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Des sikhs dénoncent une politique de masques de la GRC

Un agent de la GRC tient un masque sur son visage.

Les agents de la GRC qui travaillent en première ligne doivent obligatoirement porter un masque de type N95.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Radio-Canada

Des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de confession sikhe dénoncent une politique du corps policier sur le port du masque, la jugeant discriminatoire.

Depuis le 19 mars, la GRC exige que ses agents de première ligne portent un masque médical respiratoire N95 bien ajusté. Dans une note interne, la commissaire Brenda Lucki indique que l'une des causes les plus courantes en cas d'ajustement inadéquat est la barbe.

Des membres de la GRC sikhs et musulmans, qui se laissent pousser la barbe pour des motifs religieux, ont depuis été affectés à des tâches administratives ou ont démissionné, soutient le conseiller juridique de l'Organisation mondiale des sikhs, Balpreet Singh.

Le fait est que cela a été autorisé pendant près de six mois. Pour moi, cela met en évidence un problème plus important, soit celui de ne pas comprendre la nécessité de s'adapter aux besoins des employés, dit-il.

Bill Blair, en gros plan, sur fond noir.

Le ministre de la Sécurité publique Bill Blair a réagi vendredi aux doléances de l'Organisation mondiale des sikhs.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Réaction d'Ottawa

Le ministre Blair a réagi vendredi par communiqué. Tous les agents doivent avoir les mêmes chances d'offrir des services à leur communauté tout en pratiquant leur foi, écrit-il. Ils ne doivent pas subir de discrimination fondée sur la religion.

La Fédération de la police nationale, qui représente 20 000 membres de la GRC à travers le pays, estime que la directive est inutilement vaste et contraire aux obligations de la GRC en matière de droits de la personne.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

La politique fédérale dicte les règles

Le Service de police de Vancouver n’a pas de politique semblable à celle de la GRC, affirme la porte-parole Tania Visintin. L’organisation consulte des experts médicaux pour trouver des moyens d’assurer la sécurité des agents portant la barbe.

Or, la GRC se dit différente des autres corps policiers, puisque ses politiques sont dictées par le Code canadien du travail et le Règlement canadien sur la santé et la sécurité au travail, qui exigent un visage rasé de près pour une bonne utilisation des masques N95.

En vertu de la législation actuelle, la GRC n'a pas le pouvoir de modifier les règles, soutient l’agente des Services nationaux des communications de l'organisation, Caroline Duval.

La médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, la Dre Bonnie Henry, en conférence de presse.

Le masque N95 devrait être porté par le personnel médical, estime la médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, la Dre Bonnie Henry.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Pas nécessaire, dit la Dre Henry

Questionnée à ce sujet lors d’un point de presse, jeudi, la médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry, a affirmé que les masques respiratoires de type N95 ne sont pas nécessaires pour la majorité des forces de l'ordre.

Il y a très peu de cas où un policier aurait besoin de porter un masque respiratoire.

Ces derniers devraient être portés lorsqu'on prodigue des soins à une personne souffrant d'une maladie respiratoire comme la tuberculose ou la COVID-19, ou encore lors d'une procédure médicale invasive comme l'intubation.

Avec les informations de Meera Bains

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