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Jules Burnotte, l’électron libre parmi les fondeurs

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Jules Burnotte en entrevue

Le biathlète Jules Burnotte passe difficilement inaperçu au Centre national d'entraînement Pierre-Harvey.

Photo : Radio-Canada / Steve Breton

Devenu le premier biathlète à joindre les rangs du Centre national d’entraînement Pierre-Harvey, cet été, Jules Burnotte détonne parmi les fondeurs de Saint-Ferréol-les-Neiges. Ce n’est rien pour le déstabiliser. Même dans son sport, le natif de Sherbrooke est un athlète singulier.

Loin de l’époque de Myriam Bédard, les biathlètes québécois sont rares parmi l’élite canadienne. Pour Jules Brunotte, qui entamera cet hiver sa 3e saison sur le circuit de la Coupe du Monde, cela laissait deux options, en saison morte. S’entraîner en solitaire ou aller rejoindre ses coéquipiers de l’équipe nationale à Canmore, en Alberta.

Ça me tentait de rester chez nous, au Québec. Déjà qu’on passe l’hiver à voyager. On passe cinq mois par année en Europe. On n’est pas dans notre langue, relate-t-il.

L’hiver dernier, son nouvel entraîneur à Biathlon Canada, Justin Wadsworth, a eu une idée. Wadsworth, un ancien entraîneur de l’équipe canadienne de ski de fond, a demandé une faveur à son ancien collègue Louis Bouchard, entraîneur-chef du Centre national d’entraînement Pierre-Harvey (CNEPH). Accueillir Jules Burnotte parmi son équipe de fondeurs.

Un mariage réussi

Bouchard assure qu’il s’est facilement laissé convaincre. Je pense que Jules avait besoin d’un groupe comme le nôtre. Il aime vraiment ça. S’entraîner seul, plus t’avances dans ta carrière, plus c’est difficile.

Jules Burnotte s'apprête à tirer

Jules Burnotte continue de s'exercer au tir au Centre national Myriam-Bédard, à Valcartier.

Photo : Radio-Canada / Steve Breton

Après quelques mois d’entraînement, le mariage semble un succès. Burnotte s’entraîne au tir en solo ou sous la tutelle de l’entraîneur de l’équipe de Québec, Jean-Philippe Le Guellec, à la base militaire de Valcartier. Pour le reste, il suit sensiblement le même programme que ses coéquipiers fondeurs. Une recette gagnante, estime-t-il déjà, à l’aube d’une saison qui lui permettra de mieux se mesurer à l’élite mondiale de sa discipline.

Le ski de fond, ce n’est pas tout à fait le même sport, mais il y a quand même la moitié qui est exactement pareille. La portion ski de fond au pas de patin. Pour moi c’est une super avancée d’enfin pouvoir m’entraîner avec une bonne gang de gars, lance-t-il.

Devenu biathlète par hasard

D’ailleurs, Jules Burnotte avait d’abord commencé le ski de fond, à 10 ans, avant de faire la transition au biathlon un peu par hasard. J’étais inscrit au club de ski de fond au mont Orford. C’était à une demi-heure de route de chez nous. Mes parents trouvaient ça trop loin et il y avait un club de biathlon à cinq minutes de chez nous. C’est comme ça que j’ai commencé.

Des parents amateurs de plein air, mais pas du tout compétitifs, mentionne-t-il. Rien ne le prédestinait à une carrière de sportif de haut niveau.

S’il se retrouve une douzaine d’années plus tard sur le circuit de la Coupe du Monde, avec de réelles chances de participer aux Jeux olympiques, l’étudiant en philosophie des enfants semble garder une perspective un peu différente vis-à-vis sa carrière.

S’entourer de commanditaires responsables

L’automne dernier, le jeune homme de 23 ans a osé discuter publiquement des contradictions entre son sport et certaines de ses valeurs. Allant du lobby des armes à feu, très présent en biathlon, aux commandites de pétrolières et aux nombreux voyages en avion durant la saison.

S’il dit avoir appris, depuis, à tenir sa langue sur certaines questions, Jules Burnotte n’a visiblement pas arrêté d’y réfléchir, notamment en ce qui a trait aux enjeux climatiques.

Jules Burnotte pose à côté d'une automobile Communauto.

Jules Burnotte s'est récemment associé avec Communauto.

Photo : Jules Burnotte

On fait du ski-là. On le voit, d’année en année, qu’il y a moins de neige. Je pense qu’on a un très grand public qui nous suit et qu’on peut se donner une responsabilité, si on le souhaite, de choisir des commanditaires responsables.

C’est dans ce contexte que le nouveau venu au CNEPH a récemment annoncé un partenariat avec l'entreprise d’autopartage Communauto. Pouvoir promouvoir une alternative à la possession d’une voiture solo, pour moi, c’est quand même un grand pas dans mon développement personnel.

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