•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ontario : les enseignants à la retraite rappelés au travail

L'enseigne de l'Ordre des enseignantes et des enseignants de l'Ontario sur un édifice

L'Ordre des enseignantes et des enseignants de l'Ontario demande aux retraités de retourner travailler.

Photo : CBC

Radio-Canada

Il y a pénurie d'enseignants au beau milieu d'une pandémie. Pour cette raison, l’Ordre des enseignants de l’Ontario a envoyé un courriel à tous ses retraités pour leur demander de retourner au travail.

Or, ces enseignants, qui ont généralement plus de 65 ans, sont très vulnérables face au virus.

Selon Martha Foster, présidente du groupe Enseignants retraités de l’Ontario (ERO), cet appel peut placer certains retraités dans une position délicate.

Portrait de Martha Foster

Martha Foster est présidente d'Enseignants Retraités Ontario (ERO).

Photo : CBC

Cela peut pousser certains d’entre eux à évaluer le risque d’un retour en classe durant une pandémie qui s’est avérée mortelle, particulièrement parmi les patients de plus 65 ans ou souffrant de pathologies sous-jacentes.

Est-ce que je veux être là-bas et aider, ce que j’ai fait toute ma vie en travaillant auprès des enfants? Ou est-ce à propos de moi? Est-ce que je dois faire attention à moi?

Martha Foster, présidente du groupe Enseignants Retraités de l’Ontario

Selon elle, peu de retraités répondront à l’appel. Un avis que partagent les enseignants retraités Jean Shapka et David Maclellan.

Pas pour moi

David Maclellan confie avoir été surpris lorsqu'est apparue dans ses courriels une lettre lui demandant de revenir travailler.

J’ai trouvé l’offre intéressante, mais pas pour moi, dit-il en esquissant un sourire.

Parti à la retraite en 2009 après avoir enseigné pendant 34 ans, M. Maclellan estime que cette bouteille à la mer témoigne d’un manque de planification. Il s’agit tout de même d’essayer de retrouver les enseignants à la retraite presque à la fin du mois de septembre, souligne-t-il, abasourdi.

L'Ontario connaît actuellement une pénurie d'enseignants certifiés, qui a été amplifiée par la réduction de la taille des classes pendant la pandémie pour améliorer la distance physique et réduire les risques de propagation du virus COVID-19, peut-on lire dans la lettre.

Lundi, le plus gros conseil scolaire du pays, le Conseil scolaire public anglophone de Toronto, a confirmé que 60 000 élèves du primaire se sont inscrits à l’apprentissage en ligne et dit avoir besoin d’embaucher entre 100 et 150 enseignants pour être capable d’offrir ces cours.

Je me sens très mal pour les élèves et les enseignants qui sont, par essence, contraints de retourner à l'école, où je ne suis pas certain que la planification soit à 100 % efficace et 100 % sûre, regrette le retraité.

Ridicule

Pour Jen Shapka, enseignante à la retraite qui vit maintenant au Manitoba, la lettre est exaspérante et ridicule.

Une femme en entrevue Skype.

Jen Shapka a trouvé la lettre de l'Ordre des enseignantes et enseignants de l'Ontario « exaspérante ».

Photo : CBC

Pourquoi choisiriez-vous ce moment pour payer vos frais de réintégration dans l’Ordre, payer vos frais annuels, tout ça pour avoir des mauvaises conditions de travail? Ils ne sont pas conscients!

Jen Shapka

J'irais même jusqu'à dire que c'était offensant de lire que l’Ordre diffuse ce message, lance Mme Shapka.

132 000 membres contactés, 600 ont accepté

L’Ordre, qui délivre l’autorisation d’enseigner, régit et réglemente tous les enseignants et administrateurs des écoles publiques de la province, affirme qu'un total de 132 000 membres ont reçu ce courriel, y compris des retraités, des membres en règle qui ne sont pas actuellement identifiés comme enseignants et des candidats à l'enseignement qui n'ont pas encore terminé le processus de demande d’autorisation.

Selon Brian Jamieson, responsable des communications, 600 enseignants ont déjà accepté leur offre depuis l'envoi de la lettre. [C'est] une indication puissante du désir d'aider les enseignants, estime-t-il, ajoutant que la décision est un choix personnel et que l’Ordre ne demande pas aux gens de faire quelque chose qu'ils ne sont pas prêts à faire.

Nous voulions simplement dire que si vous voulez aider et le pouvez, voici comment, assure le porte-parole.

Avec les informations de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !