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Cloués au sol, des snowbirds cherchent un nid à l’épreuve de l’hiver

Ils ont l'habitude de passer la moitié de l'année dans le sud, mais bien des snowbirds doivent revoir leurs plans à cause de la pandémie.

Le pas d'une roulotte, avec un autre véhicule récréatif en arrière-plan.

Les feuilles commencent à tomber et les « snowbirds » coincés au Canada devront bientôt quitter leurs roulottes pour trouver un nid à l'épreuve de l'hiver.

Photo : Radio-Canada / Olivier Periard

La frontière canado-américaine est toujours fermée et les campings britanno-colombiens commencent à être pleins. Des milliers de vacanciers saisonniers qui n’ont que leur véhicule récréatif pour maison doivent maintenant se résoudre à affronter quelque chose qu’ils n’ont pas vu depuis longtemps : l’hiver.

C’est une journée ensoleillée au Camping de Leduc Lions, non loin d’Edmonton, mais qui ne suffit pas à faire oublier ce que le vent et les feuilles vermeilles annoncent : l’hiver approche.

À Yuma, aujourd’hui, il fait 38 degrés, soupire un campeur en manches courtes, du pas de sa maison motorisée.

Yuma, en Arizona, c’est là que bien des campeurs se dirigeraient normalement dans les prochaines semaines. Alors que la pandémie continue de faire des siennes, ils doivent cependant changer leurs plans.

Il y a beaucoup de gens qui sont dans un genre de zone grise. Personne n’est vraiment sûr de ce qu’il fait, observe la gérante du camping, Tamara Carmichael.

Bud et Tamara Carmichael posent devant leur habitation.

Bud et Tamara Carmichael

Photo : Radio-Canada / Mirna Djukic

Elle et son mari, Bud Carmichael, sont également des snowbirds. Ils se préparent à passer les prochains mois dans la petite maison mobile près du bureau central où ils travaillent durant l’été.

Je ne suis pas ravie d’affronter le froid, mais je me sens plus en sécurité ici en ce moment que si je prenais la route vers les États-Unis, confie Tamara.

La maison mobile qu’ils habitent est en fait un vieux véhicule récréatif modifié, certainement pas fait pour être habité en hiver.

Bud et des amis ont commencé à cloisonner les fenêtres, et à recouvrir le dessous du véhicule avec un revêtement isolant. Des travailleurs municipaux doivent aussi venir modifier le système de tuyauterie pour l’empêcher de geler dès que le mercure descend sous zéro.

De grandes bonbonnes de propane et du matériel servant à isoler les bâtiments sont posés sur le mur d'une maison.

Tamara et Bud Carmichael feront des travaux sur leur habitation afin de la préparer pour l'hiver et ainsi y passer la saison froide.

Photo : Radio-Canada / Mirna Djukic

Cette solution n’est certes pas idéale, mais, explique Tamara, c’est mieux que de se retrouver techniquement sans-abri. Ils ont déjà prépayé leur loyer en Arizona, où les attend leur propre VR.

Ça nous laisse dans une position où on paierait notre loyer en double. On n’a juste pas ce genre d’argent, dit Tamara Carmichael.

Elle et son mari comptent rester au camping au moins jusqu’en décembre, mais quand les grands froids de janvier commenceront, ils ne savent pas encore ce qu’ils feront.

Ils chercheront peut-être refuge chez une membre de leur famille en Colombie-Britannique. Ils gardent aussi espoir que la situation se sera calmée aux États-Unis, et qu’un voyage à ce moment sera envisageable.

Cinq mois au motel

Terry Shumaker, un autre campeur, a lui aussi pensé à passer l’hiver dans son spacieux véhicule motorisé, quelque part en Colombie-Britannique.

Il y a cependant renoncé, d’une part parce qu’il fallait se décider très rapidement, avant que tous les terrains soient réservés, et d’autre part, parce que même là-bas, les températures hivernales tournent autour des -5 à -10 degrés Celsius.

Je n’ai jamais testé mon véhicule à ces températures [...] et il y a toujours une chance que la tuyauterie gèle, explique-t-il.

Son VR prendra donc le chemin d'un entrepôt, et lui, celui d'un motel qui loue des chambres au mois.

Je vais peut-être m’acheter une lampe chauffante, un sac de sable et une barboteuse, mettre tout ça dans ma suite et en faire ma petite place estivale, lance-t-il.

C’est également la solution qu’a choisie Valerie Wise, quelques lots plus loin. Elle confie que certains de ses amis ont décidé de s’envoler vers les États-Unis, même si la frontière est fermée aux voitures et que les voyages restent déconseillés.

Pour elle, c’était hors de question.

J’ai des enfants, j’ai des petits-enfants. J’aime vivre, j’aime respirer ! Alors non, non, non. Je n’ai même pas pensé à retourner là-bas depuis que j’ai compris à quel point c’est sérieux, déclare-t-elle.

Valerie Wise pose devant sa caravane en compagnie de son chien.

Valerie Wise a décidé de se louer une chambre dans un motel jusqu'au mois d'avril afin d'avoir un endroit où vivre cet hiver.

Photo : Radio-Canada / Mirna Djukic

Au printemps dernier, alors qu’elle revenait en vitesse du Texas avant la fermeture de la frontière, elle dit avoir vu trop de gens faire le party, dans les campings, sans s’inquiéter des risques de contagion. Elle ne croit pas y retourner dans les prochaines années, et peut-être même jamais, à moins qu’il y ait d’énormes changements.

C’est juste trop stressant, dit-elle.

Des affiches à vendre décorent les fenêtres de quelques véhicules récréatifs non loin d’elle. Tamara Carmichael dit connaître plusieurs snowbirds plus âgés qui ont décidé de se poser pour de bon cette année.

Pour sa part, en attendant de pouvoir reprendre la route, elle tente de préparer psychologiquement son mari à son premier hiver en Alberta.

Il a grandi près de Vancouver, alors ça va être toute une expérience pour lui. Je l’ai averti, dit-elle avec humour.

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