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Louise Arbour appelle à la régularisation des migrants en situation d'irrégularité

Louise Arbour, lors du dévoilement de son étoile du Walk of Fame de Toronto en juin 2015.

Louise Arbour, lors du dévoilement de son étoile du Walk of Fame de Toronto en juin 2015.

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

Louise Arbour, ancienne juge et ex-représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour la migration internationale, propose une régularisation généralisée des personnes qui se trouvent au Canada en situation d'irrégularité. Elle évoque par exemple les migrants qui sont en attente d'un statut au Canada et les personnes dont le visa est arrivé à échéance et qui se trouvent encore en sol canadien.

On a une occasion unique de faire des choses que le Pacte mondial sur la migration recommande de faire, a estimé Louise Arbour dans le cadre d'une discussion publique qui s'est tenue à la mi-septembre à Frelighsburg, en Estrie. Il faut, a-t-elle plaidé, favoriser la mouvance migratoire régulière et essayer de mieux gérer la mouvance migratoire irrégulière, ce qu'on appelle souvent – et c'est scandaleux qu'on dise ça – les migrants illégaux.

Louise Arbour a affirmé qu'il est difficile de savoir combien de personnes pourraient être jugées comme étant en situation irrégulière au pays. On n'a pas de chiffres, a-t-elle dit. Il y en a qui sont peut-être là depuis un an ou deux. Il y en a qui sont peut-être là depuis la pandémie [...] Il y en a qui sont peut-être ici depuis 20 ans. Où sont-ils?

Il est temps, selon elle, de régulariser ces personnes, qu'on ne retrouve pas dans les statistiques officielles.

Ils sont dans l'économie informelle, ils sont au noir, a noté Mme Arbour.

Est-ce qu'ils contribuent? Certainement. Ils paient la taxe de vente comme tout le monde, ils paient des loyers, ils dépensent. Est-ce qu'ils paient de l'impôt? Dans certains cas, oui. Il y en a qui sont enregistrés sous des noms. La réalité, c'est qu'on ne sait pas il y en a combien.

Louise Arbour, ex-juge

On a toujours l'image des passeurs, des gens qui passent par des petits chemins à côté de Roxham [à Hemmingford] et on ne sait pas s'ils sont clandestins, a-t-elle regretté. La réalité, ce n'est pas ça. Il y en a, et c'est un très petit nombre, qui entrent dans un pays, y compris le Canada, de façon irrégulière.

La plupart de ces gens sont entrés au pays de façon régulière, mais sont détenteurs de visas qui ont expiré, a affirmé l'ex-juge.

Écoutez l'ex-juge Louise Arbour et l'artiste visuel Michel Huneault, qui a créé la série Roxham, dans le cadre du balado Question d'intérêt sur l'application Ohdio!

Est-ce que c'est dans notre intérêt de maintenir cette espèce d'économie informelle où on ne sait pas trop qui est là, alors que, dans le moment, on a besoin de main-d'œuvre? a demandé Louise Arbour, qui s'inquiète de la situation des personnes qui vivent dans l'économie informelle.

C'est un écosystème très propice à l'exploitation des gens qui n'ont pas de protection syndicale, qui ne peuvent pas avoir recours aux tribunaux, a-t-elle signalé. À quoi ça sert, de maintenir une population dont on ne connaît pas exactement l'existence dans une situation d'irrégularité?

Il faut saisir ce moment de l'histoire pour repartir le compteur à zéro, a dit croire Mme Arbour. C'est l'occasion rêvée, d'autant plus que, même s'ils levaient tous la main aujourd'hui et qu'on les comptait, on ne peut pas les retourner chez eux. On ne peut pas, dans certains cas, pour des raisons humanitaires : leur pays est en pleine pandémie, les frontières sont fermées.

Alors, on est dans une espèce de microclimat politique où faire un exercice de régularisation, sur le plan administratif, ce serait super! On élimine tous les délais, on fait tabula rasa, on met la maison en ordre, et là, on recommence du bon pied, a-t-elle proposé.

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