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L’affaire Carpentier provoque un engouement pour la recherche et le sauvetage

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
un homme habillé avec une veste colorée marche dans un boisé.

Le reportage de Marie-Pier Bouchard

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le nombre de personnes montrant de l'intérêt pour le sauvetage bénévole a explosé à la suite du drame de Saint-Apollinaire cet été. L’engouement s’est fait sentir partout au Québec. Il a même été plus grand qu’en 2007, lors de la disparition de Cédrika Provencher.

En quelques semaines, 80 personnes se sont manifestées à l’Association québécoise des bénévoles en recherche et sauvetage (AQBRS), soit le double du nombre annuel. Sans compter tous les autres qui ont contacté directement les groupes de bénévoles régionaux.

Cette année, c'est vraiment exceptionnel. Tous les jours, on reçoit des demandes d'adhésion, déclare le président de l’Association québécoise des bénévoles en recherche et sauvetage (AQBRS), Guy Lapointe.

Un homme portant des lunettes en entrevue devant un écran.

Guy Lapointe, président de l'Association québécoise de bénévoles en recherche et sauvetage (AQBRS)

Photo : Radio-Canada

Sans être en mesure de chiffrer le tout, M. Lapointe parle d'un engouement plus important que celui ressenti lors de la disparition de Cédrika Provencher. Les gens veulent savoir comment on fonctionne et veulent suivre la formation qu'on donne aux bénévoles.

L'engouement a été immédiat lors de la découverte des corps sans vie de Norah et Romy Carpentier, le 11 juillet, selon la responsable des opérations chez Recherche et sauvetage Québec-Métro (RSQM), le groupe de bénévoles ayant participé aux recherches.

Une carte hommage sur laquelle on voit une photo de Norah et Romy, et au centre, un message en leur mémoire.

Norah et Romy Carpentier ont été retrouvées sans vie dans un boisé de Saint-Apollinaire après une alerte AMBER qui a duré une trentaine d'heures.

Photo : Radio-Canada

Dans les 24 heures qui ont suivi la découverte des deux filles, les courriels, ça n’arrêtait pas, c'était sans arrêt pendant 24 à 48 heures, affirme Marie Cauchon, qui se désole tout de même que ça prenne un malheur pour nous faire connaître.

En quelques semaines, RSQM a reçu une quarantaine de demandes d'information, soit le nombre que l'organisation reçoit normalement en deux ou trois ans.

Cinq personnes assises dans l'herbe.

Des bénévoles de Recherche et sauvetage Québec-Métro (RSQM) reçoivent les instructions de la Sûreté du Québec (SQ) lors de l'opération menée à Saint-Apollinaire en juillet 2020 pour retrouver Norah et Romy Carpentier.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Des enfants qui disparaissent plusieurs jours, que ce soit Cédrika ou les deux petites filles, ça a un grand impact pour tous les groupes.

Marie Cauchon, responsable des opérations chez Recherche et sauvetage Québec-Métro (RSQM)

RMSQ est l’un des 20 groupes de bénévoles chapeautés par l’AQBRS qui rassemble en tout 500 bénévoles partout au Québec. Formés et accrédités par le ministère de la Sécurité publique (MSP), ils sont appelés en renfort par les corps policiers lors de certaines opérations de recherche.

Une femme au micro.

Marie Cauchon, responsable des opérations, Recherche et sauvetage Québec-Métro (RSQM)

Photo : Radio-Canada

Elle note que la présence de nombreux médias a joué un rôle important, chose qui n’arrive pas souvent, parce qu'on a quand même fait huit autres recherches cet été et on n'a pas vu de médias, fait-elle remarquer.

Il y a eu de la recherche d'indices avec le Service de police de la Ville de Québec, en plein mois de février, dans la neige, il y a eu des personnes déprimées, suicidaires, alzheimer. C’est le genre de personnes souvent qu'on va rechercher, raconte Mme Cauchon.

Un homme en entrevue avec plusieurs journalistes devant de nombreuses caméras.

L'alerte AMBER pour retrouver Norah et Romy Carpentier a attiré de nombreux journalistes pendant plusieurs jours à Saint-Apollinaire.

Photo : Facebook Recherche et sauvetage Québec-Métro (RSQM)

Une nouvelle cohorte

Il y a quelques jours, Marie Cauchon a accueilli les 12 recrues de la cohorte 2020 à l’occasion de la première séance de formation alors qu’en temps normal, elle recrute entre 5 et 10 personnes tous les deux ans.

J’ai compris à quel point on pouvait être vraiment utile en tant que citoyen bénévole. Je me suis dit : mon Dieu, si je peux faire quelque chose pour aider ces gens-là, j'aimerais bien pouvoir le faire, explique Mélissa Galipeau, une jeune femme qui fait partie de cette nouvelle cohorte. C'est là que j'ai connu l'organisme.

Une femme au micro.

Mélissa Galipeau vient de commencer sa formation pour devenir bénévole en recherche et sauvetage.

Photo : Radio-Canada

Une autre des 12 recrues, François Arseneault, raconte qu'il était à la recherche d'un bénévolat afin de se rendre utile à la population. Il a appris l'existence du groupe par hasard avec le tragique événement de cet été avec deux petites filles qui sont décédées.

Un homme au micro.

François Arseneault fait aussi partie des douze recrues chez RSQM ayant commencé leur formation pour devenir bénévoles.

Photo : Radio-Canada

Un bénévolat particulier

Bien que de nombreuses personnes manifestent leur intérêt pour devenir bénévoles en recherche et sauvetage, le taux de rétention est faible.

Rien que chez Recherche et sauvetage Québec-Métro (RSQM), 35 personnes ont démontré de l’intérêt pour devenir bénévoles. De ce nombre, 18 se sont présentées à la rencontre d’information. La cohorte finale comprend 12 personnes.

À l’Association québécoise de bénévoles en recherche et sauvetage (AQBRS), 5 % seulement des 80 personnes ayant manifesté de l’intérêt suite au drame de Saint-Apollinaire ont poursuivi le processus.

Le président, Guy Lapointe, admet que c'est un bénévolat qui est quand même particulier.

Techniques de recherche, lecture de cartes, utilisation de boussoles et de GPS, profils de personnes disparues, entraînements sur le terrain : la formation est théorique et pratique. Elle mène à un examen pour obtenir une accréditation du ministère de la Sécurité publique (MSP).

Ça prend un an pour former le bénévole. La première année, on donne une centaine d'heures de formation théorique et pratique. Les années suivantes, on va demander entre 30 et 40 heures sur le terrain pour toujours rester actif, précise Marie Cauchon de RSQM.

Une dizaine de personnes assises dans un local regardent un tableau.

La nouvelle cohorte de bénévoles de Recherche et sauvetage Québec-Métro (RSQM) a commencé sa formation.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Le nombre d’opérations varie beaucoup d’une année à l’autre pour chacun des groupes de la province. À titre d’exemple, les bénévoles de RSMQ, le groupe couvrant la grande région de Québec, ont été appelés neuf fois cette année pour l'instant alors que l’an dernier, on a fait appel à eux une seule fois.

Selon Mme Cauchon, le principal défi est de recruter les personnes qui vont être capables de se libérer lorsqu’ils sont appelés pour des missions.

Le défi du financement

Pour ces groupes de bénévoles structurés, comme pour bien d’autres organisations, le principal défi demeure le financement.

La subvention annuelle versée par le ministère de la Sécurité publique (MSP) à l’AQBRS a été bonifiée il y a deux ans, passant de 29 000 $ à 50 000 $.

Mais le président estime que l’Association aurait besoin, idéalement, de 250 000 $.

Guy Lapointe explique que lorsqu’ils sont appelés en renfort, on leur demande de plus en plus de se présenter avec de l’équipement spécialisé, comme des VTT et des motoneiges, par exemple. Les coûts d'achat sont importants. Il y a aussi l'entretien, les plaques, les assurances. C'est un enjeu important, dit M. Lapointe.

L’AQBRS veut aussi élargir son offre et développe présentement un nouveau programme lié aux catastrophes naturelles. L’objectif : former tous les bénévoles de la province d’ici deux ans pour qu’ils puissent intervenir en cas de tornades ou d’inondations, par exemple.

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