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Attaque à Paris : le suspect visait Charlie Hebdo et « assume » son geste

Un gendarme tient une mitraillette et bloque l'accès à la scène de crime.

L'attaque au hachoir a été perpétrée devant les anciens bureaux de Charlie Hebdo, vendredi.

Photo : Associated Press / Lewis Joly

Agence France-Presse

Au lendemain de l'attaque au hachoir qui a fait deux blessés à Paris, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, le principal suspect a « assumé son acte » samedi, reconnaissant qu'il visait l'hebdomadaire satirique qui avait récemment republié des caricatures du prophète Mahomet, selon des sources proches de l'enquête.

Interpellé par la police peu après l'attaque, cet homme de 18 ans qui se présente comme né au Pakistan assume son acte, qu'il situe dans le contexte de la republication des caricatures, ce qu'il n'a pas supporté, a indiqué samedi l'une de ces sources.

Il pensait que les locaux visés étaient toujours ceux de Charlie Hebdo, selon cette même source.

Sa garde à vue, entamée vendredi à la mi-journée après son arrestation près de la place de la Bastille, a été prolongée de 24 heures, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

Dans cette enquête ouverte par le parquet national antiterroriste pour tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, la garde à vue peut être prolongée et durer jusqu'à 96 heures, voire 144 heures dans certains cas.

De nombreux policiers se pressent à l'angle de deux rues. Certains portent des combinaisons de protection.

Les policiers ont été mobilisés en grand nombre sur la scène de l'attaque, dans le XIe arrondissement de Paris.

Photo : Getty Images / AFP/ALAIN JOCARD

L'attaque a eu lieu devant l'agence de presse Premières Lignes dont l'immeuble, situé dans l'est parisien, est le même que celui qui abritait les locaux de Charlie Hebdo, dont la rédaction a été visée par un attentat meurtrier en 2015.

La rédaction de Charlie Hebdo, qui a déménagé dans un lieu secret depuis quatre ans, faisait l'objet de nouvelles menaces depuis que cet hebdomadaire satirique avait de nouveau publié des caricatures de Mahomet le 2 septembre, pour l'ouverture du procès des complices des auteurs de l'attaque de 2015.

Manifestement, c'est un acte de terrorisme islamiste, a estimé vendredi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, déplorant une nouvelle attaque sanglante contre notre pays.

Un homme est arrivé et a attaqué avec un hachoir deux salariés qui fumaient devant l'immeuble, un homme et une femme, a expliqué à l'AFP Paul Moreira, codirigeant de Premières Lignes.

Leur vie n'est cependant pas en danger, a assuré dès vendredi le premier ministre français Jean Castex, qui s'est rendu sur les lieux.

L'affaire a ravivé en France le douloureux souvenir de l'année 2015, marquée notamment par les attaques de janvier contre Charlie Hebdo, et celles, encore plus meurtrières, du 13 novembre à Paris.

Les trois marchent dans la rue escortés par la police.

La mairesse Anne Hidalgo (gauche), le premier ministre Jean Castex (centre) et le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin se sont rendus sur les lieux de l'attaque vendredi.

Photo : Associated Press / Lewis Joly

Qui est le suspect?

D'après M. Darmanin, le principal suspect, arrivé en France il y a trois ans alors qu'il était mineur, avait déjà été arrêté en juin en possession d'une arme blanche, un tournevis.

Pris en charge par l'aide sociale à l'enfance en région parisienne à son arrivée en France, il ne présentait aucun signe de radicalisation jusqu'à sa majorité, en août dernier.

Présenté comme itinérant de sources concordantes, deux de ses domiciles présumés ont été perquisitionnés vendredi, un hôtel social à Cergy et un autre à Pantin, dans la banlieue nord de Paris.

Cinq hommes qui se trouvaient dans ce dernier domicile présumé ont été placés en garde à vue vendredi après-midi et un sixième vendredi dans la soirée, un ancien colocataire du principal suspect quand il résidait dans l'hôtel social à Cergy, ce qui portait à sept le nombre de gardes à vue samedi matin.

À Pantin, les voisins du suspect l'ont décrit comme un jeune homme discret et poli.

Un Algérien de 33 ans, rapidement interpellé près des lieux de l'attaque, a été quant à lui relâché vendredi soir, mis hors de cause, selon une source judiciaire.

Sur Twitter, son avocate Me Lucie Simon a évoqué un jeune homme héroïque qui a tenté d'arrêter l'assaillant.

L'attaque de vendredi est survenue pendant le procès des complices des frères Kouachi, qui ont tué 12 personnes le 7 janvier 2015, ouvrant une séquence noire de trois jours. Le lendemain, un autre djihadiste, Amédy Coulibaly, tuait une policière en banlieue parisienne, puis quatre hommes de confession juive dans l'attaque d'un magasin casher à Paris. Tous trois ont été abattus dans deux opérations distinctes le 9 janvier.

Depuis la vague d'attentats djihadistes sans précédent amorcée en 2015 en France et qui a fait 258 morts, plusieurs ont été perpétrés à l'arme blanche, notamment à la préfecture de police de Paris en octobre 2019 ou à Romans-sur-Isère (sud) en avril dernier.

M. Darmanin a reconnu que la menace contre la rue Nicolas Appert, où a eu lieu l'attaque, avait été sous-évaluée.

De son côté, Luc Hermann, codirigeant de Premières Lignes, a déploré le fait que depuis le démarrage du procès de Charlie Hebdo, il n'y a eu absolument aucune sécurisation de cette rue et de cet immeuble symboliques.

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