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Montréal encore en première ligne de la nouvelle vague de COVID-19

Un masque traîne sur le sol, dans une rue de Montréal.

Le nombre quotidien de nouvelles infections poursuit sa préoccupante progression.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Bien que Montréal demeure l’épicentre de la pandémie au Canada en ce début de deuxième vague, la dernière semaine a permis de constater que d’autres régions du Québec sont désormais frappées par des éclosions – un scénario qui n’a pas été observé au printemps dernier.

La vague est différente : on se fait frapper à Montréal et à Québec en même temps, a déclaré plus tôt cette semaine le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, en pleine conférence de presse.

Vendredi, les quelque 80 municipalités de la communauté métropolitaine de Montréal (CMM) passaient à leur tour au palier d’alerte orange, soit en alerte modérée. Montréal, Chaudière-Appalaches et une partie de la Capitale-Nationale, dont l’agglomération de Québec, étaient déjà considérés comme des « zones orange » depuis le week-end dernier.

Le nombre de nouvelles personnes infectées à la COVID-19 a connu une hausse importante cette semaine dans tout le Québec. Montréal comptait pour 1630 de ces nouveaux cas, ce qui équivaut à un taux d'infection de 79,4 cas par 100 000 habitants.

Sur la même période, soit du 20 au 26 septembre, la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches ont respectivement fait état de 740 et de 293 nouveaux cas, soit 98,6 cas par 100 000 habitants et 68,4 cas par 100 000 habitants.

Pour l’heure, les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches suivent de près la situation dans deux résidences pour aînés (RPA) de leur territoire qui sont en situation critique, selon la santé publique du Québec.

À Montréal, où 375 nouveaux cas ont été recensés dans les dernières 24 heures, aucune RPA ni CHSLD ne se trouve pour l’instant dans cette situation, mais 26 de ces milieux de vie pour aînés comptent en ce moment au moins un cas confirmé de COVID-19.

En date du 21 septembre, 53 foyers d’éclosion du nouveau coronavirus étaient actifs à Montréal, selon la directrice régionale de santé publique, la Dre Mylène Drouin. L’essentiel de ces foyers se trouve en milieu de travail et dans les établissements scolaires.

Selon un décompte effectué par Radio-Canada au début du mois, des 46 écoles du Québec où des cas de COVID-19 ont été signalés, 14 se trouvaient dans la région de Montréal.

Dans l’arrondissement de Montréal-Nord, l’un des plus touchés au cours de la première vague, le nombre de cas a connu une augmentation marquée ces derniers temps. Du 15 au 21 septembre, 53 nouveaux cas ont été identifiés par la direction de la santé publique de Montréal (DSPM).

La DSPM suit de près la situation dans Villeray–Saint-Michel–Parc Extension, Rosemont–La Petite Patrie, Rivières-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Saint-Laurent, Plateau Mont-Royal, Outremont, Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, LaSalle, Dollard-des-Ormeaux, Anjou et Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, qui ont tous connu une augmentation d’au moins 10 cas par rapport à la semaine précédente.

Manque de personnel

Avec le retour d’une nouvelle vague de COVID-19, Montréal, qui affiche le triste bilan de 3478 morts des suites de la COVID-19 depuis le début de la pandémie, fait à nouveau face aux mêmes défis qui se sont imposés au printemps dernier.

Dans l’est de l’île, l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont a dû fermer une soixantaine de lits, dont 12 en oncologie, par manque de personnel.

La deuxième vague, on la sent. Elle arrive pour nous, c'est une réalité. On l'appréhendait, mais là c'est une réalité.

Dr François Marquis, chef des soins intensifs de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Le recours au temps supplémentaire obligatoire est devenu de plus en plus fréquent et les infirmières sont déjà épuisées, selon le président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, alors que nous sommes au tout début de la deuxième vague.

C'est exactement ce qu'on essaie d'éviter, a réagi le ministre Dubé en point de presse, vendredi. Il va y en avoir d’autres cas comme ça parce qu'il nous manque de personnel.

Le CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal a par ailleurs indiqué que la salle d’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont connaissait dimanche un achalandage inhabituellement élevé. Dans le même message, le CIUSSS a demandé à la population de se présenter dans une clinique mobile, et non à l’hôpital, pour passer un test de dépistage de la COVID-19.

Plus de dépistage et de prévention

Pour éviter que le scénario observé au printemps dernier ne se répète, la santé publique de Montréal entend augmenter l'accès aux tests de dépistage et avoir recours aux organismes communautaires pour faire de la prévention au sein des communautés qui ont été plus touchées lors de la première vague.

C’est un travail de mobilisation communautaire pour aller faire rapidement […] des diagnostics, isoler les cas et faire des enquêtes, en plus de stratégies de promotion et de prévention dans ces communautés-là, a résumé le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda.

Les intervenants qui connaissent le mieux le terrain, qu'il s'agisse d'organismes communautaires ou d'employés des CISSS concernés, seront mis à contribution, a-t-il assuré. Ils sont les mieux placés pour nous aider à aller porter le message.

Je pense que c’est là qu’est la clé du succès, a-t-il ajouté.

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