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Angèle Perrin Tousignant, la femme qui voit le français dans son avenir

Angèle est couchée sur une grosse pierre.

Angèle Perrin Tousignant dit avoir été traumatisée par l'apprentissage forcé de l'anglais à l'école. Elle a l'intention de retrouver bientôt une partie de son identité.

Photo : Angele Tousignant

Têtue. C’est le mot qu'Angèle Perrin Tousignant utilise souvent pour se décrire. C'est d’ailleurs ce trait de personnalité qui lui a permis de ne parler qu’en français jusqu’à la cinquième année dans le petit village de Duck Lake, en Saskatchewan. Ayant été forcée d’apprendre l’anglais, elle est aujourd’hui déterminée à se réapproprier une partie de son identité.

Au cours des années 1970, Angèle Perrin Tousignant refusait de parler en anglais. Elle préférait parler en français avec ses parents qui sont d’origine française, québécoise et métisse, ou encore en cri, une langue que la petite fille a apprise par elle-même ainsi qu’à l’école.

Angèle est enveloppée dans une couverture blanche dans les bras de son père.

Angèle Perrin Tousignant, bébé, dans les bras de son père à Duck Lake.

Photo : Angele Perrin Tousignant

La langue d’enseignement à l’école était l’anglais, mais, comme sa tante était son enseignante de la première jusqu’à la quatrième année, elle acceptait de lui répondre en français.

Toutefois, ce privilège lui a brusquement été retiré en cinquième année, lorsque les dirigeants de l’école ont informé la famille d’Angèle Perrin Tousignant qu’elle devait parler en anglais si elle ne voulait pas rater ses cours. La petite fille n’avait plus le choix.

Chaque fois que j'étais dans la pièce [mes parents] ne parlaient qu’en anglais parce que c’est ce que l’école leur avait dit de faire, explique Angèle Perrin Tousignant.

La jeune fille qu'elle était a eu beaucoup de difficulté à l’école. Elle a d’ailleurs été placée dans un groupe pour les jeunes ayant des difficultés d’apprentissage alors que son seul problème était, selon elle, de ne pas comprendre l’anglais.

Cette expérience traumatisante a laissé des séquelles, affirme Angèle Perrin Tousignant.

Pensez à un enfant qui parle juste en français et qu’on lui arrache ça de sa vie. Si je parlais en français ou si je demandais quelque chose en français, il y avait une fessée. Ce n’était pas juste, se souvient-elle.

Aujourd’hui, elle a peur de s’exprimer en français en raison de ce qu'elle a vécu à l’école.

Pour moi, c’est la peur. Quand j’ai arrêté de parler en français, c’était à un niveau d’un élève de cinquième année. J’étais un enfant. J’ai maintenant 53 ans!

Angèle Perrin Tousignant

L'éducation en français en Saskatchewan

La Loi scolaire de la Saskatchewan (ou School Act) de 1909 faisait de l'anglais la seule langue d'enseignement dans la province. L’enseignement du français était limité au départ, mais permis aux jeunes enfants.

Au fil des ans, différentes politiques sont venues limiter ou rendre tout simplement illégal l’enseignement du français dans les écoles en Saskatchewan.

L'éducation en français en milieu minoritaire a finalement été garantie par la Charte canadienne des droits et libertés, adoptée en 1982.

Or, c’est seulement en 1993 que les Fransaskois ont obtenu la possibilité de gérer leurs établissements scolaires. La communauté francophone en Saskatchewan a obtenu, un an plus tard, un financement public pour ses écoles.

Retrouver son identité au Québec

Angèle Perrin Tousignant, est convaincue qu’elle retrouvera une partie de son identité au cours des prochaines années. Elle pense que, d’ici deux ou trois ans, elle quittera la Saskatchewan pour aller habiter au Québec.

Une telle démarche lui permettra, selon elle, de retrouver sa langue natale, le français, en côtoyant de façon plus régulière la famille de son conjoint, qui est natif de Trois-Rivières. Elle compte également apprendre le michif et poursuivre l'apprentissage de la langue crie.

Un déménagement au Québec permettrait aussi à Angèle Perrin Tousignant de faire avancer sa carrière de clairvoyante, puisque, selon elle, l’industrie est plus développée dans l’est.

Je sais que, si je commence à me réapprivoiser le français et à redécouvrir cette partie de moi que j'ai mise de côté, les choses vont tout simplement débouler, conclut-elle.

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