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Les ventes de véhicules en pole position de la relance économique

Gros plan sur la roue d'une voiture de marque Jaguar.

Les ventes de voiture ont augmenté de plus de 23 % entre février et juillet au Canada.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Dès la réouverture des concessionnaires automobiles, les Canadiens se sont rués pour acheter un véhicule. La demande a rebondi à une vitesse surprenante, au point où les ventes de voitures mènent, chaque mois, la reprise du commerce de détail du pays.

Signe de cette relativement bonne santé de la vente automobile, un concessionnaire Land Rover-Jaguar a ouvert ses portes la semaine dernière à Calgary. La métropole albertaine a pourtant le plus fort taux de chômage des municipalités canadiennes.

Le directeur général, Paul Valentine, dont la famille est dans ce type de commerce depuis trois générations, ne voyait pas de raisons de retarder ce projet sur lequel il travaillait depuis plusieurs années. Je planifie à long terme et je crois en la capacité de Calgary et de l’Alberta comme moteur économique, affirme-t-il.

Gros plan de Paul Valentine devant des voitures.

Le concessionnaire automobile Paul Valentine est persuadé que les ventes de véhicules vont continuer leur reprise.

Photo : Radio-Canada / Louise Moquin

Ce qu’il a observé dans son autre commerce de Volvo ne fait que le conforter dans sa décision.

Une reprise plus rapide que prévu

Dans les premières semaines de la pandémie, les ventes ont chuté considérablement. Avril a vu une dégringolade de 75 % des ventes de véhicules neufs au Canada par rapport à l’année précédente.

Depuis ce creux de vague, toutefois, le secteur a regagné du terrain, affichant une impressionnante hausse des ventes de 131 % entre avril et mai. Les augmentations mensuelles continuent, même si elles sont plus modérées.

La demande a chuté, mais pas autant que ce qu’on anticipait, et elle a repris plus vite que ce qu’on prévoyait.

Paul Valentine, concessionnaire automobile

La reprise a été si rapide qu’elle a pris de court certains fournisseurs de M. Valentine. Son commerce a dû ouvrir sans les Jaguars promises en attendant que les constructeurs automobiles européens rattrapent leur retard.

Selon Oumar Dicko, l’économiste en chef de la Corporation des détaillants automobiles du Canada, une grande partie de cette reprise peut s’expliquer par ce qu’il appelle la demande refoulée .

Tous les consommateurs qui n’ont pas pu acheter des véhicules pendant les mois de fermeture [...] sont tous retournés sur le marché en même temps, ce qui a contribué à la hausse de la vente de véhicules en ce moment, explique-t-il. Le printemps est habituellement une des deux saisons les plus achalandées des concessionnaires automobiles.

Des VUS Land Rover sont alignés.

Le marché des voitures de luxe est encore plus résistants aux hauts et bas de l'économie, selon M. Valentine.

Photo : Radio-Canada / Louise Moquin

Il a également observé l’apparition d’une nouvelle demande insufflée par les mesures de distanciation physique.

On a remarqué qu’il y a beaucoup de gens qui utilisent de moins en moins le transport en commun dans le but de se protéger contre les infections et, donc, ils se sont tournés vers les voitures individuelles, ajoute-t-il.

Le même phénomène aurait ainsi stimulé la croissance de la vente de vélos.

À partir de ses observations, Paul Valentine ajoute un autre facteur. Les restrictions en matière de voyages aériens et internationaux ont incité les gens à visiter leur région, ce qui a renforcé les arguments pour l’achat de voitures.

Un bon signal pour toute l'économie

Quelles qu'en soient les raisons, le signal est bon pour le reste de l’économie, selon le directeur de recherche de l’équipe d’économistes de la banque ATB, Rob Roach. Dans ce cas, le fait que les gens et même des entreprises achètent des véhicules montre qu’il y a un certain degré de confiance dans l’économie, explique M. Roach.

Différents modèles de voitures sont alignés pour la vente.

Le report des ventes du printemps a permis de stimuler les affaires de concessionnaires pendant l'été.

Photo : Radio-Canada / Louise Moquin

Comme tous les secteurs, toutefois, le caractère exceptionnel de la pandémie rend les prédictions difficiles. Une fois la demande refoulée assouvie, restera-t-il assez de souffle aux ventes automobiles?

Un avenir incertain

M. Roach note ainsi que le secteur a encore un peu de rattrapage à faire pour retourner au niveau de ventes de 2019.

L’économiste Oumar Dicko s’attend ainsi à une certaine stabilisation de la demande au moins jusqu’à l’année prochaine.

Au milieu des véhicules étincelants de son concessionnaire flambant neuf, Paul Valentine a confiance. Il croit que de nombreuses personnes au Canada ont encore différé l'achat d'une e voiture dans l’attente d’une amélioration des perspectives d’emploi.

Si les restrictions concernant les voyages continuent dans la nouvelle année, cela pourrait aussi lui amener de nouveaux acheteurs au printemps.

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