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Montréal et Québec sur le point de passer à l'alerte rouge

Des passants, certains portant un couvre-visage, déambulent sur la rue Sainte-Catherine à Montréal en juin 2020.

Le passage de Montréal et de Québec dans la zone rouge devrait être annoncé lors de la conférence de presse donnée à 17 h 30 par les autorités gouvernementales.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Les régions de Montréal et de Québec basculeront de l'orange au rouge dans les prochaines heures, selon nos sources.

Montréal et Québec, les plus frappées en ce moment, sont très, très près de la zone rouge, soit l'alerte maximale, a affirmé le ministre de la Santé Christian Dubé en entrevue à Tout le monde en parle, hier soir, assurant qu'il en était à finaliser les détails des nouvelles mesures sanitaires.

On doit vraiment donner un grand coup dans les deux grands centres, et ça va être clair dans les prochaines heures, a-t-il dit, après avoir d'abord parlé des prochains jours.

La confirmation devrait en fait venir lundi en fin d'après-midi, lors d'une conférence de presse que donneront le premier ministre François Legault, le ministre de la Santé, Christian Dubé, et le directeur national de santé publique, Horacio Arruda.

Ce sera un retour sur la place publique pour le premier ministre, libéré lundi de l'isolement préventif de 10 jours dans lequel il s'était placé. M. Legault s'était isolé après avoir appris que le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O'Toole, qu'il avait rencontré le 14 septembre, avait déclaré positif à la COVID-19.

Le test de dépistage de François Legault s'est avéré négatif.

896 nouveaux cas dimanche

Après avoir connu dans la dernière semaine une inquiétante accélération de la transmission de la COVID-19, le Québec a enregistré dimanche 896 nouveaux cas, un bilan quotidien qui rappelle ceux du printemps dernier, au plus fort de la crise.

Il faut reculer au 8 mai, soit près de deux mois après que le gouvernement Legault eut déclaré l'état d'urgence sanitaire, pour retrouver un bilan des nouveaux cas aussi élevé. À l'époque, le nombre de tests de dépistage effectués chaque jour se situait toutefois bien en deçà de ce qu'il est aujourd'hui.

Il faut prendre acte [de ce qui se passe], parce que c'est ce que les gens attendent de nous, qu’on soit transparents, a affirmé le ministre Dubé.

Sans dévoiler quelles mesures sanitaires seront renforcées, M. Dubé a évoqué un équilibre important à trouver afin de permettre aux familles d'envoyer leurs enfants à l'école et aux commerces de rester ouverts pour que l'économie ne se trouve pas à nouveau interrompue, comme lors de la première vague.

Ce qu'on va dire aux gens, ça va être : restez chez vous, a résumé le ministre de la Santé.

On va demander un sacrifice social important, d'éliminer les partys. Les 28 prochains jours seront difficiles.

Christian Dubé, ministre de la Santé

Et au nombre des décisions difficiles, le gouvernement devra statuer sur ce qu'il adviendra des restaurants et des bars, épargnés lors de l'annonce de l'alerte orange, le week-end dernier. Hier soir, le ministre a laissé entendre que ceux-ci risquaient d'en pâtir.

C'est sûr qu'il va y avoir des décisions difficiles pour les bars et les restaurants, il ne faut pas se le cacher, a-t-il déclaré.

Et pour les Québécois – jeunes comme moins jeunes – plus réticents à respecter les consignes de santé publique, des sanctions seront plus sévèrement appliquées. On ne voulait pas aller là, mais il va falloir aller là parce qu’il y a une catégorie de personnes qui n’écoutent pas, et c’est eux qui nous mettent aussi dans le trouble, a expliqué M. Dubé.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un homme marchant avec un masque à la main est photographié de dos.

La deuxième vague se confirme

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une transmission communautaire qui inquiète

Écoles, services de garde, milieux de vie pour aînés, entreprises, événements organisés : les plus récentes éclosions ont eu lieu dans divers milieux, plus particulièrement lors de rassemblements.

La transmission communautaire nous fait excessivement mal, soutient le Dr Gilbert Boucher, président de l'Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec.

Si les gens pouvaient juste respecter les règles de base, c'est sûr que ça ralentirait [la progression du virus], ajoute-t-il, faisant ainsi écho aux demandes répétées du ministre Dubé et du directeur national de santé publique, Horacio Arruda.

Lors des points de presse quotidiens du gouvernement Legault, ces derniers ont demandé à maintes reprises aux Québécois de respecter les mesures sanitaires et d'éviter les contacts sociaux.

Il y a vraisemblablement une transmission communautaire qui est en augmentation et pour laquelle les comportements des gens font en sorte qu'on n'est pas capables de l'arrêter pour l'instant, décrit de son côté Jean-Pierre Trépanier, directeur de santé publique au Centre intégré et de services sociaux de Laval.

Selon le Dr Boucher, il faudra encore attendre 8 à 10 jours avant d'avoir une meilleure idée du profil des 896 personnes qui ont contracté le virus, et donc de constater s'il va vraiment y avoir un effet dans les urgences.

Au cours des dernières 24 heures, le nombre d'hospitalisations a quant à lui diminué de un, avec un cumul de 216. Parmi celles-ci, le nombre de personnes se trouvant aux soins intensifs a diminué de quatre, à 41.

Si les hospitalisations semblent se stabiliser, c'est notamment parce que les plus jeunes continuent d'attraper et de transmettre le virus.



La hausse des nouveaux cas n'est pas simplement due à l'augmentation du nombre de tests de dépistage, souligne de son côté Donald Vinh, microbiologiste-infectiologue au Centre universitaire de santé McGill.

C'est plutôt que les tests qu'on fait sont plus fréquemment positifs, observe-t-il.

Ça, c'est ce qui nous inquiète : le nombre [de tests] qui sont positifs, parce qu'il y a un possible effet d'entraînement qui peut arriver dans les prochaines semaines, ajoute le Dr Vinh.

Dimanche, quatre décès se sont ajoutés au bilan, dont deux survenus au cours des dernières 24 heures.

C’est sur l'île de Montréal que l’on compte le plus grand nombre de nouveaux cas, avec 375 nouvelles contaminations. La Capitale-Nationale recense 120 nouveaux cas et la Montérégie, 83.

Au Québec, un total de 71 901 personnes ont à ce jour contracté la COVID-19 et 5825 en sont décédées. La province demeure en tête de liste au pays, où un total de 153 125 personnes ont été infectées au nouveau coronavirus.

Avec des informations de Jacaudrey Charbonneau

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