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Les Autochtones demandent un plein accès au marché du homard

Le chef Michael Sack demande à ce que les acheteurs non autochtones puissent acheter le homard pêché par des Autochtones.

Drapeau mi'kmaq hissé au mât d'un bateau.

Drapeau mi'kmaq hissé au mât d'un bateau de pêche au homard à Saulnierville, en Nouvelle-Écosse, le 24 septembre 2020.

Photo : CBC / Robert Short

Radio-Canada

En Nouvelle-Écosse, la Première Nation de Sipekne'katik continue ses démarches pour mettre en place sa propre industrie de pêche autogérée.

Michael Sack, le chef de cette communauté, a demandé vendredi au gouvernement de la Nouvelle-Écosse de permettre aux pêcheurs mi’kmaq qu’il représente de vendre leurs captures aux acheteurs locaux.

Michael Sack a interpellé directement le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, et le ministre provincial des Pêches, Keith Colwell, pour réclamer des modifications à la loi.

Il aimerait que l’on permette aux Autochtones de vendre dans la province les prises réalisées lors de leurs activités de pêche pour but de subsistance modérée, un droit de pêche que leur confère la décision Marshall rendue par en 1999 par la Cour suprême du Canada.

« Bénéfices mutuels »

Selon M. Sack, cela permettrait des bénéfices mutuels, des deux côtés. Il ajoute qu’une réconciliation ne peut avoir lieu sans un plein accès au même marché commun.

L’impossibilité des acheteurs de Nouvelle-Écosse à participer à nos pêcheries leur est préjudiciable. C’est aussi une atteinte à notre droit constitutionnel à gagner notre vie, écrit le chef Michael Sack dans sa lettre au premier ministre McNeil et au ministre Colwell.

Mike Sack sur le quai.

Mike Sack, chef de la Première Nation de Sipekne'katik, le 19 septembre 2020 à Saulnierville en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Jeorge Sadi

Vendredi à Saulnierville, dans la baie Sainte-Marie, plusieurs bateaux de pêche commerciaux non autochtones étaient présents. On remarquait que la Garde côtière canadienne effectuait une surveillance des lieux par bateau et par hélicoptère.

Les représentants des pêcheurs commerciaux n’ont pas voulu commenter directement l’appel du chef mi’kmaq. Luc LeBlanc, l'un des porte-paroles de l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM), affirme que les associations de pêcheurs sont ouvertes à plusieurs options.

Le bureau de la ministre fédérale des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Bernadette Jordan, dit que les discussions amorcées avec la Première Nation de Sipekne'katik allaient se poursuivre la semaine prochaine. On dit aussi être en communication avec des représentants de l’industrie de la pêche commerciale.

La ministre dit que ses priorités sont d’assurer la sécurité sur l'eau et de travailler avec les Premières Nations pour mettre en œuvre leurs droits issus de traités.

La négociation plutôt que les tribunaux

Robert Thibault, ancien député de Nova-Ouest, en Nouvelle-Écosse, qui fut aussi ministre fédéral des Pêches durant 23 mois en 2002 et 2003, estime que la négociation est de loin la meilleure voie à suivre.

Pour M. Thibault, la dernière chose à faire est de retourner devant les tribunaux, car tout le monde aurait quelque chose à y perdre, à son avis. Lorsqu’on a recours au litige, on peut avoir des conséquences inattendues pour les deux côtés, affirme l’ancien député.

La ministre [Bernadette Jordan] a entièrement raison d'inviter les gens à négocier, dit M. Thibault.

L'ancien ministre des Pêches et des Océans, Robert Thibault, est maintenant porte-parole de la Coalition des acheteurs de homard de l'ouest de la Nouvelle-Écosse.

L'ancien ministre Robert Thibault en 2017.

Photo : Radio-Canada / CBC

Il faut commencer par les négociations, par inviter les gens à une table ronde pour discuter de ces questions-là, poursuit-il. Que les communautés autochtones connaissent leurs risques, que les pêcheurs commerciaux connaissent leurs risques, qu’ils essaient de trouver des intérêts en commun et qu’on commence par là.

Y a-t-il une place pour une pêche autoréglementée autochtone? [...] Je pense que les scientifiques diraient probablement que oui. Ça doit certainement être réglementé et surveillé, et négocié, dit Robert Thibault.

Les pêcheurs mi'kmaq ne nuisent pas aux stocks de homard, selon une experte

Une pêche au homard menée par des Autochtones au large des côtes du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse n'est pas la grande menace environnementale décrite par certains, selon une experte des pêches.

La pêche lancée par la Première Nation de Sipekne'katik dans la baie Sainte-Marie ne risque pas de nuire aux stocks de crustacés de la région, selon Megan Bailey, professeure au programme des affaires maritimes de l'Université Dalhousie, à Halifax.

Deux hommes chargent des casiers à homard vides dans une camionnette.

Pêcheurs mi'kmaq à Saulnierville, en Nouvelle-Écosse, en septembre 2020.

Photo : CBC / Robert Short

L'ampleur de la pêche de subsistance telle qu'elle existe actuellement, avec 350 pièges, n'est pas un problème de conservation, affirme Mme Bailey. Avec 350 pièges, si vous multipliez cela par dix, je ne pense toujours pas que ce serait un problème.

La fin de semaine dernière, des pêcheurs non autochtones ont retiré de l’eau les casiers à homard des pêcheurs mi’kmaq. La Première Nation de Sipekne'katik parle de 350 pièges à homard retirés de l'eau. Ils affirment que les pêcheurs commerciaux ont aussi vandalisé leur équipement et leurs bateaux.

Deux groupes de gens brandissant des drapeaux et quelques policiers entre les deux.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un groupe de personnes soutenant les pêcheurs autochtones à gauche et un groupe de pêcheurs commerciaux à droite sont séparés par des policiers, le 20 septembre 2020 au quai de Saulnierville en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Taryn Grant

Colin Sproul, président de l'Association des pêcheurs côtiers de la baie de Fundy, a aidé à retirer les pièges. Il a déclaré que la saison de pêche au homard dans la baie Sainte-Marie ne commence que le dernier lundi de novembre afin de permettre aux animaux de se reproduire et de s'assurer que leurs stocks ne sont pas épuisés.

Il y a un millier de bateaux de pêche commerciale qui remontent plus ou moins 350 pièges chaque jour entre novembre et mai, affirme la professeure Megan Bailey. La pêche au homard de la Première Nation de Sipekne'katik, avec sept permis de pêche pour 350 pièges, équivaut donc à peu près à l'un de ces bateaux commerciaux.

Mme Bailey a travaillé avec des pêcheurs mi'kmaq et commerciaux pour ses cours à l'université et a déclaré que la plus grande préoccupation des deux côtés venait d'un manque d'action du gouvernement fédéral.

Aucune des deux parties ne diabolise le secteur de la pêche, qu'il soit autochtone ou non autochtone. C'est vraiment de la transparence et du leadership de la part du gouvernement qui sont nécessaires, déclare Megan Bailey.

Avec des renseignements d'Olivier Lefebvre, de Nicolas Steinbach, de La Presse canadienne et de CBC

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