection?

Compte tenu du faible taux d’indécis que révèlent les sondages, le bassin d’électeurs à convaincre est en tous cas limité.

Je pense que presque tout le monde a déjà fait son choix, m’indiquait une automobiliste venue faire le plein à côté du rassemblement républicain près de Détroit.

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