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Le cancer du poumon demeure le plus mortel en Atlantique

Modélisation par ordinateur de poumons atteints du cancer.

Le cancer du poumon est aussi l'un des types de cancer les plus diagnostiqués dans la région.

Photo : iStock

François Pierre Dufault

Le cancer du poumon demeure le type de cancer le plus mortel en Atlantique et l'un des plus diagnostiqués dans la région, selon un rapport spécial du Comité consultatif des statistiques canadiennes sur le cancer, en collaboration avec la Société canadienne du cancer et Statistique Canada.

Au cours de l'année 2020, les experts estiment que plus de 21 000 Canadiens, dont près de 2000 personnes dans les quatre provinces atlantiques, mourront d'un cancer du poumon.

Le taux élevé de décès attribuables au cancer du poumon reflète à la fois son taux élevé de diagnostic et son faible taux de survie, note le Rapport spécial de 2020 sur le cancer du poumon (Nouvelle fenêtre), rendu public plus tôt cette semaine. Un plus grand nombre de Canadiens meurent du cancer du poumon que des cancers colorectal, pancréatique et du sein combinés.

Le rapport est basé sur une estimation prévue du nombre de nouveaux cas et de décès en 2020, à partir de données recueillies par le Registre canadien du cancer jusqu'en 2015.

Données par province

Le cancer du poumon par rapport aux autres cancers

  • Nouvelle-Écosse : 24,6 % des cancers
  • Nouveau-Brunswick : 15,9 % des cancers
  • Île-du-Prince-Édouard : 15,5 % des cancers
  • Terre-Neuve-et-Labrador : 13,2 % des cancers

En Nouvelle-Écosse

Ainsi, le cancer du poumon devrait être le type de cancer le plus diagnostiqué et le plus mortel en Nouvelle-Écosse cette année, avec 1700 des quelque 6900 nouveaux cas de cancer projetés dans la province, et 810 des 2950 décès prévus.

La maladie demeurerait ainsi la troisième cause de cancer chez l'homme, derrière le cancer de la prostate et le cancer colorectal, et la deuxième cause de cancer chez la femme, derrière le cancer du sein.

Au Nouveau-Brunswick

Le tableau serait très semblable au Nouveau-Brunswick, où le cancer du poumon devrait représenter 830 des 5200 nouveaux cas de cancer dans la province, et 630 des 2110 décès attribuables à un cancer, selon les projections de Statistique Canada pour 2020.

À l'Île-du-Prince-Édouard

À l'Île-du-Prince-Édouard aussi, le cancer du poumon demeurerait le plus diagnostiqué et le plus mortel cette année, avec 155 des 990 nouveaux cas de cancer projetés dans la province, et 115 des 380 décès attribuables à un cancer prévus.

À Terre-Neuve-et-Labrador

Du côté de Terre-Neuve-et-Labrador, le cancer du poumon serait le deuxième type de cancer le plus diagnostiqué dans la province en 2020, derrière le cancer colorectal, mais demeurerait la première cause de mortalité par cancer, toujours selon Statistique Canada.

Sur 3850 nouveaux cas projetés de cancer, il est prévu que 510 personnes apprennent cette année qu'elles sont atteintes d'un cancer du poumon, et que la maladie soit responsable de 420 des 1630 décès attribuables à tous les cancers dans la province.

Ailleurs au Canada

À l'échelle nationale, il n'y a que le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest où les taux d'incidence et de mortalité du cancer du poumon sont plus élevés qu'en Atlantique, selon les données disponibles.

Il est toutefois impossible de brosser un portrait à jour de la situation au Québec, puisque la province, qui présente historiquement l'un des plus hauts taux de cancer du poumon au pays, ne soumet plus depuis 2011 ses données sur le nombre de cas diagnostiqués au Registre canadien du cancer.

Dépistage et taux de survie

Selon le rapport, c'est le dépistage tardif de la maladie qui plombe le taux de survie.

Environ la moitié de tous les cancers du poumon sont diagnostiqués au stade [...] où la survie nette est extrêmement faible, soit 5 % sur trois ans, indique le Rapport spécial de 2020 sur le cancer du poumon. En revanche, un peu moins de 10 % des cancers du poumon sont diagnostiqués au stade [...] où le cancer est relativement petit et où le pronostic sur trois ans est de 71 %.

Un médecin examine une patiente avec un stéthoscope.

La Société canadienne du cancer encourage le dépistage dit «opportuniste» (archives).

Photo : Université de Calgary

Le taux de survie au cancer du poumon est généralement plus élevé chez les femmes que chez les hommes, et ce, peu importe l'âge ou la province de résidence au moment du diagnostic.

Le Nouveau-Brunswick affiche l'un des meilleurs taux de survie après cinq ans parmi les provinces canadiennes, soit 20 %, alors que l'Île-du-Prince-Édouard se retrouve en queue de peloton, avec 12 %. Presque partout ailleurs au pays, le taux de survie après cinq ans varie entre 16 % et 18 %.

Afin d'améliorer les chances de survie des patients, la Société canadienne du cancer encourage le dépistage opportuniste, comme le font déjà certaines provinces, en plus des programmes organisés de dépistage.

Facteurs de risque

La principale cause du cancer du poumon au pays demeure le tabagisme, souligne le rapport.

Les politiques de sensibilisation au tabagisme et de lutte contre le tabagisme ont eu un effet majeur sur le cancer du poumon au Canada, indique le document. Malheureusement, l'utilisation élevée et croissante des cigarettes électroniques chez les jeunes pourrait compromettre les efforts de lutte contre le cancer en renormalisant possiblement le tabagisme.

Une main tient une cigarette.

Le tabagisme est la principale cause de cancer du poumon au Canada.

Photo : The Canadian Press / Pawel Dwulit

Selon les auteurs du rapport, les efforts déployés par certaines provinces, comme la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard, pour repousser l'âge légal d'utilisation de la cigarette électronique, restreindre les arômes des produits et en réduire l’accès pourraient contribuer à en atténuer les risques sur la santé.

Après le tabagisme, c'est l'exposition au radon, un gaz radioactif et de source naturelle qui est présent dans le sol et qui s'infiltre parfois dans les habitations, qui est la seconde cause de cancer du poumon au pays, selon la Société canadienne du cancer.

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