•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’Ohio, l’État que Donald Trump doit remporter à tout prix

On dit souvent que pour devenir président, il faut gagner l’Ohio. C’est surtout vrai pour les républicains, puisqu’aucun candidat n’est devenu président sans avoir cet État. Y a-t-il péril en la demeure pour Donald Trump?

Des partisans de Donald Trump en Ohio

Malgré le recul de l'emploi manufacturier dans la « Rust Belt », plusieurs cols bleus continuent d'appuyer Donald Trump en Ohio.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

En ce samedi matin ensoleillé à Boardman, une petite ville où les cols bleus résident en grand nombre, quelques dizaines de fervents partisans de Donald Trump se sont rassemblés devant le bureau du Parti républicain du comté.

Dans quelques minutes, le Trump Bus, avec à son bord quelques porte-parole et stratèges de la campagne du président, arrivera dans le stationnement. En attendant, juché sur un camion, Al Cutrona, un élu républicain local, s’adresse à la petite foule composée de partisans dont l’âge moyen avoisine les 50 ans.

Si vous voulez aller de l’avant, votez rouge, crie-t-il au micro. Nous avons besoin de quatre ans de plus pour le président Trump. Nous allons peut-être à contre-courant de la tendance, nous avons besoin de vos votes.

Quelques cris d'approbation et puis ils entonnent le fameux Four more years... Aussi subtil soit-il, dans la voix d’Al Cutrona, on perçoit un sentiment d’urgence à une trentaine de jours du scrutin présidentiel.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Tendance inquiétante

Bien sûr, l’Ohio a basculé vers les républicains en 2016 après avoir été un bastion démocrate pendant les huit ans de Barack Obama à la Maison-Blanche.

Cette fois-ci, la tendance n’est pas aussi optimiste pour le camp Trump. Les plus récents sondages donnent en effet un très léger avantage à Joe Biden. On a beau être presque dans les marges d’erreur, certains républicains sont inquiets.

Michael Kovach, président de City Machine Technologies, est de ceux-là. Celui qui a fondé son entreprise de réusinage de pièces de machinerie lourde emploie habituellement 80 personnes dans ses locaux basés à Youngstown, au nord-est de l’Ohio, qui fait partie de la « Rust Belt », où les emplois manufacturiers sont concentrés.

Depuis février dernier, il a dû mettre à pied 25 % de ses effectifs à cause du ralentissement économique causé par la pandémie. Ce membre du Parti républicain en tient-il rigueur au président Trump, qui a souvent minimisé les impacts de la vague du coronavirus?

Pas du tout, il a fait ce qu’il avait à faire en fermant les frontières avec la Chine et l’Europe dès le début.

Je suis plutôt inquiet si Joe Biden gagne, car nous avons beaucoup de clients du secteur énergétique. Biden a déjà dit qu’il était contre la fracturation hydraulique pour le gaz et le pétrole. Je ne veux pas perdre ça.

Michael Kovach, président de City Machine Technologies

Geno Di Fabio, camionneur et employé de City Machine Technologies, lui, ne se fait aucun souci. Donald Trump, promet-il, sera réélu par un raz-de-marée de votes. Un pronostic surprenant de la part d’un col bleu qui a voté démocrate toute sa vie jusqu’en 2016.

Il faut dire qu’il est l'un des chouchous du président depuis 2017. Donald Trump l’avait en effet invité sur son podium lors de son passage à Youngstown, se posant en sauveur des emplois manufacturiers, un secteur mal en point.

À l’époque, d'ailleurs, on chuchotait que l’usine de General Motors, située non loin de là, à Lordstown, multipliait les licenciements par centaines.

Ne déménagez pas, ne vendez pas votre maison, conseillait le président. Mais le couperet est tombé en mars 2019, lorsque GM a fermé définitivement ses portes.

Une usine de GM en Ohio

L'usine GM de Lordstown, en Ohio, a fermé ses portes en 2019, malgré les affirmations du président Trump voulant que le secteur manufacturier soit en période de rebond.

Photo : Reuters / Rebecca Cook

Un secteur en déclin

Ne dites pas à Geno que le président a failli à sa promesse. Il a créé tellement d’emplois depuis, il fait tout ce qu’il faut pour que les emplois reviennent dans la région.

Ces emplois manufacturiers sont-ils vraiment revenus? Sous la présidence de Donald Trump, la région en a en fait perdu 6300.

La pandémie a bien sûr joué un certain rôle dans ce déclin. Il n'en reste pas moins que si on remonte dans le temps, peu importe le président en poste, la tendance est à la baisse. En 30 ans, 386 000 emplois manufacturiers ont disparu en Ohio, il s'agit d'une baisse de 35 %.

Rien pour décourager Geno Di Fabio qui, encore sur invitation du Parti républicain, participe au petit rassemblement autour du Trump Bus en ce samedi matin à Boardman. Le président ne va pas perdre l’Ohio, j’ai parlé à bien du monde et l’enthousiasme pour M. Trump dans cette campagne, c’est du jamais-vu. Personne n’est enthousiaste pour Joe Biden.

Il faut dire qu’à la différence du Parti démocrate, qui n’est pas très présent sur le terrain, le Parti républicain met toute la gomme avec pancartes et porte-à-porte. Une stratégie nécessaire dans un État que le président ne peut pas perdre.

Malmené dans les sondages dans les autres États de la « Rust Belt » (Pennsylvanie et Michigan), il n’a pas le choix. Sinon, comme l’histoire l’a enseigné, la Maison-Blanche ne sera plus qu’un souvenir pour lui.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !