•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Retour au calme, mais tensions toujours vives dans la réserve faunique La Vérendrye

Des camionnettes et des roulottes bloquent une route.

Une route empruntée par des chasseurs dans la municipalité de Montcerf-Lytton est bloquée depuis plusieurs jours par des membres de la communauté autochtone de Kitigan Zibi.

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

Radio-Canada

Le calme est revenu sur la route 117 à Montcerf-Lytton dans la Réserve faunique La Vérendrye. La Sûreté du Québec a dû intervenir vendredi pour dégager la voie, qui avait été bloquée par des chasseurs en colère contre les barricades érigées par des communautés autochtones.

On a gardé le calme comme on le fait depuis deux semaines. Les chasseurs coupaient des arbres qu’ils plaçaient dans la rue et ensuite ils les mettaient en feu, affirme Asha King, une membre de la communauté de Kitigan Zibi qui participe au barrage. J'avais peur un peu, parce qu’il y avait plus de monde qu’il y avait de policiers.

Les membres des communautés de Lac-Barrière, Kitigan Zibi, Kitcisakik réclament un moratoire de 5 ans sur la chasse à l’orignal dans la Réserve faunique La Vérendrye pour permettre au cheptel de se régénérer. Ils bloquent des chemins de chasse depuis la mi-septembre.

Des policiers discutent devant un barrage érigé par des communautés autochtones.

Les membres des communautés de Lac-Barrière, Kitigan Zibi, Kitcisakik réclament un moratoire de 5 ans sur la chasse à l’orignal dans la Réserve faunique La Vérendrye.

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

Une étude effectuée par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, en collaboration avec des représentants de la nation algonquine, a démontré une baisse du nombre d’orignaux depuis 2008.

La population d’orignaux recensée lors de l’étude faite en janvier et février 2020 est de 2,06 orignaux par km2, soit un cheptel de 2074 orignaux. Lors de la dernière étude en 2008, le ratio était de 3,2 orignaux par km2.

J’aimerais qu’ils comprennent que, pour eux, chasser sur notre territoire n’est pas un droit, c’est un privilège.

Asha King, une membre de la communauté de Kitigan Zibi

Les Autochtones qui participent au blocage précisent que cette manifestation est pacifique et qu'ils comprennent la frustration des chasseurs, mais ils disent agir pour sauver les orignaux.

Une femme avec un foulard dans le visage en entrevue.

Asha King est membre de la communauté de Kitigan Zibi et participe au barrage.

Photo : Radio-Canada

Si c’est ça qu'il faut faire pour que le gouvernement accepte de nous écouter, il faut qu’on le fasse, et on le fait pacifiquement, dit Gene Twenish, membre de la communauté de Kitigan Zibi, spécifiant que les orignaux sont une partie importante de leur alimentation. On travaille main dans la main avec les policiers pour être sûr qu’il n’y a pas de danger pour personne.

Le président de l'Association des pourvoyeurs de l’Outaouais, Serge Danis, comprend le point de vue des communautés autochtones quant à la population d'orignaux.

Il faut avoir de bons cheptels, on comprend leurs inquiétudes, dit-il. Je pense qu’on n'est pas rendu à un point critique, mais on est à un point inquiétant.

Un homme en entrevue.

Gene Twenish, un membre de la communauté de Kitigan Zibi, affirme que orignaux sont une partie importante de leur alimentation.

Photo : Radio-Canada

Il espère cependant que les moyens de pression se termineront rapidement pour permettre aux pourvoiries de sauver leur saison. Les pertes vont être énormes cette année, affirme M. Danis.

S'il n’y a pas un règlement rapide, il y a des pourvoiries qui vont disparaître.

Serge Danis, président, Association des pourvoyeurs de l’Outaouais

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a condamné jeudi le barrage et a évoqué la possibilité de demander à la Sûreté du Québec d’intervenir.

Je ne vois pas comment ils pourraient nous arrêter, parce que c’est notre territoire, c’est notre cour, dit M. Twenish.

Avec les informations d'Ismaël Sy

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !