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L'effet domino de la transmission communautaire

Le nombre d'employés en isolement en raison de la COVID-19 augmente dans les hôpitaux.

Du personnel hospitalier s'affaire dans tous les sens dans une grande tente érigée pour accueillir des patients atteints de la COVID-19.

Les travailleurs en isolement préventif sont de plus en plus nombreux.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La transmission communautaire de la COVID-19 met une pression indue sur le réseau de la santé. Au-delà de l'augmentation du nombre de malades à soigner, les travailleurs contraints à l'isolement sont aussi de plus en plus nombreux après des contacts à l'extérieur des hôpitaux.

Ils sont des dizaines de membres du personnel hospitalier à devoir s'isoler depuis la recrudescence de la pandémie dans la région de Québec. Ces personnes ont reçu un diagnostic positif au coronavirus ou représentent des cas suspectés.

Leur nombre augmente à mesure que les nouvelles contaminations de COVID-19 battent des records dans la région.

Ainsi, le nombre d'employés du CHU de Québec placés en isolement est passé de 43, le 18 septembre, à 67, vendredi, soit une semaine plus tard. À l'instar des cas actifs de COVID-19, ces données ne sont pas cumulatives et correspondent au nombre de travailleurs sur la touche pour une même journée.

Selon les observations de la direction du CHU de Québec, la situation semble liée à la transmission communautaire, qui est soutenue dans la Capitale-Nationale en cette deuxième vague de pandémie.

C'est vraiment ce qu'on constate. [...] Nos employés vivent dans la communauté, et oui, ont des contacts dans leurs familles et c'est comme ça que ça entre [dans les hôpitaux], explique Brigitte Martel, directrice des soins infirmiers au CHU de Québec. Ces gens-là sont retirés [de leur milieu de travail] et c'est là que ça vient nous faire mal.

Équilibre fragile

Pour l'heure, le portrait n'est pas particulièrement alarmant et il n'y a, dit-on, aucun impact sur l'offre de services du CHU de Québec. Une infime proportion des quelque 12 000 employés du réseau a dû s'absenter en raison d'un isolement.

Une éclosion de 5 cas de coronavirus a cependant été confirmée à l'hôpital du Saint-Sacrement.

Même en petit nombre ou de faible importance, ces imprévus accentuent la pression sur les équipes de gestion. On doit, tous les jours, venir ajuster la composition des équipes. Ça demande plus d'efforts de gestion et de concertation.

On est dans une situation fragile et on met tous les efforts pour maintenir l'équilibre actuellement.

Brigitte Martel, directrice des soins infirmiers, CHU de Québec

Brigitte Martel rappelle également que la COVID-19 peut réserver bien des surprises. On ne sait jamais ce qui va nous arriver. Parfois les choses se passent bien, parce que parfois les gens qu'on place en isolement ne développent pas la maladie.

Il ne suffirait que d'une flambée encore plus importante du virus, d'une transmission ou d'un cas au sein d'un secteur névralgique pour tout chambouler. Et à cet égard, c'est vraiment la contamination de la communauté qui risque le plus de nous perturber, soutient Mme Martel.

Elle invite donc la population à redoubler de vigilance et à prendre conscience que les travailleurs de la santé vivent au sein de la même communauté. La contamination communautaire, tout le monde peut agir là-dessus et ça nous aiderait beaucoup, plaide-t-elle.

Brigitte Martel, directrice des soins infirmiers au CHU de Québec

À l'instar du Dr Horacio Arruda, Brigitte Martel rappelle tous les jours les consignes de bases aux employés du CHU de Québec.

Photo : Radio-Canada

Entre employés

L'effet domino de la transmission communautaire peut ensuite se transposer en milieu hospitalier.

Si elle assure que ses milieux de soins sont sécuritaires pour la population, la direction du CHU de Québec a néanmoins constaté des risques de transmission de la maladie au sein de ses établissements. Notre vulnérabilité, ce sont nos employés entre eux, admet Brigitte Martel.

Les enquêtes épidémiologiques au CHU de Québec ont en effet permis de remonter à des comportements pouvant mener à une transmission de la COVID-19, ou à tout le moins à des isolements préventifs. Ces risques sont particulièrement présents lors des pauses, lors des repas et lors du covoiturage, a-t-on remarqué.

Des mesures de base comme la distanciation physique ou le port du couvre-visage sont parfois négligées dans les salles de repos et les aires communes.

Il y a encore certains glissements qui se font à certains égards.

Brigitte Martel, directrice des soins infirmiers, CHU de Québec

Comme le Dr Horacio Arruda le fait avec la population québécoise, la direction du CHU de Québec doit marteler le même message auprès de ses employés pour s'assurer que les consignes sont respectées.

Cela dit, Brigitte Martel tient à saluer leur travail. On est très reconnaissant envers notre personnel, qui est vraiment là pour nous aider. Il nous aide à trouver des solutions, insiste-t-elle.

Le cas de l'IUCPQ

Toutes proportions gardées, le bond le plus important des isolements a été observé cette semaine à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ). En 24 heures, de jeudi à vendredi, le nombre d'employés sur la touche est passé de 29 à 47.

ll y a eu effectivement une augmentation des intervenants en isolement suite au suivi de certaines enquêtes épidémiologiques, explique Catherine Nazaire, chef d'équipe aux communications à l'Institut.

Depuis début septembre, l'IUCPQ est lui aussi aux prises avec une augmentation des cas de COVID-19 parmi ses employés. Des 7 premiers cas survenus dans la foulée de la fête du Travail, au moins trois étaient issus de la communauté, deux à la suite de contacts avec des patients infectés, alors que deux autres restaient à déterminer.

Vue aérienne de certains bâtiments de l'IUCPQ

Depuis début septembre, 19 employés de l'IUCPQ ont contracté la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

L'Institut est désormais aux prises avec une éclosion. Le nombre d'employés infectés par le virus est passé à 19, selon un bilan obtenu vendredi. La contamination des intervenants provient toujours de diverses sources. Certains ont été contaminés dans le cadre de leur travail à l’Institut [...] ou de source familiale/communautaire, affirme Mme Nazaire, sans donner plus de détails.

Lors d'une entrevue il y a deux semaines, le Dr Daniel Lefrançois, directeur des services professionnels de l'IUCPQ, mentionnait lui aussi la transmission communautaire pour expliquer le problème vécu dans l'établissement. C'est insidieux parce qu'il y a un certain nombre de porteurs asymptomatiques, ce qui fait que le contrôle complet et total est très difficile à assumer, disait-il.

Accalmie au CIUSSS

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale est le seul établissement de la région où le nombre d'employés en isolement a diminué par rapport à la semaine dernière, passant de 89 le 18 septembre à 73 vendredi.

Le tiers des personnes en isolement étaient des préposés aux bénéficiaires. Près d'une vingtaine concernaient des infirmières ou des infirmières auxiliaires.

Avec la collaboration de Pascale Lacombe

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