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737 MAX : le conseil d'administration de Boeing poursuivi en justice pour laxisme

Un avion Boeing 737 MAX en train de décoller de l'aéroport de Vancouver.

Des vols d'essai ont débuté pour le 737 MAX, après que les avions eurent été cloués au sol à la suite de deux écrasements.

Photo : ben nelms/cbc / Ben Nelms

Agence France-Presse

Des actionnaires de Boeing ont déposé une plainte accusant les membres du conseil d'administration – dont l'actuel patron David Calhoun et son prédécesseur Dennis Muilenburg – et d'autres dirigeants de ne pas avoir pris toutes les mesures nécessaires pour empêcher la crise du 737 MAX qui fragilise l'avionneur depuis plus d'un an.

La plainte, consultée vendredi par l'AFP, a été déposée en juin devant un tribunal du Delaware avant d'être actualisée en septembre.

Les plaignants reprochent aux membres du conseil, instance censée superviser la direction, de ne pas avoir mis en place des outils permettant d'évaluer et de contrôler la sécurité du 737 MAX avant les deux accidents mortels ayant conduit à son interdiction de vol partout dans le monde en mars 2019.

Ils évoquent par exemple l'absence d'un comité dédié à la sécurité ou d'un système de lanceur d'alerte.

Les membres du conseil d'administration n'ont, dénonce la plainte, aucune excuse pour ne pas s'être assuré de la sécurité de l'appareil, surtout dans la mesure où ils ont été, à plusieurs reprises, alertés de problèmes concernant la conception, la fabrication et la commercialisation d'autres avions de la compagnie.

Boeing dément

Ces accusations sont fermement contestées par Boeing.

Comme on peut s'y attendre [...] dans une action en justice comme celle-ci, la plainte présente une version partiale et trompeuse des faits des activités de Boeing et de son conseil d'administration pendant la période incriminée, a déclaré un porte-parole de l'entreprise.

Les poursuites sont sans fondement, et Boeing va s'employer à faire rejeter la plainte d'ici la fin de l'année, a-t-il ajouté.

Le Wall Street Journal, la bible des milieux d'affaires américains, était le premier grand média à évoquer cette plainte vendredi.

Pour appuyer leurs accusations, les plaignants, soutenus par les responsables des fonds de pension des fonctionnaires de l'État de New York et des pompiers et policiers de l'État du Colorado, présentent des documents internes de l'entreprise. Certaines parties en sont largement censurées pour des raisons de confidentialité.

Les membres du conseil d'administration et les dirigeants cités, comme le directeur financier Greg Smith, auraient failli à leur devoir en ne faisant pas suffisamment d'efforts pour s'assurer de la sécurité des avions de Boeing.

Remboursement réclamé

Les plaignants demandent en conséquence que les membres du conseil et les dirigeants montrés du doigt remboursent à Boeing les pertes financières générées par leur manque de supervision ainsi que toutes les rémunérations reçues dans le cadre de leurs fonctions.

Pour les écrasements de Lion Air en octobre 2018 et d'Ethiopian Airlines en mars 2019, qui ont fait 346 morts au total, Boeing fait déjà l'objet de diverses enquêtes des autorités et de plaintes de familles des victimes.

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