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Ouverture d'un site d'injection supervisée clandestin à Lethbridge

Une tente orange installée au milieu d'un parc avec des bénévoles à l'intérieur, à la tombée de la nuit.

La tente est située à Galt Gardens, un parc populaire du centre-ville de Lethbridge.

Photo : Radio-Canada / Bryan Labby / CBC

Des travailleurs de la santé et des défenseurs de la réduction des méfaits ont ouvert un site d'injection supervisée non autorisé à Lethbridge, trois semaines seulement après que la province ait retiré le financement d'ARCHES, le site autorisé.

ARCHES, une société à but non lucratif, exploitait alors jusque-là le site d'injection le plus achalandé du Canada avec en moyenne 500 visites par jour.

Lethbridge est la ville ayant le taux de décès par surdose d'opioïdes par habitant le plus élevé en Alberta.

Les personnes à l’origine du site non autorisé ont attendu que le soleil se couche, vendredi soir, avant d'installer une petite tente au centre-ville pour accueillir les personnes dépendantes.

La tente est située à Galt Gardens, un parc populaire devenu l'épicentre de la crise des opioïdes dans la communauté.

Le plan consiste à installer le site temporaire chaque soir, à offrir des services pendant quelques heures, puis à tout remballer pour recommencer la nuit suivante.

Cependant, selon la Dre Bonnie Larson, médecin à Calgary, les organisateurs courent un risque en faisant cela, car ils pourraient être arrêtés.

La tente était à peine dressée lorsque les quatre premiers usagers sont venus consommer leur drogue sous la supervision des organisateurs. Personne n'a fait de surdose. Il n'y a pas eu d'interactions avec la police et les organisateurs se sont dits satisfaits des résultats, car ils n'avaient informé personne de leurs projets.

Nous nous sommes arrangés pour qu'un certain nombre de volontaires soient en attente avec de la naloxone, un médicament utilisé pour contrer les effets d'une surdose d'opioïdes, explique Tim Slaney, un ancien employé d'ARCHES, et l'un des fers de lance de l'initiative.

« La décision de fermer ARCHES est irresponsable », dit-il.

Nous ne pouvions pas rester assis et regarder nos amis, nos proches mourir.

Tim Slaney, ancien employé d'ARCHES

Des chiffres inquiétants

Entre le 1er avril et le 30 juin, 21 personnes sont mortes alors qu'ARCHES fonctionnait toujours.

Durant les six premiers mois de 2020, le gouvernement a enregistré un taux de 42,4 décès pour 100 000 habitants, soit une fois et demie le taux provincial et presque le double de celui de Calgary.

Les derniers chiffres ont également révélé que les visites à ARCHES au cours du deuxième trimestre avaient chuté à 12 101, contre 58 719 au premier trimestre.

Plan serré de Tim Slaney.

Tim Slaney, l'un des organisateurs du site non autorisé, est un ancien employé d'ARCHES.

Photo : Radio-Canada / Bryan Labby / CBC

Cette baisse de fréquentation est due à des réductions de services liées à la pandémie, mais aussi à une pénurie de kits de naloxone et de fournitures médicales, selon Tim Slaney.

Les chiffres du gouvernement montrent également que Lethbridge est en tête des villes de la province quant au taux d’interventions d’urgence par habitant pour des événements liés aux opioïdes.

Le taux est de 333 par 100 000 habitants, soit plus du double du taux provincial.

Le site clandestin est soutenu par Moms Stop the Harm, un groupe national de défense composé de femmes dont les enfants ont lutté contre la toxicomanie ou sont décédés d’une surdose d'opioïdes.

J'espère sincèrement qu’ils pourront continuer de faire ce travail en paix, confie Lori Hatfield, une résidente de Lethbridge dont le fils lutte contre la toxicomanie depuis plus d'une décennie.

Avec les informations de Bryan Labby

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