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Le reconfinement fait peur aux personnes autonomes vivant en résidence privée

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La façade de la résidence pour aînés

Plusieurs aînés autonomes vivant dans des résidences privées craignent le retour d'un confinement appliqué à l'ensemble des personnes âgées. Regardez le reportage d'Anne-Louise Despatie.

Photo : Radio-Canada

Le confinement dans leur appartement pendant des semaines a laissé de mauvais souvenirs aux aînés qui habitent dans une résidence privée. Certains ont même décidé de déménager parce qu'ils craignaient un reconfinement avec la deuxième vague qui s'amorce.

C'est le cas de Francine Demers et Richard Labossière qui, à 65 et 70 ans respectivement, ont décidé de quitter la résidence dans laquelle ils vivaient depuis trois ans. Plus que les activités et les services, qu'ils appréciaient, c'est la liberté de circuler qui leur importe.

Ça n'a pas été facile. Les gens ont été confinés dans leur appartement pendant cinq semaines [...]. Pas le droit de sortir, explique Richard Labossière.

Sa conjointe ajoute qu'elle ne veut pas dépendre de ses proches pour l'épicerie et les courses. Au contraire, elle se dit capable de garder ses petits-enfants, pour aider sa fille en temps de crise sanitaire.

Plus question d'être propriétaires comme avant, mais le couple a trouvé un logement traditionnel qui leur permettra de décider eux-mêmes s'ils souhaitent s'isoler ou pas.

Si j'avais eu 80 ou 85 ans, j'aurais été heureux de me sentir en sécurité, mais à 70 ans, je trouve ça difficile.

Richard Labossière

Le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) reconnaît que les mesures de confinement imposées par le ministère de la Santé n'ont pas été faciles à vivre.

Cependant, cela a permis de limiter la circulation du coronavirus et d'éviter une crise comme celle des CHSLD. Le Groupe Sélection, qui compte 43 résidences privées au Québec, estime que 99 % des résidents ont ainsi été à l'abri de la COVID-19.

Le confinement a néanmoins été difficile pour le moral des personnes autonomes contraintes à rester chez elles pendant toutes ces semaines.

Prioriser les « plus fragiles »

Au printemps, le président-fondateur du Groupe Maurice, Luc Maurice, suivait de près la situation dans ses 31 résidences.

Dans les trois dernières semaines du confinement, je sentais les gens dépérir de semaine en semaine, mentalement et physiquement. C'était terrible. Il fallait que ça cesse rapidement, dit-il.

M. Maurice estime que les résidents craignent davantage le reconfinement que la COVID-19. C'est que la majorité des personnes vivant en RPA (résidences privées pour aînés) sont autonomes. Sur les quelque 150 000 résidents, environ 20 000 sont en perte d'autonomie; Luc Maurice estime que dans une deuxième vague, les mesures devraient surtout viser les résidents les plus fragiles.

Alors ces 20 000 personnes-là, faisons une réglementation qui soit convenable, qui protège ces gens-là sans tuer à petit feu les autres. Et je pense qu'on a appris beaucoup, collectivement. Il faut, par tous les moyens, que le secteur public, la santé publique et nous [les RPA] fassent tout pour ne pas aller dans une autre vague de confinement, dit-il.

M. Maurice estime que les leçons du printemps vont profiter à tous et qu'à l'avenir, toutes les mesures devraient être adaptées au degré d'autonomie des résidents plutôt qu'à leur âge. Travaillons davantage sur les gens qui ont besoin de beaucoup de soins : les CHSLD, les ressources intermédiaires, les unités de soin, et non pas les appartements. C'est clair qu'on est beaucoup plus outillé qu'on l'était au printemps, ajoute-t-il.

Il cite aussi en exemple les six résidences ayant détecté un cas positif dans les deux derniers mois. On a réussi, sans confinement, à régler le problème rapidement, souligne Luc Maurice.

Perte de services

Le confinement a engendré une vague de plaintes à la FADOQ – le plus grand organisme d'aînés au pays –, sur l'âgisme et sur les libertés brimées. Les résidences privées pour aînés (RPA) ne sont pas des CHSLD, mais des milieux de vie qui regroupent des personnes identifiées comme étant vulnérables à la COVID-19 par la Direction de la santé publique.

Si le directeur général du Réseau FADOQ, Danis Prudhomme, dit fort bien comprendre les frustrations des résidents dans cette crise sanitaire sans précédent, il estime qu'il faut se préoccuper aussi des aînés qui ne vivent pas en résidence privée.

Cela représente environ 85 % des aînés québécois et, au printemps, plusieurs ont subi une baisse de services de maintien à domicile. Lors d'un sondage auprès de nos membres en mai, 72 % des répondants ont dit avoir perdu des services pendant le confinement et, pour le quart d'entre eux, la diminution de soins à domicile a affecté leur état de santé, conclut M. Prudhomme.

Les résidences privées pour aînés au Québec

Il existe 1745 résidences privées pour aînés au Québec, qui accueillent 131 140 résidents. Depuis le début de la pandémie, 3705 cas de COVID-19 ont été confirmés dans des RPA.

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