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Justin Trudeau appelle les pays de l’ONU à réparer un « système brisé »

Justin Trudeau dans son bureau.

Le premier ministre Justin Trudeau s'adressant à l'Assemblée générale de l'ONU depuis son bureau à Ottawa.

Photo : Organisation des Nations unies

Radio-Canada

Le premier ministre Justin Trudeau a exhorté les membres des Nations unies à redresser les institutions internationales pour qu'elles recommencent à accomplir ce pour quoi elles ont été créées. Dans un discours préenregistré présenté vendredi dans le cadre de la 75e Assemblée générale, il s'est livré à un plaidoyer sans ambiguïté en faveur du multilatéralisme.

De prime abord, M. Trudeau a affirmé que le monde est en crise, pas juste depuis ces derniers mois et non en raison de la COVID-19. Il a fait remonter la crise aux dernières décennies et identifié les responsables : nous.

Pour lui, la situation actuelle est un avertissement que nous ne pouvons pas ignorer.

Le premier ministre du Canada a évoqué l’état du monde dans les années 1930 et40 avec la ruine des économies, des systèmes de gouvernement en miettes et des millions de morts. Cette situation a conduit à la mise en place des institutions multilatérales comme les Nations unies et la Banque mondiale et le FMI.

Selon M. Trudeau, ceux qui ont été à l’origine de cette démarche ont jeté les bases d'un ordre international fondé sur des règles grâce auxquelles nous avons connu une période de prospérité commune sans précédent durant la seconde moitié du 20e siècle.

Ces systèmes ont été efficaces les 50, 60, 70 ans passés. Mais aujourd’hui, toutes ces institutions ne nous servent plus aussi efficacement dans ce pour quoi elles ont été créées : défendre le multilatéralisme et le droit international, la protection des droits de la personne et l’ouverture des marchés, a-t-il dit.

Le premier ministre a affirmé que la crise de la COVID-19 a montré que les choses doivent changer et pas seulement au niveau mondial, mais aussi à la maison.

Prendre soin des plus vulnérables

Justin Trudeau a accusé les insuffisances des systèmes quand vient le temps de protéger les plus vulnérables, comme les personnes âgées qui meurent dans un établissement de soins de santé ou les sans-abri pour qui chaque soir est une lutte.

Nous n’allons pas assez loin pour éliminer l’injustice systémique, qu’il soit question de racisme envers les Noirs ou les Autochtones, d’homophobie ou de sexisme, a-t-il souligné.

Dans les difficultés de nos citoyens, nous pouvons voir les échecs de nos institutions, de notre monde.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

M. Trudeau a également plaidé la cause des enfants du monde et réclamé qu’ils soient nourris et qu’ils puissent aller à l’école.

Si nous ne le faisons pas, les conséquences seront désastreuses, a-t-il affirmé.

Justin Trudeau a indiqué que la pandémie et les crises qu’elle a mises en lumière ne constituent même pas notre plus grande menace.

Selon lui, la crise climatique à laquelle le monde fait face est due à notre incapacité collective, ces dernières décennies, de prendre des décisions difficiles et de faire les sacrifices nécessaires pour lutter contre le changement climatique et sauver les générations futures.

La pandémie n’a rien changé. Nos échecs collectifs ont continué. Nos citoyens sont en train de payer le prix.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Changer le cours des choses

Une nouvelle façon de réfléchir est nécessaire pour le climat, pour les inégalités, pour la santé, d'après lui.

M. Trudeau a attribué cette situation au fait, notamment, qu’il y a peu de conséquences pour les pays qui ignorent le droit international. Il a illustré son propos en évoquant l’empoisonnement de figures de l’opposition ou les instruments Internet de désinformation utilisés pour déstabiliser les démocraties, sans jamais mentionner directement la Russie.

Le système est brisé, a-t-il dit.

Selon le premier ministre Trudeau, le monde a l'occasion de changer le cours des choses. Pour lui, le seul moyen de réaliser ce changement est de le faire ensemble, en nous défendant les uns les autres, quelles que soient les lignes dessinées sur des cartes, a-t-il dit.

Un avenir en meilleure santé, plus propre, plus égalitaire, ne peut pas être que le privilège de quelques chanceux. Nous devons tous y avoir droit.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Justin Trudeau a convenu que le Canada n’est pas un pays qui peut faire bouger bien des choses dans ces grands dossiers internationaux. Comme tant d'autres, nous sommes soumis aux caprices des superpuissances, a-t-il dit, en soulignant toutefois que les Canadiens ne sont pas seuls.

Au lieu de croiser les doigts en espérant que les grandes puissances comprennent, voyons ce que nous pouvons faire et faisons la différence ensemble, a-t-il plaidé.

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