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Au cœur de la migration des salamandres à Saint-Léon

Une salamandre tigrée photographiée de près.

La salamandre tigrée est l'espèce qui vit autour du lac Saint-Léon, au Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Chaque année, des centaines de salamandres tigrées du Texas traversent la rue principale du village de Saint-Léon, à 145 kilomètres au sud-ouest de Winnipeg. Elles quittent les bords du lac qui porte le même nom pour aller passer l’hiver dans les terres à l’abri du gel. Ces animaux auparavant très présents dans le village francophone sont aujourd'hui menacés.

J’en ai trouvé deux en chemin et je vous les ai ramenées! Dans sa voiture, une habitante de Saint-Léon tout sourire brandit deux salamandres au bout de ses doigts.

Il faut dire que la salamandre est devenue difficile à trouver. Il faut une journée ni trop froide ni trop chaude, un peu de pluie, et surtout, de la patience. Souvent, c’est au petit matin ou au coucher du soleil que ces petits animaux s’extirpent de leur cachette.

Analyser et expliquer les salamandres, c’est la mission du Centre d’interprétation de Saint-Léon. Niché au bord du lac Saint-Léon, l’établissement existe depuis 2004 et offre quatre galeries interactives bilingues, dont l’une sur ces amphibiens à mi-chemin entre la grenouille et le lézard.

Lorraine Mabon est codirectrice du centre et assure les visites. Elle explique que d’habitude, les salamandres migrent vers la fin du mois d’août, mais que les fortes chaleurs passées ont retardé leur aventure.

Lorsque l’on parle d’aventure, ce n’est pas d'un long périple qu'il est question pour les salamandres. En général, celles-ci restent toute leur vie dans la région où elles sont nées, précise Lorraine Mabon.

Les amphibiens cherchent seulement un endroit à l’abri du gel pour s’enterrer, attendre le printemps et regagner les bords de leur lac favori pour se reproduire une fois le rude hiver manitobain passé.

Elles aiment être près de l’eau, dans l’ombre, comme sous une pierre ou en s’enterrant sous terre.

Lorraine Mabon, codirectrice du conseil d'administration du Centre d'interprétation de Saint-Léon
Lorraine Mabon debout près d'un lac.

Lorraine Mabon est codirectrice du centre d'interprétation de Saint-Léon et effectue les visites pour expliquer la migration des salamandres.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Moins de salamandres qu’avant

La migration des salamandres n’a plus ses allures d’antan. Aux côtés de Lorraine Mabon, son mari, Denis Mabon, qui a grandi à Saint-Léon, se souvient d’une enfance où les petits animaux étaient bien plus présents. Je me rappelle quand j’étais jeune, on en avait dans la cave de la maison, dit-il.

Pour le couple, l’une des causes de la rareté de l'espèce qu'ils observent est la prédation des pélicans, qui se nourrissent plus de salamandres qu’avant.

Mme Mabon n’écarte néanmoins pas les effets du changement climatique. La météo a des répercussions sur elles. On ne les verra pas lorsqu’il fait soleil et chaud, car cela brûle leur peau, explique-t-elle.

Elles sont aussi un bon indicateur de la santé environnementale de la région, comme la qualité de l’eau, etc.

Lorraine Mabon, codirectrice du conseil d'administration du Centre d'interprétation de Saint-Léon

Sur le site du gouvernement du Canada, le ton est plus alarmiste. La salamandre tigrée y est désignée comme en voie de disparition et un rapport de 2013 (Nouvelle fenêtre) juge désastreuses les conséquences de sécheresses à répétition sur les amphibiens.

Même si les sécheresses sont un phénomène naturel et que les salamandres tigrées sont adaptées à la vie dans des milieux arides, les longues périodes de sécheresse ont été étroitement liées au déclin de la salamandre tigrée de l’est dans la Caroline du Sud et constituent une menace semblable pour l’espèce dans le sud-est du Manitoba. Il est rare d’avoir deux années consécutives de sécheresse dans cette région du Manitoba, mais c’est ce qui a été observé en 2011 et 2012; il s’en est suivi que les seuls étangs où des salamandres avaient été récemment observées étaient à sec.

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la salamandre tigrée de l’est au Canada

La situation risque de s’aggraver à long terme à mesure que se produisent des changements climatiques , ajoute le rapport.

Saint-Léon n’est pas le seul endroit au Manitoba où il est possible d’observer des salamandres dans leur habitat naturel. Le sud-est de la province, par exemple, abrite des populations de salamandres à points bleus et une autre espèce appelée necture tacheté, qui peut atteindre jusqu’à 50 centimètres.

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